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MONNAIES ROYALES
D© BîlHïlG©
sous LA RACE CAROLINGIENNE
SE TROUVE A PARIS, CHEZ M. HOFFMANN
LES
^^^MES ROy^^^^
De FBHnc©
sous LA RACE CAROLINGIENNE
PAR
E. GARIEL
^Membre titulaire de la Société de U^umismatique Française, associé correspondant
de la Société des Antiquaires de France.
"DEUXIÈME "PARTIE
STRASBOURG
IdMTliléMEli^IE TYTOGliQ^THIQyE 'DE G. J/SCHTiQ^CH
1884
r.iV.CLGAN f/.USEUM
3 ;«0V 1964
OXFORD
AVERTISSEMENT
Cette seconde partie comprend la gravure et la description de
toutes les monnaies carolingiennes dont j'ai pu me procurer l'em-
preinte. Je les ai vues toutes et peux attester leur authenticité. Pour les
pièces citées par les auteurs et dont je n'ai pu vérifier ni la provenance
ni l'existence actuelle, je donne leur figure au trait simple. La plupart
d'entre elles me paraissent bien vraies et leur connaissance est néces-
saire pour compléter, autant que possible, un catalogue général. Il y a
aussi quelques monnaies que j'ai fait graver et que je n'ai pas eues entre
les mains, mais comme elles proviennent de trouvailles, leur authenticité
ne peut être discutée.
J'ai indiqué, autant que possible, toutes les collections publiques et
privées dans lesquelles se trouvent actuellement les médailles décrites.
Pour les espèces dont l'attribution est encore incertaine, j'ai fait
graver toutes les variétés qui sont passées sous mes yeux. C'est le seul
moyen d'offrir une base solide aux études ultérieures.
Je donne aussi, à la suite du monnoyage carolingien français, les
espèces émises par les Empereurs et Rois de race carolingienne qui ont
régné soit à l'extérieur du royaume frank, soit sur certaines parties
momentanément détachées du domaine de nos rois , telles que le
Lotherrègne et la Provence. Je me suis arrêté à l'avènement de la
maison de Saxe, car, à ce moment cesse le parallélisme entre les deux
monnoyages et l'examen des monnaies émises par ces empereurs et rois
2 AVERTISSEMENT.
de Germanie n'est plus d'aucune utilité pour l'étude de notre système
monétaire.
La première partie de cet ouvrage traite surtout de questions géné-
rales; mais la numismatique de chaque règne présente des points
spéciaux non encore élucidés ; je les discuterai successivement, m'ap-
puyant, autant que possible^ sur les textes et sur les travaux de mes
savants prédécesseurs.
On remarquera que j'ai adopté, pour la description des monnaies de
chaque règne, l'ordre alphabétique tel qu'il résulte de l'inscription, non
pas de leur nom réel, c'est-à-dire avec la forme latine, mais, autant
que possible, de leur nom moderne. Ce qui m'a décidé à ce choix, en
apparence peu logique, c'est que beaucoup de noms anciens ont plu-
sieurs formes très différentes les unes des autres et que leur inscription,
tantôt sous une de ces formes, tantôt sous une autre, eût pu amener une
confusion regrettable. Ainsi j'ai écrit Langres au lieu d'Andematunum
ou Lingonis ; Metz au lieu de Mettis ou Mediomatrici ; Laon au lieu de
Laudunum ou Lugdunum Clavatum; Clermont- Ferrant au lieu de
Arverna ou Clarus-Mons, etc. Je crois que, pour le lecteur, mon travail
gagnera ainsi en clarté.
Le but principal de cet ouvrage étant, ainsi que je l'ai exposé, de
donner une base solide et un point de départ certain pour les travaux
ultérieurs, comme aussi d'épargner aux travailleurs des recherches
longues et souvent ennuyeuses, j'ai fait précéder le catalogue général
par la liste complète des cités et abbayes dont l'existence est constatée,
dans l'étendue de l'ancienne Gaule, entre les années 752 et 987, c'est-à-
dire pendant toute la durée de la race carolingienne. J'ai hésité long-
temps à entreprendre ce long et fastidieux travail; j'espère que ceux
qui, plus tard, auront à consulter cette longue liste, me sauront gré
de l'ennui que je leur aurai épargné.
11 est des monnaies dont l'attribution à tel ou tel règne est et restera
longtemps incertaine. Ainsi sont une partie des deniers et oboles au type
de l'édit de Pitres; ainsi sont encore quelques deniers au monogramme.
AVERTISSEMENT. 3
encore indivis entre Charlemagne et Charles-le-Chauve. Il n'y a pas lieu
de s'en étonner quand , sous la troisième race, nous voyons les gros et
petits tournois rester , jusqu'à ces derniers temps, non classés entre les
rois aux noms de Louis et de Philippe. Ainsi les Blancs à la cou-
ronne restent à partager entre Charles VII et Charles VIII. L'avan-
tage reste encore aux monnaies de la seconde race, où ces lacunes de
classement ont une durée bien moins considérable que sous les rois de
race capétienne.
On s'étonnera, avec juste raison, de ne pas trouver, dans ce cata-
logue général, des reproductions de monnaies carolingiennes provenant
des musées de Dresde, Vienne, Berlin, ainsi que des collections
publiques et privées d'Italie. Mon intention était bien de compléter ainsi
ce travail. Des circonstances tout-à-fait indépendantes de ma volonté ont
entravé mes projets. Du reste, presque toutes les pièces intéressantes
de ces collections étrangères ont été publiées en France et je n'aurais
guère récolté que des variétés, très intéressantes sans doute, mais qui
n'auraient ajouté que peu d'attrait à mon travail déjà bien surchargé de
dessins et descriptions.
Voici l'indication de quelques abréviations que j'ai dû employer :
Cab. de F. — Cabinet de France;
Mus. de B. — Musée de Bruxelles;
Mus. de M. — Musée de Marseille;
Coll. de P. d*A. — Collection de M. le vicomte de Ponton d'Amécourt;
Coll. d'Est. — Collection de M. le duc d'Estissac;
Re\\ N. Fr. — Revue Numismatique Franqaise;
Rev. N, B. — Revue Numismatique Belge.
•OO^OOO-
LISTE COMPLÈTE
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES
Slm existaient dans les limites de la QauU entre les années 152 et 981 ,
cest-a-dire pendant la durée de la monarchie carolingienne.
-^
Giviiaies.
* Abrincensis^ Avranches.
Adurensis^ Aire sur l'Adour.
AgathensiSj Agde.
AgennensiSj Agen.
Albiensis, Albi.
"*" Ambianensis^ Amiens.
'i' Andecavensis^ Angers.
* Aniciensis^ Le Puy.
Antipolitanus^ Antibes.
Aptensis^ Apt.
Aquensis^ Aix.
'''AquensiSj Dax.
Arausicensis^ Orange.
* Arelatensis^ Arles.
* ArgentoratensiSj Strasbourg,
"*" Atrebatensis^ Arras.
"i" Augustodunensis^ Autun.
* AurelianensiSj Orléans.
AusciensiSj Auch.
'* Autissiodorensis^ Auxerre.
'*' AvinioneDsis^ Avignon.
aAbhatiœ, seu Offonasteria,
Abundantia^ diocèse de Genève.
S. Acheolus^ St. Acheul^ diocèse d'Amiens.
S. Adelphus^ St. Adolphe, voir Nova Villa, diocèse de Strasbourg.
S. iEmiliani, quinze railles et diocèse de Bordeaux.
S. Afrodisii, St. Afrodise, près Béziers, diocèse de Béziers.
Agacinum, St. Maurice en Valais, diocèse de Sion.
Agedunum, Ahun, sur la Creuse, diocèse de Limoges.
S. Agricola, diocèse d'Avignon.
S. Agricola, diocèse de Nevers.
S. Albani, près, au sud et diocèse de Mayence.
NB. Les astérisques indiquent les cités ou abbayes dont on connaît des monnaies.
6 LISTE COMPLÈTE
Albaterra^ Aubeterre, ville et diocèse de Périgueux.
S. Albini^ diocèse du Mans.
S. Albini^ faubourg et diocèse d'Angers.
Alciacum^ Auschy-aux- Moines, sur la Terne, diocèse de Térouanne.
Aldeburgum^ Oudenbourg, entre Bruges et Ostende^ diocèse de Tournay.
Alna^ Aulne, près Thuin, diocèse de Liège.
AlodiiSj les Alois, deux lieues et diocèse de Limoges.
AltimontiSj Hautmont, sur la Sambre, diocèse de Cambray.
Altitonse, voir Hohenburgum, diocèse de Strasbourg.
Altripia, près Manheim, diocèse de Trêves.
Altum Villare, Haut-Villers, au sud-ouest de Reims, diocèse de Reims.
S. Amabilis Ricomagense, St. Amable-de-Riom, diocèse de Clermont.
S. Amandi de Cole, au confluent de la Vezère et de la Corrèze, diocèse de Sarlat.
S. Amandi, trois lieues et diocèse de Tournay.
S. Amatoris, diocèse d'Auxerre.
Amberta S. Martini, Ambierle, près Roanne, diocèse de Lyon.
Ambiacensis, près Murât, diocèse de Limoges.
Ambiliacum, ville et diocèse de Bourges.
Ambroniacum, Ambournay, trois lieues de St. Rambert, diocèse de Lyon.
Andaginum S. Huberti, diocèse de Liège.
Andana ou Anderna, Auderne, entre Tournay et Huy, diocèse de Tournay.
Andelegum, six lieues et diocèse de Rouen.
^Andernacum, diocèse de Trêves.
Andlavium, Andlau, six lieues et diocèse de Strasbourg.
^S. Andochius, ville et diocèse d'Autun.
S. Andreae, diocèse d*Arles.
S. Andres, faubourg et diocèse de Nantes.
S. Andres, faubourg et diocèse de Vienne.
S. Andreae, ville et diocèse d'Agde.
S. Andreae Vormatensis, ville et diocèse de Worms.
Angeriacum, St. Jean-d*Angély, diocèse de Saintes.
S. Aniani, dix milles de Montpellier et diocèse de Maguelonne.
^S. Aniani, St. Aignan, ville et diocèse d'Orléans.
S. Aniani, diocèse de Nevers.
Anisdense, St. Calais, diocèse du Mans.
Antimonasterium S. Stephani, Eymoutiers, sur la Vienne, diocèse de Limoges.
S. Antonini, Fredeleiz, diocèse de Ramiers.
Antrum, Indre, île de la Loire, diocèse de Nantes.
S. Aper, St. Evre, faubourg et diocèse de Toul.
Arnoaldi, Merkinguen, diocèse de Metz.
S. Arnulfi, ville et diocèse de Metz.
Arremarense, Monstier Ramey, trois lieues et diocèse de Troyes.
Arthona, Artone, sur la Morge, diocèse de Clermont.
Assendiensis, Essen, au nord et diocèse de Cologne.
S. Asterii, ville et diocèse de Périgueux.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES.
Atanense S. Aredii, St. Yrier-de- la-Perche, près Lubersac, diocèse de Limoges.
Athanacum, Aisnay, ville et diocèse de Lyon.
S. Audœni, St. Ouen, faubourg et diocèse de Rouen.
S. Audœni, faubourg et diocèse du Mans.
S. Audœni Cnix, entre Compiègne et Verberie, diocèse de Soissons.
^S. Audomari, St. Omer^ diocèse de Cambray.
Augum, Eu, diocèse de Rouen.
S. Augu0tini, sur la Vienne, ville et diocèse de Limoges.
Aureliacum, Aurillac (voyez S. Geraldi), diocèse de Limoges.
Aureolum S. Martini, depuis Montauban, diocèse de Toulouse.
Auriluco (de), Arluc, diocèse de Fréjus.
Aurionum, Evron, diocèse du Mans.
S. Ausoniij ville et diocèse d'Angoulème.
S. Auatreberta, diocèse d'Amiens.
S. Austregisili, St. Oustrille, ville et diocèse de Bourges.
S. Autberti, ville et diocèse de Cambray.
Avanglia ou Altara-Villa, Travailles, près Vernon, diocèse de Rouen.
Avenacum, Avenay, cinq lieues de Reims, diocèse de Reims.
S. Aviti, près Châteaudun, diocèse de Chartres.
S. Aviti, ville et diocèse d'Orléans.
Azylis Hansum, Mas d'Azyl, quatre lieues de Pamiers, diocèse de Toulouse.
Civitates.
'f' Baiocensis, Bayeux.
Balensis, Bale.
Bellicensis, Belley.
* Bellovacensis, Beauvais.
* Biterrensis, Beziers.
* Bituricensis, Bourges.
*Blesensis, Blois.
Briocensis, St. Brieux.
* Burdigalensis, Bordeaux.
adbbatiœ, seu (Mbnasteria.
SS. Bacchus et Sergius, faubourg et diocèse d'Angers.
Balma, Baume, diocèse de Besançon.
Baniacus Pons, diocèse de Beauvais.
S. Basoli (Virziniacum) St. Basle, diocèse de Reims.
Batha, île de Batz, diocèse de St. Pol-de-Léon.
*S. Bavonis, St. Bavon, ville de Gand, diocèse de Tournay.
Beania, Baigne, près Barbezieux, diocèse de Saintes.
S. Beati Hons, près Coblentz, diocèse de Trêves.
Becana, un demi-mille de St. Tron, diocèse de Liège.
Belcianacum, île aujourd'hui submergée, diocèse de Rouen.
i LISTE COMPLÈTE
Belisia, Munster Bilsen, près Bilsen, diocèse de Liège.
Bellanoa, diocèse de Poitiers.
Bellofonte, Belle Fontaine, diocèse de Poitiers.
Bellus Lochs, Beaulieu-en-Argonne^ diocèse de Verdun.
Bellus Locns, Beaulieu, sur la Dordogne, diocèse de Limoges.
Bellus Hons, Beaumont-lèz-Tours, diocèse de Tours.
S. Benedicti Floriacensis, St. Benoît-sur-Loire, diocèse d'Orléans.
S. Benignis Divionensis, ville de Dijon, diocèse de Langres.
Berardi, diocèse d'Auxerre.
S. Bernardi Romanensis, sur l'Isère, diocèse de Vienne.
S. Bertini, ville et diocèse de St. Orner.
Besna, La Foncaine-de-Besne, quatre lieues de Dijon, diocèse de Langres.
Birchofsheimium, près Fulde, diocèse de Mayence.
S. Blandina, ville et diocèse de Belley.
Blandinium, St. Pierre-de-Gand, ville de Gand, diocèse de Tournay.
Blangiacum, Blangy, près Hesdin, diocèse de Terouanne.
Blanziacum, Blanzac, diocèse d'Angoulème.
Blazilia, Blesle, sept milles de Brioude, diocèse de Clermont.
S. Boamundus, diocèse du Mans.
S. Boboleni, près Charenton sur Marmande, diocèse de Bourges.
Bochod Honasterium, diocèse de Rennes.
Bodonis Monasterium, Bon Moutier, diocèse de Toul.
Bona Vallis, Bonneval, près Thouars, diocèse de Poitiers.
Bona Vallis, Bonneval, près Châteaudun, diocèse de Chartres.
S. Bonifacii (voyez Fulde).
Boscum Dagoberti, Bois-d'Abert, diocèse de Bourges.
Bourbriacum, diocèse de Tréguier.
Braii Monasterium, Bray, près Neufchâtel, diocèse de Rouen.
Braiacum, Brou, diocèse de Chartres.
Brajacum, Bray-sur-Seine, diocèse de Sens.
Brajacum, Brujeac, entre Tulle et Clermont, diocèse de Clermont.
Brantormum, Brantosme, diocèse de Périgueux.
Brennacum, Bretigny, deux lieues et diocèse de Soissons.
Briortium, diocèse de Belley.
Brogilium ou S. Salvator, diocèse du Mans.
Broilum, Bruel, sur la Lys, diocèse d'Arras.
Bronium (voyez Sangerardense).
Brovium^ près Bourg, diocèse de Belley.
Buciliacum, Bucilly, dix lieues de Laon, diocèse de Laon.
Burgidolensis, Bourgdun (voyez Dolensis).
Busalt, diocèse de Vannes.
Buxeria, Bouxières-aux-Dames, près et diocèse de Verdun.
Buzo (de), Boisset, près Aurillac, diocèse de Clermont.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES.
O
Civitales.
Cabellicensis, Cavaillon.
0
* Cabilonensis, Chalon-sur-Saône.
Cadurcensis, Cahors.
'*' Cameracensis, Cambray.
^ Carcassonensis, Carcassonne.
^ CarnotensiSy Chartres.
Carpentoratenais, Carpentras.
'^ Castrenais, Castres.
"*■ Catalaunenais, Chalons- sur- Marne.
« Cenomanensis, Le Mans.
*^ Cemeneleonenais, Cimie ou Cemete, prés
"*" Claromontensis, Clermont. (Nice.
* Colonienais Cologne.
Conserenensia, Consérans.
Conatantienais, Constance.
* Constantienais, Coutances.
Convenensis, Comminges.
Corisopitensia, Quimper.
<i/£bbaliœ, seu ^onasteria,
Cagnota ou CorhetaB, diocèse de Dax.
^ Cala, Chelles, diocèse de Paris.
Caladunum ou Chalonium, in Diablentico, diocèse du Mans.
Gallevilla, diocèse de Rouen.
Calma, Chaumes en Brie, sur l'Yerres^ diocèse de Sens.
Calmontenae, Calmont, diocèse de Liège.
Calomonaaterium, Calmoutier, diocèse de Besançon.
S. Caloceri, Moiremont, diocèse de Chalons.
Cambedobrenae, Combroude, près Riom, diocèse de Clermont.
Cambonum, Camon, diocèse de Toulouse.
Camelarienae, Chamalières, ville et diocèse de Clermont.
Cantoennnm, Chantoin, près et diocèse de Clermont.
Cantogilum, Chanteuze, entre l'Allier et la Deuze? diocèse de Clermont.
S. Capraaii, Collégiale et diocèse d'Agen.
S. Caraunii, St. Chéron, faubourg et diocèse de Chartres.
Carentonium, Charenton, sur la Marmande, diocèse de Bourges.
Carilofua, St. Calais, diocèse du Mans.
Caritas, La- Charité-sur-Loire, diocèse d'Auxerre.
Carrafum, Charroux, sur la Charente, diocèse de Poitiers.
Carualocua, Charlieu, diocèse de Maçon et Lyon.
Caseguidinus ou Caaegonguidinua, Cougnon, entre Chiny et BuUion^ dioc. de Trêves.
Caaiacensis, Chéry, au sud de Château-Thierry, diocèse de Soissons.
Casis S. Pétri (de), les Chases, diocèse de Clermont.
Caaaiani, Cassan, deux lieues et diocèse de Béziers.
Caatellionis, Châtillon-sur-Seine, diocèse de Langres.
Caatellum, Château-l'Abbaye, deux milles de Tournay, diocèse d'Arras.
lo LISTE COMPLÈTE
Cauciaco (de) Choisy, près Compiègne, diocèse de Soissons.
S. Celinice, ville et diocèse de Meaux.
Cella, Monstier-la-Celle, diocèse de Troyes.
Cella ou Cells, Celles-sur-Cher, diocèse de Bourges.
Cella Brigenais^ La Celle en Brie, île du grand Morin^ diocèse de Meaux.
Cella HoduUi ou Medalfi, Saramon, diocèse d'Auch.
S. Celsij diocèse d'Auxerre.
Celsiniacum, Soucillanges, six milles d'Issoudun, diocèse de Clermont.
Cerasium, Cerizy, quatre lieues et diocèse de Bayeux.
S. Cesarii, ville et diocèse d'Arles.
Chrismatense, St. Vigor, près et diocèse de Bayeux.
Cisoniense, Cisoing, trois lieues de Lille, diocèse de Tournay.
Clariacum, Clairac, diocèse d'Agen.
S. Claudii, le grand St. Claude, dans le Jura, diocèse de Lyon.
S. démentis, faubourg et diocèse de Maçon.
S. démentis, diocèse de Nantes.
S. démentis^ sur le Tech, diocèse d'Elne.
Clingenae, près Landau, diocèse de Spire.
Cluniacum, Cluny, diocèse de Maçon.
CoUis Dianœ, Chaudanne, diocèse de Besançon.
Coloberonense, diocèse de Bourges.
Columbariense, Colombiers, près Montluçon, diocèse de Bourges.
Columbae, Coulombs, près Nogent-le-roi, diocèse de Chartres.
S. Columbas, ville et diocèse de Sens.
ComodoliacensiSj sur la Vienne, diocèse de Limoges.
Conchse, sur la Dordogne, diocèse de Rhodez.
Condatense, St. Claude, diocèse de Lyon.
Condomiensis, Condom, diocèse d*Agen.
Congidunum, Cougnon, entre Chiny et BuUion, diocèse de Tongres.
Corbeia, Corbie, diocèse d'Amiens.
Corbiniac, Corbigny, diocèse d'Autun.
Corbiniaci, Corbeny, près Laon, diocèse de Reims.
Cormaricus, Cormery, huit milles et diocèse de Tours.
S. Cornelii, près et diocèse de Chalon.
Cornelium, Munster (voyez) Inda.
S. Cornelii, ville de Compiègne, diocèse de Soissons.
Corona, La Couronne, diocèse d'Angoulème
Correno (de), Correns, diocèse de Fréjus.
S. Cosmos de Honte, diocèse de Coutances.
Cotiacense, diocèse d'Auxerre.
S. Crispini, St. Crépin-le-Grand, ville et diocèse de Soissons.
S. Crispini, près Condé, diocèse de Cambray.
Cromonense, Tournon, six milles et diocèse de Lyon.
Crossiensis, Cruys, diocèse de Sisteron.
S. Crucis, St. Croix, ville et diocèse de Bordeaux.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. ii
S. Crucis, ville et diocèse de Poitiers.
*TS. Crucis près et diocèse de Metz.
*S. Crucis, ville et diocèse de Mayence.
S. Crucis, ou St. Faron, ville et diocèse de Meaux.
Crucis S. Leufridi, La Croix St. Leufroy, deux lieues et diocèse d'Evreux.
S. Crucis, près St. Martin et diocèse de Tours.
S. Crucis Kemperlegiensis, à Quimperlé, diocèse de Quimper.
Crudatum, trois lieues, et diocèse de Viviers.
Curtis, sur la Loire, diocèse de Nevers.
Cusseria ou Cubaria^ Cubières, diocèse de Narbonne.
Cussetum ou Cuciacum, Cusset, diocèse de Clermont.
S. Cypriani^ faubourg et diocèse de Poitiers.
S. Cyriaci Exfordiensis, Elsfurth, diocèse de Mayence.
S Cyriaci Neuheussensis, Neuheusen^ près et diocèse de Worms.
S. Cyriaci Altorfii^ diocèse de Strasbourg.
*S. Cyrici^ St. Cyr, près Versailles, diocèse de Chartres.
S. Cyrici^ près A vallon, diocèse d'Auxerre.
S. Cyrici, près et diocèse de Rennes.
S. Cyrici, St. Cirgues^ Ville et diocèse de Clermont.
Civitates.
Diensis, Die. Diniensis^ Digne. Dolensis^ Dol.
Q^bbaiiœ, seu ^onasteria.
DanguernensCj Guer^ diocèse de St. Malo.
DeaSj GrandlieUj diocèse de Nantes.
BeauratsB B. Hari»^ La Daurade^ diocèse de Toulouse.
Decimiacense^ près St. Cyr et Avallon^ diocèse d'Auxerre.
S. Déodati, St. Dié^ diocèse de Toul.
S. Déodati, St. Dié, près Blois^ diocèse de Chartres.
Derrum^ sur la Voire^ diocèse de Chalon.
Diablenticum^ Jublains^ diocèse du Mans.
S. Dionysii de Rulliaco^ entre Issoudun et Vierzon^ diocèse de Bourges.
S. Dionysii j près et diocèse de Bourges.
S. Dionysii^ ville et diocèse de Reims.
*S. Dionysii in Francia, diocèse de Paris.
S. Disibodij Disenberg^ deux milles de Çreutznach, diocèse de Mayence.
Dolensis ou Burgidolense, Bourg Dieu, près Chateauroux^ diocèse de Bourges.
12 LISTE COMPLÈTE
Dologiense ou Theoleginm^ Tholey^ diocèse de Trêves.
Dononium, Denain^ diocèse d'Arras.
Doratum, sur la Sèvre (voir Scotiorium)^ diocèse de Limoges.
Domatiacum, diocèse de Besançon.
Doverense^ près Vierzon^ diocèse de Bourges.
Dudellivilla^ Doudeauviile^ diocèse de Térouanne.
^Duo Gemellense^ diocèse de Bayeux.
Duroclarum^ Duclair, trois lieues et diocèse de Rouen.
Civitates.
Ebredunensis^ Embrun. Elusa ou Hetropolis Civitas^ Eaxjse
* EbroicensiSj Evreux. en Novempopulanie.
Elna ou Helena, Elne. ^Engolismensis^ Angoulème.
^bbaliœ, seu Olfbnasteria.
Eboriacum^ Faremoutier^ diocèse de Meaux.
Ebriciacunij Evrecy^ diocèse de Bayeux.
Ebrolium^ Ebreule, deux lieues de Gannat^ diocèse de Clermont.
Ebronium^ Evron^ in Diablentico^ diocèse du Mans.
S. Ebrulli UticensiSj St. Evroult^ diocèse de Lisieux.
S. Egidii^ ville et diocèse de Nîmes.
Eifflias^ Munster Eiffel^ diocèse de Cologne.
ElectensiSj Alet^ diocèse de Narbonne.
S. Eligii^ ville et diocèse de Paris.
S. Eligii^ ville et diocèse de Noyon.
S. Eparchii^ sur la Charente^ diocèse de Saintes.
S. Eparchii^ St. Cybar^ faubourg et diocèse d' Angoulème.
Episcopi Villa^ Vequeville (voir Gaugialus)^ diocèse de Chalons.
Epternacunij Epternac^ quatre lieues et diocèse de Trêves.
Eresteimense^ Erstein, près Schlestadt^ diocèse de Strasbourg.
S. Eucharii^ faubourg et diocèse de Trêves.
S. EulaliaB (voir S. Georgii), ville et diocèse de Lyon.
S. Eusebii^ diocèse d'Apt.
S. Eusebii^ diocèse d'Auxerre.
S. Eutropii^ diocèse de Saintes.
S. Evartii^ St. Euverte, diocèse d'Orléans.
Ezalatensis^ diocèse d'Elne.
Eziense^ Eysse^ diocèse d*Agen.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. i3
EzoldunensiSj Issoudun, diocèse de Bourges.
S. Exuperii^ ville de Corbeil^ diocèse de Paris.
8. Ezuperei^ près et diocèse de Rennes.
Ci V fias.
Forojnliensis, Fréjus.
ii4^bbatiœ, seu ^onasteria.
Farœ monasterinm^ Faremoutier^ quatre lieues et diocèse de Meaux.
S. Faronis^ St. Faron^ ville et diocèse de Meaux.
S. Faustini, diocèse de Béziers.
Favernacum^ Favernay^ diocèse de Besançon.
S. FeliciSj diocèse de Valence.
FerrarisBj Ferrières en Wast, diocèse de Sens.
Ferrari» S. Leonardi^ St. Léonard-de-Ferrières, près Thouars, diocèse de Poitiers.
S. Ferruccii^ à Blidestadt/ diocèse de Mayence.
Figiacum^ Figeac^ diocèse de Cahors.
Fiscannum^ Fécamp, diocèse de Rouen.
Flaviacua^ diocèse de Beauvais.
Flaviniacunij Flavigny^ diocèse d'Autun.
Flaviniacam^ diocèse de Nancy.
S. Florentii Salmuriensia^ Saumur, diocèse d'Angers.
FloriacuSj St. Benoît -sur-Loire, sept lieues et diocèse d'Orléans.
Floriacum in Velocassibus^ diocèse de Rouen.
Fontanella^ St. Wandrille^ une lieue de Caudebec^ diocèse de Rouen.
Fontanetense^ près et diocèse d'Auxerre.
Fontanetum^ deux lieues et diocèse de Séez.
Fontanidum, diocèse de Beauvais.
Fontis rogi, près et diocèse d'Auxerre.
FosaaBj diocèse de Liège.
Foresti Honasterium^ Forest-Moutier, près de la Canche^ diocèse d* Amiens.
S. Francovii, diocèse de Nevers.
S. Fremerii^ St. Ferme^ près Libourne^ diocèse de Bazas.
S. Frontia, St. Front^ ville et diocèse de Périgueux.
Fulda^ sur la Fulde, diocèse de Mayence.
S. Fursei Latiniacensis^ à Lagny^ diocèse de Paris.
^S. Fursei Peronensis^ à Péronne^ diocèse de Noyon.
S. Fosciani^ St. Fuscien-aux-bois^ cinq milles et diocèse d'Amiens.
14 LISTE COMPLÈTE
Civitates,
^ Gebennensis^ Genève.
Glandeva^ Glandève^ sur le Var.
Gratianopolitana^ Grenoble.
(AJbbatiœ, seu ^onasieria,
Gabronenae^ diocèse du Mans
Galileœ vallis^ St. Dié^ diocèse de Toul.
Galli insula, diocèse de Ne vers.
Galliacenais^ sur le Tarn^ diocèse d'Alby.
GamundiSB, (voir Hornebacum)^ diocèse de Metz.
Garnierii Mansum^ Mas Gamier^ diocèse de Toulouse.
Gaudiacum^ près Dun-le-roi^ diocèse de Bourges.
* S. Gaugericij St. Gery, ville et diocèse de Cambray.
Gaugiacus^ Vequeville^ diocèse de Chalons.
Gegenbacumj sur la rive droite du Rhin^ diocèse de Strasbourg.
^ Gemblacum, Gemblac ou Gemblou^ trois lieues de Namur^ diocèse de Liège et
de Namur.
Gemeticum^ Jumièges^ diocèse de Rouen.
SS. Geminorum^ St. Jouz^ église et diocèse de Clermont.
S. Genesii^ St. Genez-de-Clermont, près et diocèse de Toul.
S. Geneaiij diocèse de Nevers.
S. Genesii de FontainSj une lieue et diocèse d'Elne.
S. Gengulfi^ St. Gengou^ diocèse de Toul.
S. Genovefa^ ville et diocèse de Paris.
S. Genovefœ^ diocèse de Toul.
S. Genulli^ St. Genou^ sur l'Indre^ diocèse de Bourges.
S. Georgii (voir S. Eulalias)^ ville et diocèse de Lyon.
S. Georgii in Nemore^ St. Georges-des-Bois^ diocèse du Mans.
S. Geraldi^ St. Gérald^ à Aurillac^ diocèse de Clermont.
S. Geremare de Flaviaco^ cinq lieues et diocèse de Beau vais.
S. Gerionis^ St. Gereon, ville et diocèse de Cologne.
S. Germani à Pratis^ St. Germain -des-Prés^ ville et diocèse de Paris.
^S. Germani Autissiodorenais^ ville et diocèse d'Auxerre.
S. Germani Liziniacensis (v. Lambron)^ diocèse de Clermont.
S. Germanij diocèse du Mans.
S. Germanij près et diocèse de Spire,
S. Germani^ une lieue et diocèse de Toul.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. i5
S. Gerontis, St. Gérons^ sur TAdour^ diocèse d*Aire.
S. Gertrudis^ faubourg et diocèse d* Angers.
S. Gervasii de Fossis^ diocèse d'Arles.
S. Gervasii^ faubourg et diocèse de Rouen.
SS. Gervasii et Protasii^ ville et diocèse de Sens.
SS. Gervasii et Protasii^ diocèse de Vienne.
Gigiacum^ Gigny, entre Lons-le-Saulnier et St. Amour, diocèse de Lyon.
SS. Gildardi et Lupi, diocèse de Nevers.
S. Gildasii, St. Gildas, sur l'Indre, seize lieues et diocèse de Bourges.
S. Gildasii Ruiensis, diocèse de Vannes.
S. Gisleni, St. Guillain, Mons, diocèse de Cambray.
S. Ginii ou Genii ou Hyginii, ville et diocèse de Lectoure.
Glanderiense, Longeville Glandières, diocèse de Metz.
Glandonis, diocèse de Nevers.
S. Glodessindis, diocèse de Metz.
Glonnense, Saumur (voir S. Florentii), diocèse d'Angers.
S. Godebertœ ou S. Georgii, diocèse de Noyon.
S. Godoberti, faubourg et diocèse d'Angers.
S. Godonis, St. Gon, près Sézanne, diocèse de Troyes.
Gordanicus, Gourdaigne, près Bagnols, diocèse d'Uzès.
Gorziense, Gorze, diocèse de Metz.
Grandis Vallis in Jurensi, diocèse de Besançon.
Grandis Vallis Justi Birsani, diocèse de Bâle.
Grannafolium on Glanna, St. Maur-sur-Loire, diocèse d'Angers.
Grinencensia Honasteria, diocèse de Vienne.
S. Gregorii^ Munster en Gregorientfaai, diocèse de Bâle.
S. Gnillelmi de desertis. St. Guilhem, entre Lodève et Montpellier, diocèse de
Lodève.
S. Guingaloci, Landevenech, diocèse de Quimper.
Gurthonense, Gourdon, diocèse de Chalon.
Civitas.
Helena, Elne, sur le Tech.
(i4T>batiœ, seu ^onasleria.
Habendense, Habend, près Remiremont, diocèse de Toul.
Hamum, deux lieues de la mer, diocèse de Coutances.
Haschovia, Eschau, diocèse de Strasbourg.
Haselacense, Haseler, trois lieues de Molsheim, diocèse de Strasbourg.
Hasnoniense, Hasnon, trois lieues de Valenciennes, diocèse d'Arras.
i6 LISTE COMPLÈTE
Hattonis monasterium, Ettenheim Munster^ sur la rive droite du Rhin^ diocèse de
Strasbourg.
Hebronense, diocèse de Mans.
S. Heterii, diocèse de Coutances.
Herdekinsis , Herdick^ diocèse de Cologne.
Herenais (voyez S. Micbœlis in Eremo).
Hersfeldia ou Herocampia, six milles de Fulds^ diocèse de Mayence.
S. Hilarii, Église et diocèse de Poitiers.
S. Hilarii, deux lieues et diocèse de Carcassonne.
S. Hilarii, ville et diocèse de Sens.
S. Hyppolyti, près Beaune^ diocèse de Chalon.
Hersaugia, Hersaugt^ diocèse de Spire.
Hohenburgum ou Altitona, quatre milles et diocèse de Strasbourg.
S. Honoratij aux Aliscamps près et diocèse d'Arles.
S. Honorati Lerinense^ diocèse d'Antibes.
Honoviense^ Ile du Rhin^ deux heures et diocèse de Strasbourg.
Hornebacum ou Gamundiœ, sur les confins du diocèse de Trêves^ diocèse de Metz.
Horreum, Orrein, ville et diocèse de Trêves.
S. Huberti ou Andaginense, diocèse de Liège.
Hugonis Curia, Honcour^ près Haguenau^ diocèse de Strasbourg.
Humolaria^ Homblières, près Saint-Quentin^ diocèse de Noyon.
Hunnocurtum, Honnecourt^ entre Saint-Quentin et Cambray^ diocèse de Cambray.
Hunnonis Curtis, diocèse de Noyon.
^bhatiœ , seu 'y^onasteria.
Iciodorum, Issoire, diocèse de Clermont.
S. lUidii, St. AUyre, faubourg et diocèse de Clermont.
S. Imerii, St. Hymer^ diocèse de Lisieux.
Inda^ Inde^ dix milles d'Aix-la-Chapelle^ diocèse de Cologne.
Insula^ Tisle de Médoc^ diocèse de Bordeaux.
Insula Barbara, Tlle Barbe^ dans la Saône^ diocèse de Lyon.
Insula ou Isla, diocèse de Beau vais.
Insula, sur TOze^ deux lieues et diocèse de Troyes.
Insula Galli, diocèse de Nevers.
Insula, dans le Rhône^ diocèse d'Arles.
Intramnœ, diocèse du Mans.
S. lohannis, faubourg et diocèse de Maçon.
S. lohannis, ville et diocèse d'Orléans.
S lohannis Eduensis, ville et diocèse d'Autun.
S. lohannis Laudunensis, ville et diocèse de Laon.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 17
S. lohannis in Buxido, sur la Maine^ diocèse du Mans.
S. lohannis Baptistœ, près Saint-Martin^ diocèse de Tours.
S. lohannis Evangelist», ville et diocèse de Sens.
S. lohannis, diocèse de Vienne.
S. Irenœi, ville et diocèse de Lyon.
Iziense^ diocèse de Bourges.
adbbatiœ, seu Ofonasteria.
m
S. Jacobi Scotorum, à Erfurt, diocèse de Mayence.
S. Jacobi Jocundensis> St Jacques-de-Jocon^ diocèse de Narbonne.
S. Jacobi, ville et diocèse de Béziers.
S. Jacuti, ville et diocèse de Dol.
^Jotrensis, Jouarre, diocèse de Meaux.
S. Jovini de Marnis, St. Jouin-de-Marnes^ près Thouars^ diocèse de Poitiers.
SS. Jndicaelis et Hevennii, St. Méan^ diocèse de St. Malo.
S. Judoci, St. Josse-sur-Mer, diocèse d'Amiens.
S. Juliani Brivatensis, St. Julien-de-Brioude^ diocèse de Clermont.
S. Juliani, ville et diocèse d'Uzès.
S. Juliani, ville et diocèse de Paris.
S. Juliani, diocèse d'Auxerre.
S. Juliani, territoire d'Étampes^ diocèse de Sens.
S. Juliani, faubourg et diocèse de Tours.
S. Juliani de Prato, Le Pré^ faubourg et diocèse du Mans.
Juncellum, Juncels^ diocèse de Béziers.
Jussanum, diocèse de Besançon.
S. Justi, faubourg et diocèse de Lyon.
Juviniacum, Juvigny, diocèse de Trêves.
Kerbouan, sur la mer, six lieues et diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
i8 LISTE COMPLÈTE
Civiiates.
'^Lactoriensis^ Lectolre. "*" Leodicensis^ Liège.
Lapurdensis dep. Baionensis^ Lavalr. Leonensis, Saint- Pol-de- Léon.
Lascurrensis, Lescar. Leutevensis , Lodève.
"^Laudunensis, Laon. ^Lezoviensis, Lisieux.
Lausaniensis , Lausanne. * Lingonensia , Langres.
't' Lemovicensis, Limoges. '*'Lugdune]isis, Lyon.
adbbatiœ, seu ^onasteria.
Labrincense, Lavardin, diocèse du Mans.
Landis Villa S. Severini^ diocèse de Sens.
Lanhouarneau, diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
Lanpol, dans l'île d'Ouessant, diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
LatiniacensiSj Lagny^ diocèse de Paris.
LaubiensiSj Bruges^ diocèse de Tournay.
S. Laumemari^ St. Laumer^ dix lieues et diocèse de Chartres.
S. Laurentii, ville et diocèse de Bourges.
S. Laurentii^ ville et diocèse de Chalon.
S. Laurentiij près et diocèse de Maçon.
S. Laurentii^ ville et diocèse de Liège.
S. Laurentii, diocèse de Narbonne.
S. Laurentii, ville et diocèse de Paris.
Laurissa^ Lauresham^ près Heidelberg, diocèse de Worms.
Layum^ Lay^ diocèse de Nancy.
S. Leborii^ S. Loubouez^ sur TAdour, diocèse d'Aire.
S. Leodgarii, St. Ligaire^ près Niort^ diocèse de Saintes.
S. Leonardi ou Vandopera, diocèse du Mans.
S. LeoniSj ville et diocèse de Sens.
Lesatum^ Lezat^ diocèse de Toulouse.
Lescience ou Latiense^ Liesse^ près Avesnes^ diocèse de Laon.
S. Leufridi Crux^ La croix St. Leufroy^ deux lieues et diocèse d'Evreux.
Liengen^ Levès^ près et diocèse de Chartres.
Levitonia (S. Savini in)^ Lavedun^ près Argelez^ diocèse de Tarbes.
Liberiacum^ Livray, diocèse de Bayeux.
S. Licinii, ville et diocèse d'Angers.
S. Lifardi, ville de Melun^ diocèse d'Orléans.
LocciSj Loches^ diocèse de Bourges.
Locociacum^ Ligugé^ diocèse de Poitiers.
DES CITES, ABBAYES ET MONASTÈRES.
Locquirec^ diocèse de Ool.
Logium^ Caudebec^ diocèse de Rouen.
Longa Villa^ St. Martin-aux-Chénes^ diocèse de Metz.
Longoreti^ diocèse d'Auxerre.
S. Luciani, près et diocèse de Beauvais.
Lucionensis S. Marias^ Lucon^ diocèse de Poitiers.
S. Lunarii^ Pontual^ diocèse de St. Malo.
S. Lupantiij près Chinon, diocèse de Tours.
S. Lupij faubourg et diocèse de Troyes.
S. Lupij faubourg et diocèse de Tours.
SS. Lupi et Giraldi, diocèse de Nevers.
Luthrense^ Lure^ diocèse de Besançon.
Luxovienfle^ Luxeuil^ diocèse de Besançon.
«9
Civitates,
Maclovensis^ St. Malo.
Magalonensis^ Maguelonne.
"^ Hassiliensis^ Marseille.
'*' Matisconensis^ Maçon.
Hauraciensis Maurienne.
*Heldensis^ Meaux.
^Hetensis^ Metz.
Himatensis^ Mende.
* Hoguntinensis, Mayence.
Morinensis^ Terouanne.
(i/£bbaHœ, seu (Monasteria.
Madulli Cella^ Saramon^ diocèse d'Auch.
S. Magdalena^ Chateaudun, diocèse de Chartres.
Hagdalena^ La Madeleine^ ville et diocèse de Bayeux.
S. Hagdelena^ ville et diocèse de Metz.
S. Hagloriani^ ville et diocèse de Paris.
S. Haglorii Leonensis^ Dinan^ diocèse de St. Pol-de-Léon.
Hagni locus^ Maulieu^ diocèse de Clermont.
Majns Honasterium^ Marmoutier^ diocèse de Tours.
Malleacensis, Malliac et Maillezais^ diocèse de Poitiers.
Hallo Leone ou Haleolum^ Mauléon, diocèse de Poitiers.
Halmundarium^ Malmedy^ diocèse de Cologne.
Halmundarium^ diocèse de Metz.
Halonia, Maloigne^ près Namur^ diocèse de Liège.
Handanense^ trois milles de GranviUe^ diocèse de Coutances.
Hangis Villare^ Peltzer Montier^ diocèse de Troyes.
Hannacense^ diocèse d'Auxerre.
20 LISTE COMPLÈTE
S. Hansuetij diocèse de TouL
Hansum AzyliSj Mas-d'Azyl, quatre lieues de Pamiers, diocèse de Toulouse.
Mansum Garnense^ Mas-Garnier^ diocèse de Toulouse.
Hansum Virduni^ Mas-Verdun, diocèse de Toulouse.
Marchianensis, Marchiennes^ trois lieues de Douai^ diocèse d*Arras.
S. Harianij près et diocèse d'Auxcrre.
Haricolensis^ Maroilles^ près Landrecies^ diocèse de Cambray.
S. Hariœ puis S. Radegundis^ ville et diocèse de Poitiers.
S. Mariae^ ville et diocèse de Liège.
S. Hariae^ ville et diocèse de Chalon.
8. Hariae^ ville et diocèse de Soissons.
S. Mariae^ près et diocèse d'Auxerre.
S. Mariœ^ ville et diocèse de Troyes.
S. Haris^ faubourg et diocèse du Mans.
S. Maris ad Martyres^ ville et diocèse de Trêves.
S. Mari» AquisgranensiSj Aix-la-Chapelle, diocèse de Liège.
S. Mari» Avenionensis^ ville et diocèse d'Avignon.
S. Marias Blesensis^ Blois^ diocèse dOrléans.
S. Mari» Brogariensis, Bruyère-le-Chateau, près Etampes^ diocèse de Paris.
S. Maris Capruriensis, Cabrières^ diocèse de Narbonne.
S. Maris Cellensis^ près Dinant^ diocèse de Liège.
S. Maris Cermacensis^ trois lieues de Dinant^ diocèse de Liège.
S. Maris Coloniensis, ville et diocèse de Cologne.
S. Maris DeauratSj La Daurade^ diocèse de Toulouse.
S. Maris de Alns^ diocèse de Liège.
S. Maris de Amanio^ près de Huy^ diocèse de Liège.
S. Maris de Arcelis, six lieues de Perpignan^ diocèse d'Elne.
S. Maris de Argentolio, Argenteuil^ diocèse de Paris.
S. Maris de Auriluco^ Arluc, diocèse de Fréjus.
S. Maris de Correno, Correns, diocèse de Fréjus.
S. Maris de Cozano (voir Exalatensis)^ diocèse d*Elne.
S. Maris de Crassa^ Notre- Dame-de-la-Grasse^ quatre lieues et diocèse de
Carcassonne.
S. Maris de Eika^ Eike^ entre Maastricht et Ruemonde^ diocèse de Liège.
S. Maris de Fussiniaco (voir S. iEmiliani), diocèse de Bordeaux.
S. Maris de inter ambas aquas^ Trémesaigues^ diocèse de Toulouse.
S. Maris de Latona^ Laone^ diocèse de Chalon.
S. Maris de Lura, deux lieues et diocèse de Sisteron.
S. Maris de Morellis, Moureaux^ près Sommières^ diocèse de Poitiers.
B. Maris de Ossuario^ ville et diocèse de Sens.
B. Maris de S. Pétri, St. Pierre-sur-Dives, diocèse de Séez.
S. Maris de Ri veto, diocèse de Bazas.
S. Maris de Salvatore, ville et diocèse de Carcassonne.
S. Maris de Vadatio^ Vaaz^ diocèse du Mans.
S. Maris de Vallibus, diocèse de Besançon.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 21
*S. Mari» Dionantensis^ diocèse de Liège.
S. Marias Ezoldunensis^ Issoudun, diocèse de Bourges.
S. Hariœ Fossatensis^ St. Maur-Ies-Fossés^ diocèse de Paris.
S. Maris Hoyensis^ diocèse de Liège.
S. Maris in Cavea^ Chage^ diocèse de Meaux.
*S. Maris LaudunensiSj ville et diocèse de Laon.
B. Maris Lombariensis^ Lombez^ diocèse d'Auch.
S. Maris Majoris^ ville et diocèse de Poitiers.
S. Maris Messcensis^ diocèse de Liège.
S. Maris Mecbliniensis^ diocèse de Liège.
S. Maris MiludinensiSj Melun^ diocèse de Sens.
S. Maris Morinensis^ diocèse de Térouanne.
S. Maris Mosomagensis^ Mouson^ diocèse de Reims.
S. Maris Namurcensis, ville et diocèse de Namur.
S. Maris NamurensiSj diocèse de Liège.
S. Maris Pisciacensis^ Poissy^ diocèse de Chartres.
S. Maris Principalis^ Ste. Marie-du-Port^ ville et diocèse de Clermont.
S. Maris Puellaris^ ville et diocèse d'Orléans.
* S. Maris Ramenais^ ville et diocèse de Reims.
S. Maris Tudiniensis^ Thuyn^ diocèse de Liège.
S. Maris Vormatensis^ Marien- Munster^ ville et diocèse de Worms.
S. Maris et S. Genesii^ diocèse de Nevers.
S. Marcelli, deux lieues de Montauban^ diocèse de Cahors.
*S. Marcelli^ près et diocèse de Chalon.
S. Marcelli^ diocèse de Vienne.
S. Marcelli, près Montélimart, diocèse de Die.
S. Marcelli de Bonavalle, Bonneval, diocèse de Chartres.
Marciliacam, près Figeac, diocèse de Cahors.
S. Mariolum S. Amandi, Marœuil-lèz-Arras, diocèse d'Arras.
S. Martialis, ville et diocèse de Limoges.
S. Martii, près et diocèse de Clermont.
S. Martini Cronensis, diocèse de Clermont.
S. Martini Eduensis^ St. Martin-lèz-Autun, diocèse d'Autun.
S. Martini Massiacensis, Massay, diocèse de Bourges.
S. Martini Majoris, ville et diocèse de Cologne.
S. Martini, faubourg et diocèse de Maçon.
S. Martini a campis, St. Martin-des-Champs, ville et diocèse de Paris.
S. Martini in valle, diocèse de Chartres.
S. Martini, diocèse de Séez.
S. Martini, diocèse d'Auxerre.
S< Martini^ faubourg et diocèse de Nevers.
S. Martini^ près Aureolum depuis Montauban^ diocèse de Toulouse.
S. Martini, faubourg et diocèse de Trêves.
S. Martini, faubourg et diocèse de Metz.
S. Martini, près Sorcy, diocèse de Toul.
22 LISTE COMPLÈTE
* S. Martini, Tours^ diocèse de Tours.
S. Martini, ville et diocèse du Mans.
S. Martini St. Martin-aux-Jumeaux, ville et diocèse d'Amiens.
S. Martini de Virsiliis, diocèse de Besançon.
S. Martini, ville et diocèse de Vienne.
MassiacensiSj Massa}% diocèse de Bourges.
Mas dio ou Mas dionum^ Madion^ diocèse de Saintes.
Masonis Villa, Mas-Munster , diocèse de Bâle. j
Mastra Curia, diocèse de Toulouse.
S. Mathias avant S. Eucharei^ diocèse de Trêves.
S. Mathaei, St. Mahé^ diocèse de Saint-Pol-de-Léon.
*?S. Mauri^ St. Maur-les-Fossés, diocèse de Paris.
S. Mauri, diocèse de Toul.
S. Mauri avant Glanna, St. Maur-sur-Loire, diocèse d'Angers.
Mauri Monasterium, Maurs Munster, près Saverne, diocèse de Strasbourg.
Mauri Mons, Moiremont^ diocèse de Chalon.
S. Mauricii, ville et diocèse de Sens.
S. Mauricii Bladimontis, Blamont, diocèse de Bazas.
*S. Mauritiij St. Maurice-en- Valais, diocèse de Sion.
S. Mauritii, ville et diocèse de Besançon.
S. Mauritii, faubourg et diocèse de Noyon.
* Mauriniacensis, Morigny, près Etampes, diocèse de Sens.
*Mauriniana Vallis, Morienval, entre Crespy et Soissons, diocèse de Laon.
S. Maurini, diocèse d'Agen.
Mauziacum, Mauzac, diocèse de Clermont.
* S. Mazentii, St. Maixent^ diocèse de Poitiers.
S. Mazimi Crinonensis, près Chinon, diocèse de Tours.
S. Maziminij ville et diocèse de Sens.
S. Mazimini, faubourg et diocèse de Trêves.
Maziminiacum, diocèse de Besançon.
S. Medardi, ville et diocèse de Sens.
S. Medardi, diocèse de Tours.
* S. Medardi, St. Médard-lèz-Soissons, diocèse de Soissons.
Medianum, près et diocèse de Bourges.
Medianum Monasterium, Moyen Moutier, diocèse de Toul.
Mediolacus, Metlac ou Mithlac, quatre lieues et diocèse de Trêves.
"^ Melbodium, Maubeuge, diocèse de Cambray.
S. Meliani, St. Melaine, faubourg et diocèse de Rennes.
S. Melianii in Placio, Platz et puis Brains, diocèse de Vannes.
Meteretense ou Melaretum, Mou tiers, diocèse d*Auxerre.
S. Mello, à Rouen, puis à Pontoise, diocèse de Rouen.
S. Memmii, diocèse de Chalon.
Menatense, Menât, neuf lieues et diocèse de Clermont.
Mentuniacum, Mantenay St. Lié, diocèse de Troyes.
Merbecca, Meerbeck, diocèse de Cologne.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 23
SS. Mevennii et Judicaelis, St. Méen, diocèse de St. Malo.
S. Michaelis de Pistoria, ville et diocèse de Limoges.
S. MichsBlis in Eremo, St. Michel-en-L'Erm, près Luçon, diocèse de Poitiers.
S. HichsBlis de Segureto ou de l'Acu, St.-Michel-de-r Aiguille^ faubourg et diocèse
du Puy.
S. Hichaslis, ù Tonnerre, diocèse de Langres.
S. Hichaelis (voir Honoviense), diocèse de Strasbourg.
S. Hichœlis de Cazano, diocèse d'Elne.
S. Michselis in Teoracio, St. Michel-en-Tiérache, diocèse de Laon.
S. Hichœlis, diocèse de Beauvais.
S. Hichœlis in periculo maris, Mont St. Michel, diocèse d'Avranches.
S. Hichœlis, St. Mihiel, diocèse de Toul.
Hiciacus, Miey, trois lieues et diocèse d'Orléans.
Hillebeccus, Maubec, diocèse de Bourges.
S. Hoaki^ diocèse de St. Malo.
Hoissiacum, Moissac, diocèse de Cahors.
Holesmus? Molesmes, près Tanlay, diocèse de Langres.
Honasterium ad Sabim, Moustier-sur-Sambre, deux milles et diocèse de Namur.
Honasterium Tillare, Montivilliers, diocèse de Rouen.
Hons Altns, diocèse d'Aire.
Hons S. Beati près Coblentz, diocèse de Trêves.
Hons S. Othiliœ (voir Hohenburgum), diocèse de Strasbourg.
Hons Olivi, Montolion, deux lieues et diocèse de Carcassonne.
Hontis Falconis, près Varennes, diocèse de Reims.
Hontis Hajoris, Montmajour, diocèse d'Arles.
Horbacum, Murbach, diocèse de Bâle.
Horiacum, Lochmenech, diocèse de Vannes.
'l'Hosomnm, Mouson, diocèse de Reims.
Civitates.
'''Namnetensis, Nantes. Niciensis, Nice.
* Namurcensis, Namur. * Niversensis, Nevers.
'^^ Narbonensis, Narbomne.
"^^ Nemausensis, Nîmes.
1" Noviomensis, Noyon.
a^bbatiœ, seu ^onasteria,
S. Nabori, St. Avold, diocèse de Metz.
Nantolium ou Nantogilum ou Nantoliacum, Nanteuilen Vallée, diocèse de Poitiers.
24 LISTE COMPLÈTE
Nantnacum, Nantua^ diocèse de Lyon.
Nantum, Nanteuil, dépendance de Tabbaye de Vabre^ près Rodez, diocèse de Rodez.
Nantain, Nanteuil, diocèse de Coutances.
*S. Nazarii, ville et diocèse d'Autun.
S. Nicasii^ ville et diocèse de Reims.
S. Nicetii, St. Nizier, ville et diocèse de Lyon.
S. Nicetii, ville et diocèse de Vienne.
Niedermonasterinm^ Nieder-Munster, diocèse de Strasbourg.
Rigella abscondita, Nesles-la-Reposte^ en Brie, diocèse de Troyes.
'^'Nigella ou Nivialla^ Nivelle, diocèse de Namur.
S. Nonnica, Plemeur, diocèse de Quimper.
Novientum, Ebermunster, diocèse de Strasbourg.
Novavilla, Neuvillers, diocèse de Strasbourg.
Novum Honasterium, Neumoutier ou Ottvilliers, diocèse de Metz.
Civitas.
Olorenais, Oléron.
fiÂibatiœ , seu OCbnasteria,
Olfonis cella, Schulteren, diocèse de Strasbourg.
Oflonis villa, diocèse de Besançon.
Oniam, diocèse de Bourges.
Orbacum, Orbais, cinq lieues de Cliateau-Thierry, diocèse de Soissons.
Ordorpense, diocèse de Mayence.
Oriniacum, Origny St. Benoît, diocèse de Laon.
Orpimn, Orp ou Orpen, près Namur, diocèse de Maestricht.
Ossonia villa, diocèse de Toul.
Oyense, près Sézanne, diocèse de Troyes.
Civitates.
* Parisiensis, Paris. | Petracoriensis, Perigueux. | *Pictavieiisis, Poitiers.
(^bbatiœ, seu ^onasteria.
S. Paduini, près de la Sarthe, diocèse du Mans.
Palatiolum, Palz, faubourg et diocèse de Trêves.
Palma, Baume-les- Dames, diocèse de Besançon.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 25
Papolennm ou Popolennm, ville et diocèse de Tours.
S. Papnlij St. Papoul^ une lieue de Chateauneuf, diocèse de Toulouse.
Paterniacum^ Peterlingen^ près Avenches^ diocèse de Lausanne.
S. Patricii^ dans le Morvan^ diocèse de Nevers.
S. Patriciaci, diocèse de Bourges.
S. Pauli^ ville et diocèse de Limoges.
S. Paulin ville et diocèse de Poitiers.
S. Paulin ville et diocèse de Lyon.
S. Paulin ville et diocèse de Narbonne.
S. Paulin faubourg et diocèse de Beau vais.
S. Paulij diocèse de Sens.
S. Paulij diocèse de Verdun.
S. Panli^ ville et diocèse de Besançon.
S. Paulij ville et diocèse de Lausanne.
Pauliacum^ à quatre lieues et diocèse de Rouen.
Pentale^ au confluent de la Seine et de la Risle^ diocèse de Rouen.
Peros Qoirec^ diocèse de Dol.
Pesaanimi ou Pecianum, près et diocèse d'Auch.
S. Petri^ ville et diocèse de Cologne.
S. Petri^ diocèse de Liège.
S. Petri^ diocèse de Maçon.
S. Petri^ ville et diocèce de Reims.
S. Pétri, ville et diocèse de Beauveais.
S. Petri^ sur la Dive, diocèse de Seez.
*S, Petri^ à Corbie^ diocèse d'Amiens.
S. Petri^ à Melun^ diocèse de Sens.
S. Petri^ faubourg et diocèse d'Auxerre.
S. Petri^ ville et diocèse de Metz.
S. Petrij ville et diocèse de Vienne.
S. Pétri ad Cœmeteriunij ville et diocèse de Tours.
S. Pétri ad montes^ diocèse de Chalon.
S. Pétri Cabilonenais^ ville et diocèse de Chalon.
S. Pétri Condomensis^ Condom.
S. Pétri de alta petra^ Moutier-Haute-Pierre^ diocèse de Besançon.
S. Pétri de Belle monte^ St. Pierre-de-Beaumont ^ près et diocèse de Clermont.
S. Pétri de Blasilia^ St. Pierre-de-Blesle^ diocèse de Clermont.
S. Pétri de Burgo^ ville et diocèse de Valence.
S. Pétri de Buaogilo^ diocèse du Mans.
S. Pétri de Cabaria (voir S. Maria Caprariensis)^ diocèse de Narbonne.
S. Pétri di Cannis^ Cannes^ diocèse de Narbonne.
S. Pétri de Caais^ Les Chases^ sur rAllier^ diocèse de Clermont.
S. Pétri de Clariaco^ Clairac^ diocèse d*Agen.
S. Pétri de Cultura^ faubourg et diocèse du Mans.
S. Pétri de Hamo^ deux lieues de la mer^ diocèse de Coutances.
S. Pétri de Parciaco^ diocèse de Tours.
4
26 LISTE COMPLÈTE
S. Pétri de Ponte^ St. Pierre-en-Pont, ville et diocèse d'Orléans.
*S. Petri de Ponte, Pierrepont^ diocèse de Laon.
S. Petri de Régula^ Squirs^ sur la Garonne^ diocèse de Bazas.
S. Petri de Régula^ La Réouie, diocèse de Lescar.
S. Petri de Turre^ St. Pierre-la-Tour, ville et diocèse du Puy.
S. Petri EngolismensiSj ville et diocèse d^Angoulème.
S. Petri Flaviniaci^ diocèse d'Autun.
S. Petri Frislariensis^ Frizlar, sur TEder^ diocèse de Mayence.
S. Petri in BuzidOj diocèse du Mans.
S. Petri in Eriordia^ Petersberg, près Fulde, diocèse de Mayence.
S. Petri in valle^ St. Pierre-en-Val^ ville et diocèse de Chartres.
S. Petri Lezatiensis^ Lezat^ diocèse de Toulouse.
S. Petri Lugdnnensis, ville et diocèse de Lyon.
S. Petri pnellare^ St. Pierre-le-Puellier^ ville et diocèse de Poitiers.
S. Petri pnellarnm^ ville et diocèse de Bourges.
S. Petri puellarum^ faubourg et diocèse de Tours.
S. Petri Yesuntionensis^ diocèse de Besançon.
S. Petri vivij ville et diocèse de Sens.
S. Petrusii^ en Morvan, diocèse de Nevers.
* S. Philiberti^ à Tournus^ diocèse de Chalon.
1" Pisciacum^ Poissy^ diocèse de Chartres.
Poliniacum^ Poligny^ diocèse de Besançon.
S. Polycarpij trois milles de Limoux^ diocèse de Narbonne.
S, Pontii Tomeriarum^ St. Pons-de-Tomières, diocèse de Narbonne.
Pontiniacum^ Pontigny^ diocèse de Bourges.
Porcetum^ Portait^ diocèse de Liège.
Portus Mauri^ Port-Mort, diocèse de Rouen.
Pratellum, Préaux, près Pont-Audemer, diocèse de Rouen.
S. Prœjecti, St. Prix, diocèse de Noyon.
S. Prœjecti Flaviniaci, diocèse d*Autun.
Princiacus, diocèse de Bourges.
S. Privati, St. Privat-du-Gers, ville et diocèse d'Uzès.
* Prnmia, Prum ou Pruim, dix lieues et diocèse de Trêves.
Pultaririensis^ Ponthières, deux lieues de Molesmes, diocèse de Langres.
Puteolns, sur la Voire, diocèse de Chalon.
Cl
Q/fbbatiœ, seu ^onasteria.
S. Quintini, ville et diocèse de Troyes.
S. Quintini de Honte, Mont-St. -Quentin, près Péronne, diocèse d'Amiens.
S. Quintini in insula. Abbaye d'Isle à St. Quentin, diocèse de Noyon.
* S. Quintini Viromanduensis, St. Quentin, diocèse de Noyon.
S. Quiteriœ de Manso, diocèse d'Aire.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES.
27
Civitates,
* Redonensifl, Rennes.
Regensis, Riez, en Provence.
"*" Remensifl, Reims.
RivensiSj Rieux^ en Bretagne.
* Rotomagensis, Rouen.
Rupellensis, La Rochelle.
* Ruthenensis, Rodez.
Q/£bbatiœ , seu OfTonasteria.
Radolium, Reuil, près Jouarre, diocèse de Meaux.
S. Ragneberti, St. Rambert, entre Bourg et Belley, diocèse de Lyon.
Rauzaliœ monasterium, Moutier-Rauzeille, diocèse de Limoges.
Redeverus, ' Riviers, diocèse de Bayeux.
Redum, Réez, trois lieues et diocèse de Meaux.
S. Reguli, ville et diocèse de Senlis.
S. Remigii, ville et diocèse de Reims.
S. Remigii, ville et diocèse de Sens.
Reomus, Moutier-St.-Jean, près Tonnerre, diocèse de Langres.
Resbacensis, Rebais, diocèse de Meaux.
Retense, diocèse de Limoges.
*Retonda8, Retondes, entre Soissons et Compiègne, diocèse de Soissons.
Ribodi mons, Ribemont, près St. Quentin, diocèse de Laon.
S. Richarii, St. Riquier, diocèse d'Amiens.
S. Richmerii, diocèse du Mans.
S. Rigomeri, St. Rigomer, ville et diocèse de Meaux.
S. Rigomeri, près de la Sarthe, diocèse du Mans.
Rodenacum ou Rotomacum, Kenay ou Ernay, entre Audenarde et Gerardmont,
diocèse de Liège.
Romanense ou S. Bernardi, diocèse de Vienne.
S. Romani de Rupe, près St. Claude, diocèse de Lyon.
Romanum, diocèse de Lausanne.
Romarici Mena, Remiremont, diocèse de Toul.
Rotonense, Redon, diocèse de Vannes.
Rubiacenais, près et diocèse de Clermont.
Ruâiacenais, Ruffec, diocèse de Limoges.
Ruiensia, St. Gildas-de-Ruiz, diocèse de Vannes.
S. Rumoldi, près Malines, diocèse de Liège.
Rutela, Rethel, diocèse de Trêves.
28 LISTE COMPLÈTE
Civitates.
SagiensiSj Seez. 'I' SUvanectensis^ Senlis.
* SantoniensiSj Saintes. Sistaricensis^ Sisteron.
SedunensiSj Sion. Spirensis^ Spire.
Senecensis ou Sanitium^ Senez^ entre '''StratbQrgeiiais^ Strasbourg (voir Ar-
Embrun et Sisteron. , gentoratensis).
^SenonensiSj Sens. "*" Suessionensis^ Soissons.
adbbati^, seu (Monasteria.
Saciacum^ diocèse d'Auxerre.
S. Salvatoris^ ville et diocèse de Nîmes.
S. Salvatoris^ ville et diocèse de Lodève.
S. SalvatoriSj ville et diocèse de Carcassonne.
S. Salvatoris^ St. Sauveur-le-Vicomte^ diocèse de Coutances.
S. Salvatoris^ diocèse de Nevers.
S. SalvatoriSj en Puysau^ diocèse d'Auxerre.
S. Salvatoris de Brogilo^ diocèse du Mans.
S. Salvatoris Virtudensis^ St. Sauveur-des-Vertus^ diocèse de Chalon.
S. Salviij ville et diocèse d'Alby.
S. Salviij St. Sauve^ à Valenciennes^ diocèse de Cambray.
S. Salvii, St. Sauve, diocèse d'Amiens.
S. Salvii^ St. Saire^ diocèse de Rouen.
Sangenovefana^ Ste. Geneviève^ ville et diocèse de Paris.
Sangerardense^ St. Gérard-de-Broyen^ trois lieues et diocèse de Namur.
S. Samsonis^ ville et diocèse de Dol.
S. Sanctini^ St. Saintin^ ville et diocèse de Meaux.
Sarlatum^ Sarlat^ diocèse de Périgueux.
S. Satumini^ St. Semin, «ville et diocèse de Toulouse.
S. Satumini^ diocèse d'Angers.
S. Savini^ St. Sabin^ près Argelez^ diocèse de Tarbes.
Saviniacense^ Savigny^ trois lieues et diocèse de Lyon.
Saxiacum^ St. Benoit de-Seyssieu^ sur le Rhône^ diocèse de Lyon.
S. Scholastica^ faubourg et diocèse du Mans.
Schwarzacum^ près Ulm^ diocèse de Strasbourg.
Scotorium (voir Doratum)^ sur la Sèvre^ diocèse de Limoges.
^^. Sebaatiani^ faubourg et diocèse de Soissons.
S. Sebastiani de Hagno Loco^ St. Sébastien-de-Maulieu^ diocèse de Clermont.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 29
Sedaciacum, St. Martin-de-Sarsey^ diocèse de Saintes.
Seligenstadiensis, trois milles de Francfort, diocèse de Mayence.
Senapara^ Sevenières^ diocèse de Tours.
Septem Fontiom, près Caussade^ diocèse de Cahors.
Septem Holœ, Criel? diocèse de Rouen.
S. Sequani^ St. Seine^ cinq lieues de Dijon^ diocèse de Langres.
S. Serenici, diocèse de Séez.
SS. Sergii et Buchi> St. Serge^ faubourg et diocèse d'Angers.
S. Servatii, diocèse de Liège.
Seaciacense, Sciey^ près Grandville^ diocèse de Coutances.
Seasiacum, diocèse d'Auxerre.
S. Severi, St. Sever, diocèse d'Aire.
S. Severi, ville et diocèse d'Agde.
S. Severi, deux lieues de Vire^ diocèse de Coutances.
S. Severi de Albiciaco, St. Sever-^de-Rustien, diocèse de Tarbes.
'S. Severini, diocèse de Bordeaux.
S. Severini, ville et diocèse de Paris.
S. Severini, à Château-Landon^ diocèse de Sens.
S. Sidonii, sur la Varenne^ diocèse de Rouen.
S. Sigiamundi, près Rouffach^ diocèse de Strasbourg.
Silezia ou Siezia. St. Lauthène, près Poligny^ diocèse de Besançon.
Silva Regalis (voir Ulmetum).
Simorra, sur la Gimone^ diocèse d'Auch.
S. Sixti, ville et diocèse de Reims.
Soliacum ou Sublacum, Souillac^ diocèse de Dax.
Sordua, diocèse de Dax.
Soricinium, Sorèze^ diocèse de Lavaur.
Sparnacum, Épernay^ diocèse de Reims.
Spinalium, Epinal^ diocèse de Toul.
Stabulensis, Stavelo^ diocèse de Liège.
Stabnlum, diocèse de Metz.
S. Stephani, ville et diocèse de Paris.
S. Stephani, faubourg et diocèse de Noyon.
S. Stephani, diocèse de Nevers.
S. Stephani, à Caen^ diocèse de Bayeux.
S. Stephani, faubourg et diocèse d'Angers.
S. Stephani, ville et diocèse de Lausanne.
S. Stephani, ville et diocèse d'Agen.
*TS. Stephani Argentinenaia. ville et diocèse de Strasbourg.
S. Stephani Beanienae, Baigne, diocèse de Saintes.
S. Stephani de Ariuco, diocèse d'Antibes.
S. Stephani de Crnciaco, diocèse de Soissons.
S. Stephani de Tornaco, Tornac, diocèse de Nîmes.
'^'TS. Stephani Divionenaia Dijon^ diocèse de Langres.
Stivagium, Estival, diocèse de Toul.
3o LISTE COMPLÈTE
Suestrensis, Susteren^ diocèse de Liège.
S. Sulpicii, ville et diocèse d'Uzès.
Suraburgensis ou Sancta Silva, Surbourg^ huit lieues et diocèse de Strasbourg.
S. Symphoriani. ville et diocèse de Bourges.
S. Symphoriani^ ville et diocèse d'Autun.
S. Symphoriani, diocèse de Beau vais.
S. Symphoriani, ville et diocèse de Sens.
S. Symphoriani, près et diocèse de Trêves.
S. Symphoriani, diocèse de Metz.
Civitates.
Tarbenais^ Tarbes. 'I' Tornacenaia^ Tournay.
Tarentaaiensis, Tarentaise. "*" Trecensis^ Troyes.
* Tarvanna, Térouanne (Voir Morinensis). Tricastinenais, St. P aul-trois-Chateaux,
Telonensis^ Toulon. * TrevirensiSj Trêves.
'l'Tolosanaj Toulouse. ^Tnllenais^ Toul.
oAibatiœ, seu ^onasteria.
Talveriae^ Talloires, sur le lac d'Annecy^ diocèse de Genève.
Tauracum, diocèse de Dol.
S. Taurinij ville et diocèse d'Evreuz.
Taurisiacum^ diocèse de Bourges.
Tecladenae^ Teillède^ près Riom^ diocèse de Clermont.
S. Theodorici^ près et diocèse de Reims.
Theolegium ou Tabuleium^ Tholey^ près St. Wandelin^ diocèse de Trêves.
S. Theuderii, Arcisses^ diocèse de Vienne.
S. Thomas^ près et diocèse de Strasbourg.
S. Thoms^ à Andernach^ diocèse de Trêves.
S. Thyrsi^ ville et diocèse de Lausanne.
S. Tiberii^ deux lieues et diocèse d'Agde.
S. Timothei^ ville et diocèse de Reims.
Tencilliacensia^ Pont-de-Cé? diocèse d'Angers.
S. Trechii in Buzido^ diocèse du Mans.
S. Troeaii^ diocèse de Nevers.
"^S. Trudonis^ St. Tron^ six milles et diocèse de Liège.
Truncinium^ Dronghen^ près Gand^ diocèse de Tournay.
S. Tudii Insula^ Enez Tudi^ près Combret, diocèse de Quimper.
Tuffiacense^ diocèse du Mans.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 3i
S. Tugduali^ ville et diocèse de Tréguier.
Turoltum, à Bruges/ diocèse de Tournay.
Tutela^ TuUe^ diocèse de Clermont.
Civitas.
* Uceticensis, Uzès.
(i4J>batiœ, seu (Mbnasteria.
>»
S. nUacii^ diocèse du Mans.
Dlmensis^ près Malines^ diocèse de Liège.
S. Urbanij en Pertois^ diocèse de Cbalon.
S. Drsi, diocèse de Tours.
Ursi Campi ou Urbs Campus^ Ourscamp^ diocèse de Noyon.
S. Urainiij diocèse de Bâle.
S. Ursula^ ville et diocèse de Cologne.
Uticom^ diocèse de Séez.
Civitaies.
Valentinensis^ Valence. ^Vesontium^ Besançon.
Vapincenais^ Gap. **" Viennenais^ Vienne.
Vaaatenais^ Bazas. Vincienais ou Vecisienais^ Venge entre
Taaionensia^ Vaison. Antibes et Grasse.
* Vellavenaia ou Anicienais, Le Puy. * Virdonenaia^ Verdun.
Venetenaiaj Vannes. Vivarienaia^ Viviers.
Veromanduenaia^ Vermand. Vormatenaia^ Worms.
<i4J?baiiœ, seu ^onasteria.
Vabrum^ Vabre, près Rodez^ diocèse de Rodez.
Vadatiom^ Vaas^ diocèse du Mans.
Valada^ diocèse de>Toulouse.
S. Valdetmdisl Ste. Vaudru^ à Mons^ diocèse de Cambray.
Valeluaenaia^ diocèse de Besançon.
S. Valeriani, diocèse d'Auxerre.
32 LISTE COMPLÈTE
Vallon, diocèse de DoL
Valsiodorense, Wasort ou Valincourt^ près Dinant^ diocès;^ de Liège.
Vandopera, diocèse du Mans.
Varenna, en Tellau^ diocèse de Rouen.
Varenna^ diocèse d'Auxerre.
Vaurnm ou Vora, Lavaur^ diocèse de Toulouse.
S. Vedaati, S. Waast^ diocèse d'Arras.
S. Venantii, ville et diocèse de Tours.
S. Tenantii Halliacensia, quatre milles et diocèse de Tours.
Vergavilla, diocèse de Metz.
Vertonense, diocèse de Nantes.
Vêtus murus, Vieil mur, douze lieues de Castres^ diocèse d*Alby.
Vêtus Civitas, Ploucastel, diocèse de Tréquier.
S. Victoris, ville et diocèse de Marseille.
S. Victoria, faubourg et diocèse de Nevers.
S. Victoris, diocèse de Valence.
S. Victurii, près de la Sarthe^ diocèse du Mans.
S. Vigoris, près et diocèse de Bayeux.
Villa Crosa, diocèse de Fréjus.
Villalupa, Villeloin, diocèse de Tours.
Villare Monasterium, Montivilliers, près le Havre^ diocèse de Rouen.
Vills magns, Villemagne-l'Argentière, diocèse de Béziers.
S. Vincentii, près et diocèse de Maçon.
S. Vincentii, ville et diocèse de Laon.
S. Vincentii, faubourg et diocèse de Metz.
S. Vincentii. diocèse de Tours.
S. Vincentii, sur la Sarthe, diocèse du Mans.
S. Vincentii, diocèse de Besançon.
S. Vincentii, diocèse de Vienne.
S. Vincentii Arslatensis, Artay, diocèse de Besançon.
S. Vincentii de Magniaco, diocèse de Nevers.
S. Vincentii Lucansis ou Saltu bono, Saute- bon-de-Luc^ diocèse d'Oloron.
Vintlana, Bray^ diocèse de Rouen.
S. Virginia, ville et diocèse de Mayence.
Virduni Hansum, Mas-Verdun^ diocèse de Toulouse.
de Virsiliis S. Martini^ diocèse de Besançon.
Virtudum, St. Sauveur-des- Vertus, diocèse de Chalon.
Verziniacum S. Basoli, S. Basle^ diocèse de Reims.
S. Vitoni, St. Vannes, diocèse de Toul.
S. Viti, diocèse de Besançon.
S. Voluscani, à Foix, diocèse de Toulouse.
Volvicense, Volvic, diocèse de Clermont.
S. VuUini, diocèse d'Auxerre.
S. Vulmari, Samer, diocèse de Térouanne.
S. Walarici, en Vimeux, diocèse d'Amiens.
DES CITÉS, ABBAYES ET MONASTÈRES. 33
S. Waldeburgis, un mille de Hagiienau^ diocèse de Strasbourg.
S. Wandregisilii^ S. Wandrille^ près Caudebec^ diocèse de Rouen.
Weissemburgum^ Wissembourg^ diocèse de Spire.
Werda ou Insula^ Kaiserverth^ sur le Rhin^ diocèse de Cologne.
Werdena^ Werden, près Rocroy, diocèse de Cologne.
S. Willebrordij Epternac^ diocèse de Trêves.
Woromhaltum^ Wormhoult^ près St. Omer^ diocèse de Térouanne.
de Yvelina^ Veaune^ ville et diocèse de Marseille.
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5
Deaxièfia© Ph^ti©
CATALOGUE RAISONNÉ
DES
MONNAIES CAROLINGIENNES
CATALOGUE RAISONNÉ
DES MONNAIES CAROLINGIENNES
3jes paires du Valais (619 à 152).
Quoique cet ouvrage ne contienne le dessin ou la description d'aucun
de ces deniers d'argent (saigas ou sceatas) émis pendant les dernières
années de la royauté mérovingienne, je crois devoir donner ici un court
résumé de l'histoire des princes d'Austrasie sous la principauté desquels
furent surtout émises ces monnaies si curieuses et, jusqu'à ce jour, si
peu connues. On verra qu'en réalité la royauté carolingienne a
commencé de fait bien antérieurement à l'avènement de Pépin-le-Bref.
Il n'y a eu de transition brusque ni dans la situation personnelle de ces
princes austrasiens, ni dans le système politique ou administratif du
pays; il a dû nécessairement en être de même pour le système monétaire.
On reconnaîtra, dans ce court résumé, un enchaînement logique de
' faits qui a amené nécessairement, sans secousses et sans révolutions,
la chute de la dynastie mérovingienne et l'avènement des carolingiens.
Ces derniers n'ont été, je le répète, que les continuateurs , en tout , du
système politique et administratif existant lors de la chute du dernier
roi de la première race .
Après la mort de Dagobert II, dernier roi d'Austrasie (679), Pépin
d'Herstal marche sur Paris et, maître de la personne de Thierry III
(687), il règne sur toute la France, avec les rois à lui soumis^ disent les
annales frankes. Il meurt en 714.
Son fils Karle est proclamé duc d'Austrasie (71 5). Au printemps de
38 MONNAIES FRANÇAISES.
Tannée 717 il s'avance, à la tête d'une armée austrasienne, contre le roi
Hilpéric qui refuse de lui rendre la principauté {principatum) qu'avait
eue son père Pépin sur les Franks occidentaux. Le roi de Neustrie est
battu et se réfugie auprès d'Eudes duc d'Aquitaine. Karle se donne un
roi du nom de Chlother qui meurt en 719. Il réclame alors à Eudes la
personne de Hilpéric et le trésor royal. Le duc d'Aquitaine cède au duc
d'Austrasie et accepte l'alliance franke. La Gaule se trouve ainsi partagée
entre Karle et Eudes qui prend le nom de roi des Gallo-Wascons.
Hilpéric est ramené en Neustrie où Karle, disent les annales de Metz,
en agit miséricordieusement avec lui et l'établit roi sous son autorité.
A la mort de Hilpéric, Karle lui donne pour successeur (729) le fils de
Dagobert III, Théodoric de Chelles, qui meurt en 737.
Le roi d'Aquitaine, Eudes, étant mort sur ces entrefaites^ son fils et
successeur Hunald est sommé par le duc de France de reconnaître sa
suprématie. Hunald refuse, est battu (736) et n'obtient, sous le titre de
duc, la possession paisible de ses états qu'à la condition de les tenir à
foi et hommage du duc Karle et de ses deux enfants Pépin etKarloman.
Le nom du roi n'est même pas prononcé. A la mort de ce dernier, Karle,
sans s'occuper de lui donner un successeur, gouverne seul le royaume
sous le titre de Duc des Franks (de 737 à 741). On a de lui un diplôme
daté de la cinquième année après la mort du roi Théodoric. Son
épitaphe lui donne le titre de roi, mais il ne le prit jamais.
En 741 Pépin et Karloman succèdent à leur père Karle-Martel et
reçoivent en partage : Karloman l'Allemanie ou Souabe, TAustrasie, la
France d'Outre-Rhin et la Thuringe, avec la suzeraineté sur le reste de
la Germanie. Pépin a pour sa part: la Neustrie, la Burgondie et la
Provence, ainsi que l'Aquitaine, à charge par lui de la conquérir. Les
deux frères créent un roi, Hildéric III fils de Hilpéric II; cette royauté
nominale n'empêche pas Karloman, dans la préface d'un capitulaire de
l'an 743, publié à Leptines, de dire qu'il a rassemblé les évêques in
regno suo. En admettant que Regnum signifie seulement ici le Domaine
utile, le monnoyage devait en faire partie. On trouve même une charte du
règne de Hildéric III où le nom du roi ne figure pas et qui porte:
régnante Carolomanno et Bobone comité.
En 743 les deux frères réunis s'emparent de la Bavière.
En 745 le duc Hunald, battu par eux, se reconnaît vassal de Pépin.
SECONDE RACE. 39
En 747 Karloman se retire au Mont-Cassin, remettant aux mains de
Pépin ses enfants et son royaume. Pépin s'empare du tout: 7{egnum
totum sibi vindicavit.
Enfin en 752, Pépin, las de ce fantôme de royauté mérovingienne,
dépose le roi Hildéric III, le fait enfermer au monastère de Sithin
(Saint-Bertin) et se fait proclamer roi des Franks.
Œ^épin-te-SBref (de 152 à 768).
Pépin est sacré en mars 752.
En 753 il réunit à ses états la Septimanie à l'exception de Narbonne.
La même année il bat les Saxons. Il s'empare de Vannes où il place
un comte frank (Rennes et Nantes étaient rentrées sous la domination
franke depuis le règne de Karle-Martel).
En 754 Pépin est sacré roi, avec ses deux fils, à Saint-Denis, le
28 juillet, par le pape Etienne II, à la prière duquel il déclare la guerre
à Astulfe roi des Langobards. Ce dernier est battu et s'engage à rendre
au pape l'exarchat de Ravenne avec la Romagne et le duché d'Urbin
dont il s'était emparé. Pépin, pour assurer la tranquillité de la papauté,
rédige la fameuse donation par laquelle il constitue le Domaine de
Saint- Pierre.
Le II juillet 755 Pépin réunit un concile à son palais de Vernon-sur-
Seine. Dans ce concile il rend une ordonnance sur les monnaies, prescri-
vant de tailler 22 sols d'argent dans une livre au lieu de 25 qu'on
taillait auparavant.
En 756 le roi des Langobards reprend les armes et vient assiéger
Rome. Pépin accourt en Italie avec ses deux fils Karle et Karloman.
Astulfe se réfugie à Pavie, puis il se soumet et s'engage à payer un
tribut et à livrer au pape la ville de Commachio qui est réunie au patri-
moine de Saint-Pierre.
En 758 les Garinthiens (entre la Drave et le golfe de Trieste) se
soumettent à lui pour obtenir protection contre les Huns.
En 759 Narbonne est prise et réunie au royaume frank.
40 MONNAIES FRANÇAISES.
En 761 Pépin envahit l'Aquitaine et s'empare de diverses places
fortes telles que Bourbon-rArchambault, Chantelle et Clermont (Clarus
Mons, Claremons) citadelle de la cité Arverne.
En 762 nouvelle invasion de l'Aquitaine ; Thouars est brûlé, Bourges
est pris.
De 763 à 768, nouvelles campagnes contre Waïfer, l'Aquitaine est
tout entière soumise. Pépin fait bâtir un palais à Bourges en signe
d'irrévocable conquête.
Il meurt le 24 octobre 768, après avoir partagé son royaume entre ses
deux fils Karle et Karloman.
Pépin est le premier roi de France qui ait employé dans ses diplômes
la formule GRATIA DEI REX. Son fils Karle l'employa communément.
Elle a été à tort regardée comme une marque de souveraineté. Non
seulement des princes, mais des évéques, des abbés et de simples
prêtres s'en sont servis, sans autre dessein que d'exprimer leur re-
connaissance envers Dieu.
Planche I.
Angers? (Andegavis Civitas).
I. RP en monogramme dans un cercle de grènetis; deux points dans le champ;
^ 9 A — M— D — E en monogramme dans un cercle de grènetis; un demi-
cercle de points entoure les lettres DE.
Denier. Ma collection (voir Carloman^ n® 2 et Charlemagne, n® 6).
L'ordre alphabétique, que j'ai adopté, m'oblige à présenter en pre-
mier lieu une monnaie de fabrication moderne. Mais comme cette pièce
a reçu en quelque sorte ses lettres d'authenticité de nos maîtres en
numismatique, je dois discuter leur opinion, et expliquer pourquoi il
m'est impossible de l'admettre. Ce denier est identique, comme revers
à celui de Charlemagne (pi. V, n" 6) ce que je dirai de l'un s'appli-
quera à l'autre, comme aussi au denier de Carloman (pi. IV, n** 2) sur
lequel ils ont été copiés tous deux.
M. Cartier, et généralement tous les auteurs qui ont décrit ce denier,
l'attribuent à la ville d'Angers. Disons de suite que cette attribution
SECONDE RACE. 41
n'est pas soutenable en présence du denier de Carloman, la ville d'An-
gers n'ayant jamais fait partie du royaume de ce fils aîné de Pépin.
M. de Longpérier, décomposant le monogramme y trouve les lettres
A-M-D-V ou A-N~D-E-M et pencherait pour le monétaire AMEDEVS^
la forme AN DEM pour Andematunum (Langres) n'étant plus, dit-il, en
usage au VIII* siècle.
Il est vrai qu'à cette époque le nom de LINGONUM était presque tou-
jours employé au lieu du nom ancien, mais nous verrons, sous Louis I**"
et même sous Lothaire, le nom de Mettis remplacé sur la monnaie par
les noms Mediomatricorum, Mediomatricis qui, déjà depuis longtemps,
étaient tombés en désuétude.
Quant aux noms de monétaires sur les monnaies carolingiennes, je
crois, malgré toute l'autorité du nom de M. de Longpérier, qu'il faut y
renoncer. Le système, propre à la première race, de fonctionnaires
d'ordre inférieur signant les monnaies frappées sur tous les points du
royaume frank, avait disparu complètement lors de l'avènement au
trône de Pépin-le-Bref. Sur les saigas ou scéatas, qui étaient presque
la seule monnaie nationale pendant les règnes des derniers maires du
Palais, on ne les retrouve déjà plus. Il n'est pas douteux que certaines
monnaies des premiers rois de la seconde race portent des noms
d'hommes, mais ces noms y sont placés en vertu d'un système ad-
ministratif tout différent de celui qui était en vigueur sous les rois
mérovingiens ; je m'étendrai sur ce point plus longuement à propos de
la monnaie de GADDO (pi. II, n" 28).
Revenant à notre denier, ainsi qu'à celui de Charlemagne, voici les
raisons qui me les font rejeter de la série des monnaies authentiques de
la seconde race : Si l'on remarque Taspect sec et maigre de la gravure
et l'identité de ces deux médailles émises à un assez long intervalle
l'une de l'autre, à une époque où il est presque impossible de trouver,
sous le même règne et dans le même atelier, deux deniers frappés avec
le même coin ; si on les place enfin au milieu des monnaies bien cer-
taines de Pépin et de Charlemagne, aucun doute ne pourra subsister.
Etant seul, jusqu'alors, de cet avis, je ne pouvais supprimer, de mon
autorité privée, deux monumens numismatiques de cette importance.
Je les ai donc discutés aussi sérieusement que si je n'avais aucun doute
sur leur authenticité.
42 MONNAIES FRANÇAISES.
Antrain (Interamnis Vicus).
2. RP dans un cercle de grènctis, six points dans le champ;
5^ INT— TRA-NO en trois lignes séparées par des barres horizontales;
I et N sont liés ainsi que R et A, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; découverte d'Imphy .... Valeur i5o fr.
Un denier semblable et de même provenance, faisant partie de la col-
lection de P. d'A. porte à la première ligne du revers NT (voir Première
Partie^ pi. I, n^ 4). M. de San-Quintino cite une obole de Pépin, à ce
même type, qu'il aurait vue dans une collection particulière; c'est
évidemment une erreur; il n'y a pas d'obole de Pépin; c'était probable-
ment un denier rogné ou, ce qui serait beaucoup plus intéressant, un
denier de petit module.
Un autre denier, de même provenance et faisant partie de la même
collection, porte à la première ligne AIT (voir Première Partie^ pi. I,
n" 2).
3. RF dans un cercle de grènetis^ cinq points dans le champ;
IjC AVT— TRA— NO en trois lignes séparées par des barres horizontales;
A et V sont liés, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 100 fr.
Sur un autre denier semblable, de même provenance et faisant partie
de la même collection, on lit, à la première ligne du revers, AT (voir
Première Partie^ pi. I, n** 5).
4. RP dans un cercle de grènetis, six points dans le champ;
IjC M— •**DA— OU en trois lignes séparées par des barres horizontales; le D
et l'A sont renversés, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy .... Valeur yS fr.
Un autre denier de la même provenance et faisant partie de la même
collection, ne diffère du n"* 4 que parce que la seconde ligne du revers
porte TRA.
Tous les deniers décrits ci-dessus ont été frappés à Antrain, localité
ancienne située à peu de distance d'Imphy.
M. de Longpérier, poursuivant l'idée^ qui lui appartient en propre,
de perpétuer, sous les premiers carolingiens, la personnalité des moné-
taires mérovingiens, a voulu voir, dans le nom gravé au revers de ce
denier celui du monétaire Auttramnus. J'exposerai plus loin les raisons
qui m'empêchent de me rallier à cette opinion de notre illustre maître.
SECONDE RACE. 43
Mais je ne puis résister au désir de mettre sous les yeux de mes lecteurs
une partie de la dissertation si savante et si intéressante qu'il a, sur ce
sujet, insérée dans la Revue Numismatique française de Tannée i858 en
décrivant la célèbre trouvaille d'Imphy.
a... Nous avons pu relever dix noms de monétaires: Auttramnus,
Adomundus, Ardis, Duodiwig, Had, Gervasius^ Leutbrannus, Mettha-
dolus, Rodlannus et Sperandeus, qui viennent s'ajouter à ceux de
Gaddo, d'Adradis, d'Odalricus et de Walacarius que nous avons fait
connaître autrefois
Auttramno n'est autre chose que le nom d'homme Authramnus à
l'ablatif. Ce nom nous le retrouvons dans divers textes carolingiens sous
les formes Altramnus, Altrannus, Aletramnus, Aledramnus, Autran-
nus, Auteramnus, Auderamnus, Audramnus, Ottrannus, Odramnus.
Nous pouvons citer aussi un nom très voisin, Aithramnus; voisin
seulement pour la formation, parce que les noms qui commencent par
AIT font une classe à part; mais Auttendus], Aultinus, Auttrudis,
Ottrulfus, Ottradus, nous fournissent d'autres exemples de l'altération
du radical ALD. Quant à la terminaison RAMNVS, première altération
de CHRAMNVS (Bertchramnus, Gairechramnus, Waltechramnus) qui
vient du radical germanique hraban, elle est une des plus communes
parmi les noms des Franks ; il nous serait facile d'en citer encore plus
d'une centaine après ceux que nous avons indiqués. Mais sans aller si
loin, nous croyons pouvoir mentionner quelques noms de cette classe,
afin de bien prouver c{u Auttramnus appartient à une famille de noms
d'hommes, qu'il est impossible de confondre avec des noms géogra-
phiques. On trouvera donc en lisant les textes carolingiens: Amal-
trannus, Ansedramnus, Baltrannus, Bertramnus, Blittrannus, Cons-
trannus, Deodramnus, Domtrannus, Droctramna, Dulcedramnus , Elec-
trannus, Ercadramna, Ermedrannus, Evertramna, Fulcadramnus,
Gairtramnus, Guntramnus, Hiltrannus, Ingadramnus, Lautramnus,
Lethramnus, Mahidrannus, Maintraunus, Mondramnus, Natrannus,
Raintramnus, Rotrannus, Sigedrannus, Sintramnus, Teutrannus, Wal-
tramnus, Warmedramnus, Wiltrannus, Witramnus, etc.
Ainsi dans le radical HRABAN on voit le B se changer en M, puis
l'articulation MN devenir NN ; enfin plus tard le second N se change en
D; Ingatrannus devient Enguerand, Bertramnus Bertrand »
44 MONNAIES FRANÇAISES.
J'ai dit que je ne croyais pas pouvoir me rallier à l'opinion de M. de
Longpérier ; plusieurs raisons s'y opposent. Je pose d'abord en principe
que les noms d'hommes, sur les monnaies carolingiennes, étaient une
exception. Quand on rencontre un nom de localité qui, aussi bien qu'un
nom d'homme, traduit la légende de la monnaie, c'est au premier qu'il
faut donner la préférence. De plus, dans le cas particulier qui nous
occupe, la forme INTTRANNO est celle qu'il faut choisir, car elle se re-
trouve indiscutable sur un denier de Charlemagne (inter amnes) que
l'on verra plus loin; or ce nom n'est autre que celui d'Interamnis porté
par une certaine quantité de lieux anciens. Le village actuel d'Antrain,
auquel j'attribue nos deniers, est situé près d'Imphy ; le monnoyage s'y
est prolongé pendant un assez long temps, comme en témoignent et le
denier de Charlemagne, et les dégénérescences de légendes qui arrivent
à des formes complètement illisibles, ce qui n'eût pas eu lieu si c'eût été
un personnage officiel qui y eût inscrit son nom. Antrain est cité par les
anciennes chroniques avec les diverses formes : Interamnis, Interamna,
Interanis, Interannum, Interamnium.
Aoste? (AvsTA Civitas).
5. RP dans un cercle de grènetis;
5^ AV en monogramme dans un cercle de grènetis.
Il est assez difficile d'attribuer une valeur à ce denier fracturé. Je
Testime à peu près 200 fr.
M. Benjamin Fillon [Lettres à Dugast-Matifeux^ pag. 1 1 8) décrivant ce
denier, appartenant à la collection de M. H. Morin, dit: «le faire de ce
denier le place parmi les monnaies du Sud-Est du royaume frank». Il
en conclut qu'il a dû être frappé à Aoste. C'est possible, mais il a pu
aussi bien être émis à Avignon ou à Autun... etc.; le nombre est grand
des cités dont le nom commence par AV. Quant à l'attribution au
Sud-Est du royaume frank d'un style particulier sous le règne de Pépin,
c'est, je crois, une illusion de notre savant confrère. Pour moi^ je vois
dans le n° 5 un denier d'attribution incertaine, comme nous en ren-
contrerons malheureusement trop.
Arles (Arelatvm Civitas).
6. PRX (en monogramme), F dans un cercle de grènetis, quatre points dans le
champ;
SECONDE RACE. 45
5^ ART (en monogramme), E dessous, I en avant, le tout dans le cercle
de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
M. Feuardent qui a publié ce denier dans la Revue Numismatique
française de 1882, page 5i, le rapproche d'un tiers du sol sur lequel on
lit : lARTOVICOFIT. M. Lecointre-Dupont attribue à Jard (Vendée) la
fabrication du dit triens. Pour moi j'aime mieux voir dans notre n* 7
l'atelier d'Arles dont toutes les lettres se retrouvent dans la légende du
revers.
Austrasie.
7. TTPIPI, croisette sur le premier I, francisque ou hache sous la légende, le
tout dans un cercle de grènetis;
y PRX en monogramme, I surmonté d*une croisette, F, six points dans
le champ, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d*A.; vente Colson Valeur 340 fr.
8. Semblable au précédent;
5^ deux croisettes superposées, PRX en monogramme, F, le tout dans un
cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur 340 fr.
9. HPIPI, croisette en dessus, francisque en dessous, le tout dans un cercle de
grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 340 fr.
10. nPIPI, au-dessus croisette pommetée entre deux points, au-dessous hache
ou francisque entre deux points, dans un cercle de grènetis;
]^ RX en monogramme, F; au centre deux points dont l'un est entouré
d*un cercle pointillé, point sous l'F, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 25o fr.
11. IIPIPI, au-dessus une croisette, une francisque au-dessous; cercle de grènetis;
"SjC PR en monogramme, F, enclume? entre les deux lettres, six points
dans le champ, le tout dans un cercle de grènetis.
Ce denier, publié par Van-der-Chijs, a été trouvé à Dombourg, ainsi
qu'il résulte de la notice de M. Rethaan-Macaré. Il fait partie de la col-
lection de la Société Zélandaise à Middelbourg.
Denier Valeur 25o fr.
12. nPIPI, au-dessus une croisette, une francisque au-dessous, dans un cercle
de grènetis;
IjC RP, trois points en dessous, dans un cercle de grènetis.
Denier trouvé à Dombourg, publié par M. Rethaan-Macaré, et par Van-
der-Chijs, pi. IX, no 5.
Denier. Coll. de la Société Zélandaise Valeur 25o fr.
i3. nPIPI, au-dessus une croisette entre deux groupes de trois points, une fran-
cisque au-dessous, le tout dans un cercle de grènetis;
46 MONNAIES FRANÇAISES.
y RXF^ RSX en monogramme, point entre R et F, un cercle de grènetis
autour du tout.
Ce denier j publié par Van-der-Chijs , pi. IX, n<» i, a été trouvé en
1844 ^ Dorestadt; il fait partie du cabinet de TUniversité de Leyde. Un
autre exemplaire semblable est au cabinet de la monnaie à Utrccht.
14. IIPIPI, point après le premier P, au-dessus un point et une croisette, au-
dessous une francisque, un cercle de grènetis borde la pièce;
5^ RP en monogramme, T entre les deux lettres, en-dessous une sorte de
trèfle à long pied ou croix trèflée, le tout dans un cercle de grènetis.
Cette pièce est publiée par Rethaan-Macaré parmi les monnaies trouvées
à Dombourg. Elle est dans le cabinet de la Société Zélandaise. Valeur 25o fr.
Van-der-Chijs, qui publie aussi ce denier, et Rethaan-Macaré pensent
que le T du revers pourrait être l'initiale de TRAIECTVM (Utrecht). Je
crois qu'Utrecht n'a pas monnoyé sous la seconde race, et je donnerais
plutôt ce denier à TRIIECTVM (Maëstricht).
i5. Le droit de ce denier est tout-à-faii semblable à celui du n'» 8;
5^ RXF, l'R et rX sont liés; au centre un signe que Van-der-Chijs, qui
publie ce denier d'après Rethaan-Macaré, regarde comme un globe ter-
restre, au-dessous de ce sigle un point. Le tout dans un cercle de grènetis.
Comme la précédente, cette monnaie a été trouvée sur la plage de
Dombourg (41e de Walcheren) et fait partie du cabinet de la Société
Zélandaise Valeur 25o fr.
16. nPIPI, croisette en-dessous, la francisque a disparu par l'usure;
5^ RF rétrograde, entre les deux lettres un sigle indéterminé, croisette au-
dessous.
Ce denier est aussi publié par Van-der-Chijs d'après Rethaan-Macaré ;
trouvé à Dombourg, il fait partie de la collection.de la Société Zélan-
daise Valeur 25o fr.
Les deniers décrits sous les dix derniers numéros portent tous un
signe commun, Rethaan-Macaré veut y voir un soc de charrue, Van-
der-Chijs croit y reconnaître un marteau de constructeur de navire. Il
est généralement admis, et l'examen attentif des pièces semble prouver
qu'il y a bien là une hache ou francisque, l'arme nationale des Franks.
C'est le commencement de la fabrication de ces monnaies à la hache qui,
sous Charlemagne^ prit une grande extension dans les ateliers des bords
du Rhin. J'y reviendrai en décrivant les monnaies frappées à Dorestadt
sous le règne du grand empereur.
SECONDE RACE. 47
Aamône (Exeemosina).
17. DOM— PIPI en deux lignes séparées par des traits horizontaux^ grand trait
horizontal sous la seconde ligne, trois points en triangle en dessous^ le
tout dans un cercle de grènetis;
5^ GLI— MOSI — NA en trois lignes séparées par des traits horizon taux^
autour un cercle de grènetis.
Denier. Coll. deP. d*A.; découverte d'Imphy; poids i»'',3o. Valeur 760 fr.
Ce denier, unique jusqu'à ce jour, est certainement, de tous ceux qui
composaient le trésor d'Imphy, le plus curieux à étudier. Pourquoi
Pépin ny prend-il pas le titre de roi? que signifie ce mot Elimosina
inscrit sur une monnaie ? On est tout naturellement porté à y voir
Fabréviation du mot Eleemosynaria et à attribuer aux grands Aumôniers
la frappe de ce denier. Malheureusement pour cette interprétation, les
Archicapellani ne prirent le nom à'Eleemosynarii que dans la pre-
mière partie du treizième siècle, ou du moins, n'ai-je pu trouver ce titre
dans aucun texte antérieur.
Voici ce qu'en dit M. de Longpérier :
a On admettra sans doute que la légende de ce denier doit se lire :
Domni Pipini eleemosina. Ce mot eleemosina avait alors deux sens :
d'abord la valeur primitive de compassion, pitié, générosité. Ainsi
lorsque Pépin, dans un capitulaire de 753, dit: «Et si aliqua monasteria
sunt quae earum ordinem propter paupertatem ad implere non possunt,
hoc ille episcopus de veritate provideat, et hoc Domno régi innotescat,
ut in sua eleemosyna hoc emendare faciat...; » lorsque Charlemagne
(en 798) dit, en parlant de ceux qui viennent chercher un refuge auprès
de lui : a Ubi sponte manere voluerint, sub defensione Domni Impera-
toris ibi habeant suffragia in sua eleemosyna... d, il est bien évident que,
dans ces divers passages, Eleemosyna n'exprime qu'un sentiment de
bienveillance .
Mais lorsqu'en 764 Pépin prescrit à Lullus, évêque de Mayence,
d'adresser à Dieu des actions de grâces à l'occasion d'une récolte
abondante et qu'il ajoute : « Et faciat quisque homo sua eleemosyna et
pauperes pascat... » ; lorsque Charlemagne dit, en 793 : <c si cujuscunque
res in eleemosyna datae sunt...», et lorsque nous trouvons, dans un
capitulaire de 810: « Je eleemosyna mittenda ad Hierusalem propter
ecclesias Dei restaurandas... d, il est bien clair qu'il s'agit de dons
48 MONNAIES FRANÇAISES.
manuels, de largesses, ou, suivant la définition fouraie par Éginhard :
cr gratuite liber alitas quam Graeci eleemosynam vocant.... d.
Nous voyons aussi, dans le continuateur de Frédégaire, que très
peu de temps avant sa mort, Pépin a ad monasterium beati Martini
confessons accessit, ibique tnultam eleemosynam tam ecclesiis quam
monasteriis vel pauperibus largitus est ».
Dans les lois d'Édouard-le-Confesseur il est dit, à propos du denier
de Saint- Pierre : « quoniam denarius hic Régis eleemosyna est». Si
bien que Eleemosyna Sancti Pétri était devenu synonyme de Denarius
Sancti Pétri.
Maintenant admettrons-nous que, lorsque Pépin écrivait, en 764, à
Tévéque LuUus cette lettre si pleine de componction qui se termine ainsi :
« Ut unusquisque homo, aut vellet, aut noUet, suam decimam donet », il
ait voulu prêcher d'exemple et payer sa part de la dîme prescrite? dans ce
cas, la légende du denier serait destinée à constater 1 acquittement de la
dette royale. Ou bien préférera-t-on voir, dans ce monument si curieux et
si intéressant, une parcelle de ce legs si considérable que Pépin fit aux
églises et monastères a pro animaî suae remedio » ? Ses exécuteurs testa-
mentaires auraient voulu indiquer d'une manière aussi simple que pré-
cise que les dernières volontés du prince avaient été remplies.... {Rep.
N, Fr, i858, p. 208). Aucune de ces interprétations proposées par notre
savant maître ne me semble expliquer d'une manière satisfaisante les
légendes inusitées que présentent les deux faces de ce denier.
Mais le mot Eleemosyna a aussi d'autres significations que celles que
lui a données M. de Longpérier. Il signifie tout legs, toute donation faite
par testament, et les exécuteurs testamentaires se nommaient Eleemosy-
narii. Grégoire de Tours {De vitis patrum^ cap. 8) disait : a Postcujus,
obitum non pauca ab Eleemosynariis pro sancti memoria capiebat».
Et nous trouvons dans un capitulaire de Charles-le-Chauve. Tit. 43
anno 877. § 12: a Si nos in Dei sanctorumque ipsius servitio mors
praeoccupaverit, Eleemosynarii nostri, secundum quod illis commen-
datum habemus, de eleemosyna nostra decertent ».
C'est encore dans un ordre d'idées différent qu'un diplôme d'Eudes
(vers 897) disait: or... Qua propter rex Odo in eleemosynam domni et
senioris Caroli et pro salute propria... Cellam Sancti Glementis... aliaque
elargitur » .
SECONDE RACE. 49
Or, si nous remarquons que, sur notre denier, le nom de Pépin n'est
pas accompagné du titre de Rex; que cette monnaie, qui dut être émise
à un nombre considérable d'exemplaires, ne nous est parvenue que par
une seule pièce^ nous en concluerons qu elle fut frappée par les rois,
successeurs du Seigneur Pépin leur père, en l'acquit du legs fait par lui
ou par vénération pour sa mémoire, et que cette pièce, émise dans les
premières années du règne de Carloman et de Charles, fut promptement
démonétisée et remplacée par les espèces aux noms des deux jeunes rois.
Besançon (Vesontio Civîtas).
18. RXF, R et X liés, deux points entre R et F, cercle de grènetis;
B^ 9 VE— SON en deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découv. d'Imphy; poids i?'^,2g. Valeur 600 fr.
L attribution de ce denier à la ville de Besançon ne peut offrir aucune
difficulté ; sur les monnaies mérovingiennes on le trouve écrit Vesuntio
Vesuncio et Vesoncio.
Cambrai (Caharacum Civitas).
19. S RP et un sigle qui, suivant M. de Longpérier, paraît former PI? un point
sous la croisette, trois points en triangle dans TRj deux points entre R et P,
cercle de grènetis;
B^ CAMV— RACO en deux lignes séparées par une barre horizontale, deux
points à l'extrémité gauche de cette barre; M et V sont liés, ainsi que
R et A; le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P d'A.; découverte d'Imphy; poids i?'',2o. Valeur 600 fr.
Aucun doute non plus pour l'attribution de ce denier ; il représente
l'atelier de Cambrai dont le nom, sur les triens mérovingiens, est écrit
CAMARACO ou CAMERACO.
Chftlon-sur-Sadne (Cavilonnum, Cabilonnum Civitas).
20. PNRX en monogramme, trois points dans le champ, cercle de grènetis;
B^ EAVI en monogramme rétrograde I; cercle de grènetis.
Denier. Coll. deP.d'A.; découverte d'Imphy; poids iP'',22. Valeur Soofr.
Ce denier a été attribué à Cavaillon et à Chalon-sur-Saône. Le mono-
gramme s'applique beaucoup mieux au nom CAVILONNVM qu'à celui de
CABELLIO. Le premier fut du reste l'atelier mérovingien le plus ] actif
que nous connaissions, tandis que nous n'avons aucun monument
monétaire de Cavaillon.
7
5o MONNAIES FRANÇAISES.
Nous trouvons le nom de Châlon écrit des diverses manières suivantes
sur les triens mérovingiens: Cavilonnum, Cabilonnum, Cavelonum,
Cavilonum, Cabionnum.
Chartres (CARNOTiC Civitas).
21. RXP, R et X liés, quatre points dans le champ, dessous un sigle composé
d'une barre horizontale posée sur quatre traits verticaux^ le tout dans
un cercle de grènetis;
^ Saint-Chéron debout et nimbé tenant deux longues croix et accompagné
de la légende CART (peut-être CARNT), dont les lettres sont séparées
par la figure et les deux croix.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur i,25o fr.
22. RXF, R et X liés, trois points devant R.
5^ Semblable au précédent, seulement les lettres sont CARN et il y a une
croix entre les jambes du Saint.
Denier trouvé à Chartres. Coll. de P. d'A.; vente Dassy. Valeur i,25o fr.
En 1840, M. de Longpérier décrivait le n** 22 ; en i858 il ajoutait ceci:
il me paraît très probable que ce personnage nimbé est Saint-Chéron,
Sanctus Caraunus^ Tapôtre du pays chartrain. J'ajoute que la légende
CARN pourrait représenter à la fois le nom de la ville Carnotœ et le
nom du Saint CAR(au)NVS.
La légende du n** 21 ne permet pas le doute et prouve que c'est bien
le nom de la ville que Ton a voulu inscrire sur ce denier. D'ailleurs, si
l'on eût voulu y présenter le nom du Saint, on eût fait précéder les
lettres CARN d'un S ou de SCI.
En 1846 M. Cartier, publiant ce même denier, disait : a Cette curieuse
pièce CARNotis est attribuée à Chartres et ne paraît pas pouvoir l'être à
un autre lieu. Cependant, si on voulait opérer suivant le système qui
fait de chaque lettre l'initiale d'un mot, on pourrait ainsi interpréter nos
quatre lettres : Crux Adorabilis Redemit Nos^ et notre pièce, bien large
pour un denier de Pépin, serait une espèce de médaille pieuse et
royale d .
Je pense qu'il faut abandonner ce mode d'interprétation qui tendrait,
de chaque légende, à faire une sorte de charade. Cela ne me semble
pas sérieux, quoiqu'en ait pensé M. Lecoq-Kerneven qui, je crois,
malgré son grand savoir, a fait fausse route en soutenant cette thèse.
L'église de Chartres est une des sept auxquelles Pépin mourant fit
une donation <r pro animae suae remedio » .
SECONDE RACE. 5i
23. RP en monogramme, trois points dans le champ; cercle de grènetis;
^ Saint Chéron debout et nimbé, les bras étendus et tenant de chaque
main une croix; dans le champ quatre lignes verticales de points par
3, 2, 2, 3, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
24. RXF, R et X liés, I entre les deux, trois points dans le champ, cercle de
grènetis;
ÎÇr Saint Chéron debout, nimbé, portant un collier de points ou perles, les
bras étendus et tenant de chaque main une croix; dans le champ quatre
lignes verticales de deux points chacune, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 400 fr.
Planche IL
Chelles? (Calae ou Kalae Monasterium).
25. R entre deux I, le premier I entre deux points, cercle de grènetis;
5^ KAS rétrograde, croix sur TA; dans un cercle de grènetis.
Petit denier. Ma Collection Valeur 100 fr.
Cette pièce d'un très petit module ne pèse que o,go gr. ; quoiqu'elle
soit usée, ce poids est trop faible pour correspondre à un des systèmes
pondéraux des monnaies de Pépin. Aussi est-ce sous toutes réserves que
je la place ici. Elle provient de la collection Colson. Le catalogue la
donnait à Arles; cette attribution ne repose sur rien de sérieux. Je
l'attribue à Chelles (CALA ou CALiE ou CALAS) mais je n'affirme rien.
C'est une pièce à étudier.
Condé (CoNDATVM Castrum).
26. RP rétrograde formant monogramme, deux points dans le champ, cercle de
grènetis;
5^ CON, point dans 1*0^ quatre points en losange au-dessous, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
Ce denier a été trouvé dans la Meuse à Verdun en 1876. Le coin
a mal porté sur le revers ; cependant il ne me paraît pas douteux que
le dernier caractère soit un N. Le nom de Condatum peut convenir à
plusieurs localités anciennes; c'est, dit Hadrien de Valois, un vieux
nom Gaulois signifiant confluent. On aurait à choisir entre Cosne,
Candé, Condat, Cognac, etc., et enfin Condé. C'est à cette dernière
localité que je crois pouvoir, en raison du style de la monnede, du lieu
où elle a été trouvée et enfin de l'importance de cette ville, attribuer
52 MONNAIES FRANÇAISES.
notre denier. Condé était, sous la première race, une abbaye royale
très riche et très importante, fondée par saint Amand, au moyen des
dons faits par les rois Dagobert et Sigebert. Gérard de Roussillon
construisit le Castrum Condatense; détruits par les Normands, le
Castrum et l'abbaye furent rétablis par l'archevêque Brunon, vers 960.
Notons aussi que dans un testament de Vulfoald (709) il est fait don
à Tabbaye de Saint-Mihiel du Condatum in pago Barrense.
Genève (Genava) ou Vannes (Venetis Civitas).
27. 9 RPX en monogramme^ point au-dessus, cercle de grènetis ;
I^ GENII (le G me paraît très douteux), cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A; découverte d'Imphy; poids if',29. Valeur 400 fr.
Je laisse à M. de Longpérier toute la responsabilité de cette attri-
bution; pour moi jy verrais plutôt VEN, avec trait d'abréviation, et
donnerais ce denier à Vannes, dont Pépin s'était emparé en 753 et qu'il
avait mis sous la direction d'un comte frank. Voici du reste ce qu'écri-
vait le savant antiquaire :
« Éginhard dit qu'en 773 Charlemagne vint à Genève, cité de Bour-
gogne: cum toto exercitu Genuam^ Burgundiae civitatem, juxta Rho-
danum sitam, venit. Dans plusieurs de ses lettres le même écrivain
emploie cette expression: «in Burgundia, in pago Genawense...» Cer-
tainement la forme Genua explique la légende du denier d'une manière
fort acceptable. Cependant on pourrait se demander comment, ayant
à sa disposition la place suffisante, le graveur des coins n'a pas ajouté
l'A supplémentaire. La réponse à cette question se trouverait dans la
forme germanique des noms de Genève, GENF, qui représente très
exactement GENV; l'F n'a remplacé le V que parce que la pronon-
ciation a décidé de l'orthographe. A cet égard il peut être curieux de
constater l'antiquité de l'échange du V et de l'F, du B et du P qui est
un des traits caractéristiques de la prononciation germanique et hel-
vétique.
a Ainsi on trouve dans ces contrées les inscriptions SULFIS pour
SVLEVIS, FICTORINVS pour VICTORINVS, FOLKMARVS pour VOLK-
MARUS, VAVORI pour FAVORI, LABIS pour LAPIS, et, sur les monnaies
mérovingiennes PREVENDAetPREVVNDASILVA pourPROFVNDASILVA,
traduction du celtique Ar Doun (la profonde), Arduenna Silva.^ (de
Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 235).
SECONDE RACE. 53
La forme GEN pourrait aussi bien nous donner GENAPIO, Genappe,
où existait un atelier monétaire sous les Mérovingiens.
Gaddo.
28. RP en monogramme, point après le F, cercle de grènetis;
Çf GAD— DO en deux lignes dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr.; provenant de la Coll. Rousseau. . Valeur 5oo fr.
Voici le premier nom d'homme incontestable que nous rencontrions
sur les monnaies carolingiennes:
a On n'a aucune raison, disait M. de Longpérier, pour concevoir des
doutes sur la nature du nom tracé au revers de ce denier de Pépin.
Gaddo ne peut être une appelation géographique, et l'histoire nous a
conservé les noms de plusieurs personnages qui se sont nommés ainsi :
Waddo, comte de Cambrai en 576; Wado, comte de Saintes et maire
du palais de Chilpéric, etc. Tous ces individus, en orthographiant leur
nom avec un W^, suivaient le mode germanique; mais le Gaddo de
Pépin , qui appartenait sans doute au midi, adoptait la forme que dictait
la prononciation de sa patrie. C'est ainsi que l'on a, pour d'autres noms
extrêmement connus, les formes Wilhelm, WaifFer, Walter, W^arner,
et Guilhem, Gaiferos, Gautier, Garnier... » {Catalogue Rousseau,
pag. 97)-
J'ai déjà donné, à propos du denier représenté (pi. I, n'' i), mon avis
sur le système de M. de Longpérier tendant à faire de tous les noms
d'hommes inscrits sur les monnaies de la seconde race autant de noms de
monétaires. J'ai dit qu'il m'était impossible de me rallier à cette théorie.
Aux raisons déjà données j'ajoute les suivantes : Ainsi que je l'ai expliqué
ailleurs , les noms des monétaires ayant disparu sur les monnaies long-
temps avant l'avènement au trône de Pépin, il faut attribuer l'inscription
des noms d'hommes sur les deniers carolingiens à un ordre d'idées, à un
système administratif tout différent de celui qui était en vigueur sous
les rois mérovingiens. Voici, selon moi, quel était ce système:
Et d'abord qu'étaient les monétaires? M. Ch. Robert a indiqué, pour
l'administration fiscale de la première race, une théorie qui m'a paru
élucider parfaitement cette question si controversée. Suivant le savant
numismatiste, dont je crois bien rendre ici les idées, chaque localité
du royaume frank payait au souverain une redevance, soit en lingots,
54 MONNAIES FRANÇAISES.
soit en monnaie d'or romaine; cette redevance était versée entre les
mains d'un agent du fisc, ou monétaire, qui la transformait en monnaie
courante, y inscrivait le nom de la localité, comme indication de prove-
nance et son nom à lui-même à titre de garantie et de contrôle. La
somme, versée ensuite au trésor, était vérifiée par le nombre des pièces
remises. De là, dans un pays où la circulation était très difficile, la
multiplicité de ces monétaires, multiplicité dont s'arrangeait très bien
une administration aussi peu centralisée que celle des rois mérovingiens.
Quand la main puissante des Pépin et des Karle réunit tous les élémens
épars dans une centralisation merveilleuse pour l'époque où elle se
produisit , cette complication de rouages financiers , qui devait donner
lieu à de nombreuses malversations, dut prendre fin. Le monnoyage se
concentra entre les mains du prince et les monétaires disparurent.
Mais les populations guerrières qui entouradent le royaume frank
supportaient mal le joug qui leur avait été imposé ; pour les maintenir
il fut institué des chefs militaires sous les noms de comtes et marquis. Il
y eut ainsi, tout autour du royaume, une ceinture de représentants du
pouvoir central à qui devait être confiée, dans de certaines limites,
l'administration des contrées qu'ils étaient chargés de surveiller. Ils
devaient notamment percevoir le tribut et le verser, transformé en
monnaie courante, dans le trésor royal. C'est de ces comtes ou marquis
que je crois retrouver les noms sur les monnaies qui nous occupent.
C'est aussi, du reste, l'opinion de M. Barthélémy. Plusieurs auteurs
ont voulu voir dans ces deniers, assez rares, les premiers monumens
du monnoyage féodal ; mais ils se sont évidemment trompés ; le pouvoir
central était trop fort et trop jaloux de ses droits pour permettre une
semblable usurpation. Les comtes et marquis eux-mêmes disparurent
bientôt^ au moins comme chefs militaires , sur tous les points où le Roi
se trouva assez puissant pour se passer d'eux. Le trésor perçut directe-
ment la redevance due par les pays tributaires. C'est le produit de cette
redevance qui fiit, je crois, transformé en monnaie courante à la légende
METALLVM; j'y reviendrai en son lieu.
Je dis que les comtes disparurent comme chefs militaires; mais ils
restèrent un des rouages principaux de l'administration carolingienne,
et leurs fonctions me paraissent avoir eu beaucoup d'analogie avec
celles des gouverneurs de provinces pendant les grands jours de la
SECONDE RACE. 55
monarchie capétienne. Leur nombre variait avec l'étendue du royaume
et nous avons vu {Première partie^ page 114) que sous Charles -le-
Chauve, en 864, ils étaient au nombre de neuf. Quelles étaient, avant
cette date, leurs relations avec le monnoyage ? je ne sais au juste, mais
à partir de cette époque ils remplirent, à cet égard, la fonction qui fiit
plus tard celle du maître de la monnaie, toujours, bien entendu, sous
la surveillance des missi dominici.
Had?
29. PIP, au-dessous HAD, le tout dans un cercle de grènetis;
5^ RXF, R et X liés, deux points entre R et F, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 600 fr.
oc Had est un nom germanique que nous voyons se reproduire sept
fois parmi les témoins des Traditiones Corbeienses^ dont nous devons
la publication au docteur Paul Wigand. Nous trouvons encore, dans les
textes carolingiens, Hado et Haddo. Il nous paraît très probable que
Had est le nom complet du monétaire et que cette syllabe n'est pas
une abréviation de ces noms de forme plus développée qu'on ren-
contre fréquemment aux VIII* et IX* siècles, tels que Hadalbrannus,
Hadalhardus, Hadawart, Haddefonsus, Hadebertus, Hadegaudus, Hade-
gerus, Hadericus... etc. » (de Longpérier, Rev. N. Fr., pag. 2i5).
Au contraire, de M. de Longpérier, je vois là une abréviation claire-
ment indiquée par le trait placé au-dessus de HA ; c'est entre ces deux
lettres qu'il faut chercher les caractères complémentaires ; je crois, du
reste, que c'est bien là un nom d'homme, malgré l'analogie que l'on
pourrait trouver entre la légende de ce denier et celle du denier de
Parme (pi. XI, n" 166).
Herstal (Aristallium Palatinum).
30. RP en monogramme, trois points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ AR en monogramme, croix ou épée à gauche, point dans TA.
Denier. Rev. B, iSSg; trouvé à Dorestadt Valeur 35o h.
3i. RP, point entre les deux lettres, cercle de grènetis;
!Çr A, à gauche croix ou épée, à droite sigle indéterminé, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur 3oo fr.
32. RP en monogramme, cercle de grènetis;
Ij/^ Deux triangles équilatéraux se coupant de manière à former une étoile
à six pointes, au centre un A avec un point au milieu, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B. ; trouvé près de Liège Valeur 3oo fr.
36 MONNAIES FRANÇAISES.
Pour moi ces deux premiers deniers représentent bien l'atelier de
Herstal, M. d'Amécourt y joint le n® 32 et par suite, en raison du type de
Tétoile à six pointes, il ajoute à cet atelier un denier publié par Le Blanc.
Ce type des deux triangles s'est rencontré très fréquemment sur les
scéatas trouvés au nord de l'Austrasie. Ainsi M. Dirks ^ en cite : deux
variétés provenant de la trouvaille de Hallum en 1866; sept autres
variétés provenant de la trouvaille de Francker en 1868; une autre
provenant des fouilles de Dorestadt. M. Rethaan-Macaré en a trouvé
une parmi les pièces provenant des fouilles de Dombourg. Voici ce que
disait M. de Coster {Rep. B. i85q, p. 2i3) : <( Ce type des deux triangles
s'est retrouvé très fréquemment le long de la Meuse et en Hollande....
Parmi les noms de localités situées au nord des possessions de Pépin,
je n'en trouve aucun qui soit convenable pour ce type. Serait-ce trop
oser que de signaler à l'attention des numismatistes l'atelier présumé
d'Herstal. Sous le règne de Pépin et pendant les premières années
de celui de Charlemagne, le nom latin d'Herstal s'écrivait simultané-
ment par A et par H ; ainsi en 732, l'année de l'avènement de Pépin,
un diplôme est daté: Actum Aristalio palatio publico ; un diplôme de
770 : porte Haristalio palatio publico ; en septembre 772, Aristallio
palatio ; en décembre 772, Haristallio palatio. On trouve encore un
diplôme de Louis P% de la dix-huitième année de son règne : Actum
Aristallio palatio regio. La situation topographique de l'arrondissement
de Liège, où le français est la seule langue des habitants, offre cette
circonstance remarquable qu'il est en grande partie environné de peuples
parlant l'allemand ou le flamand. Ainsi à Landen, Maëstricht, Aix-la-
Chapelle et Herbersthal, la langue mère est flamande ou allemande.
Or l'allemand aspire la lettre H et on comprend que, selon leur origine
allemande ou française, les moines et secrétaires qui rédigèrent les actes
et diplômes royaux ont pu écrire indifféremment Aristallium ou Haris-
tallium.... Les graveurs des monnaies d'Herstal (situé à deux lieues de
Liège), issus probablement de familles liégeoises, ont adopté la forme
Aristallium. »
M. de Coster pense que la croix à long pied placée devant A est une
^ Les Anglo-Saxons et leurs petits deniers dits Sceatas. Essai historique et numismatique par
J. Dirks. Bruxelles 1870.
SECONDE RACE. 57
épée et la rapproche de la hache ou francisque qui se trouve sur les
monnaies de Dorestadt.
M. d'Amécourt, adoptant l'opinion de M. de Coster, ajoute: «Très
probablement, l'étoile mise aux initiales AR, formait, dans l'intention du
graveur, un type parlant : AR — Stella pour Aristallium. C'est un rébus
tout-à-fait dans le même goût que ceux qui ont été signalés sur un certain
nombre de monnaies mérovingiennes. » {Annuaire de la Société de
Numismatique 1869, p. 3o8). Lelewel (pi. VI, n** i) publie le denier
suivant de petit module avec une étoile à l'avers comme au revers.
Mais ces étoiles ne sont pas formées de la même manière que celle
des pièces attribuées à Herstal, série à laquelle appartiendraient plutôt
le denier que j'ai cité plus haut d'après Le Blanc, et qu'on trouvera
gravé, pi. IV, n"* 83, ainsi qu'un autre de petit module dont voici le
dessin ci-dessous et qui appartient au Musée de Bruxelles.
M. de Longpérier attribue à l'atelier de Clermont le denier de petit
module gravé ci-dessus, d'après Lelewel, et ajoute : « Le double astre se
retrouve accostant les deux capitales AR qui forment, sans légende,
le type du revers d'un tiers de sol mérovingien frappé à Trézac
(TRVSCIACOFIT) près de Mauriac en Auvergne, On peut voir, dans
Bouteroue, trois autres tiers de sol avec les lettres AR et l'étoile. Carlo-
man, frère de Charlemagne, a frappé aussi à Clermont un denier publié
depuis longtemps par Le Blanc. i> {Rev. N. Fr. i858, p. 239).
Langres (Andomatunum Civitas).
33. RXP, R et X liés, point dans le P, cinq points et un I ou S dans le champ,
cercle de grènetis;
^ Monogramme présentant les lettres AN DO, trait au-dessous, quatre points
dans le champ.
Denier. Coll. de P. d*A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 5oo fr.
8
58 MONNAIES FRANÇAISES.
Voici un denier qui est incontestablement de la même famille que le
n** 2 de la pi. IV ; s'il représente une localité, cette localité doit être très
voisine de celle que représente le n° 2 ; pour moi les deux pièces sont
le produit d'un seul et même atelier, celui de Langres dont le nom
ancien s'écrivait indifféremment Andematunum ou Andomatunum.
Cette opinion n'est pas celle de M. de Longpérier qui veut y reconnaître
le nom du monétaire Andomundus, non plus que de M. de Coster, je
crois, qui lit LAVDVNO et donne le denier à la ville de Laon. Pour
arriver à cette lecture, M. de Coster joint à la première barre verticale
du monogramme la barre horizontale qui en aurait été séparée par une
fracture du coin. Si les deux deniers n** 2 et n® 33 représentent chacun
un atelier monétaire, il faut, ainsi que je l'ai dit, que ces ateliers soient
très voisins l'un de l'autre. Or, je ne vois pas, près de- Laon, non plus
que près de Langres, une localité ancienne dont le nom commence par
ANDE. Nos deux deniers seraient donc le produit d'un seul et même
atelier, celui de Langres.
Je ne serais pas étonné cependant que des découvertes ultérieures
vinssent confirmer l'ingénieuse hypothèse de M. de Coster, et rendre
ce denier à l'atelier de Laon dont nous retrouverons les produits sous
le règne de Charlemagne.
Le Mans (Cinomanncvm ou Cenomanmcvm Civitas).
34. TTKP, point après P, cercle de grènetis;
iÇf CINMA, les trois dernières lettres sont liées; en dessous une barre hori-
zontale, le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 5oo fr.
L'attribution de ce denier à la ville du Mans ne me semble pas devoir
soulever de difficultés. Dans les annales de Metz on trouve: Pippinus
princeps francorum Gripponi Cinomonnicam urbem cumXII comitatibus
dédit ; les Gesta Francorum nous donnent la forme Cenomannicum.
Louvain (Lovanivm?)
35. RXF, R et X liés, point entre R et F, cercle de grènetis;
5^ •'•VAN 10 en cercle autour d'un O ou d'un A, cercle de grènetis.
Denier fracturé. Découverte d'Imphy.
Cette attribution à la ville de Louvain, que je crois bonne, a été
donnée par M. de Longpérier {Rep. N, Fr. i858, p. 224) dans un article
SECONDE RACE. 59
que je transcris ici : or C'est avec la plus grande réserve que je propose,
jusqu'à nouvel ordre, d'attribuer ce denier à Louvain, lieu ancien dont
l'histoire primitive est fort mal connue.
En 884 les Normands vinrent établir leur camp à Louvain près de la
Dyle : Nordmanni propè fluvium Clila, loco qui dicitur Lovonnium
securi considerunt. Les annales de Saint -Waast nomment ce lieu
Lupanium; celles de Fulde, Lovonnium et Lovon, et cette dernière
forme se retrouve dans Réginon.
Lovonnium provient-il d'une erreur de copiste , Lupanium ou Lopa-
nium doivent-ils être préférés, et la monnaie nous donne-t-elle le droit
de rectifier les textes, ainsi que la forme moderne du nom pourrait nous
conduire à l'admettre? Ce sont des questions qu'il serait imprudent,
sans doute, de trancher en présence d'un monument mutilé que la
découverte d'une monnaie bien entière viendra peut-être expliquer
définitivement. »
Lyon (LvGDVNVM Civitas).
36. RP en monogramme, cercle de grènetis;
5^ LVG, dans un cercle de grènetis.
Petit denier, publié par Fougère Valeur 450 fr.
Ce denier, à flaon très épais, a dû, dit Fougères, être frappé par
Pépin avant son édit de Verneuil; c'est tout-à-fait une imitation des
monétaires d'argent, remarquables par la brièveté des inscriptions. Son
poids est de 18 grains. {Rep. N. Fr. 1839, p. 96.)
Un autre denier, de même module, a été publié par M. Cartier dans
la Rep. N. Fr. iSSg, p. io5 ; il semble être à peu près de la même
époque que le précédent; M. Cartier y lit le nom de Pépin; pour moi
je doute ; son poids est de 23 grains. En voici le dessin :
M. de Ponton d'Amécourt a donné, dans ï Annuaire de la Société
de Numismatique .^ année 1866, p. 121, le dessin d'un denier fracturé
de Pépin portant les légendes : RXF en monogramme, trois points dans
le champ; 5^,.. VG, trait d'abréviation au-dessus, point dans le G.
6o MONNAIES FRANÇAISES.
37. RP liés dans un cercle de grèneiis;
5^ LV, point dans le V, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 5oo fr.
Haêstricht (Trajectvm ou Trijectvm Castrum).
36. TFRj T et F liés, croisette en dessous, quatre points dans le champ, cercle de
grènetis;
5^ Rosace formée par quatre figures que M. Dirks appelle des boucliers,
mais que je ne saurais définir; dans le champ quatre groupes de trois points,
point au centre, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 5oo fr.
39. RXF, R et X liés, point au centre, cercle de grènetis;
5^ semblable à celui du n® 38.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 5oo fr.
Ces deux deniers ont reçu des attributions différentes. J'ai cru d'abord
pouvoir les donner à Strasbourg, mais l'étude attentive des saïgas au
même type, trouvés en Frise, a dû me faire changer d'opinion. Avant
de dire à quelle attribution j'ai cru devoir me fixer, je vais rappeler ici
ce qu'en a dit M. de Longpérier dans son étude sur les deniers des
trésors d'Imphy :
«Le type du revers de ce denier se retrouve identiquement gravé
sur des deniers d'argent mérovingiens, qui paraissent appartenir au com-
mencement du huitième siècle... ; l'un d'eux porte une tête à gauche,
accompagnée d'un A et d'une croix.... Dans le recueil de Paul Pétau on
voit un denier de même espèce, sans A, présentant une tête accompagnée
d'une croisette et de deux groupes de trois points...
La rosace trilobée se remarque sur des deniers de Regnalf et d'Aulaf,
rois du Northumberland, mais ces pièces appartiennent au commence-
ment du X** siècle....
Un denier d'argent, publié par M. Rethaan-Macaré, porte encore ce
même dessin, accompagné d'un groupe de trois points; c'est une pièce qui
doit avoir été fabriquée pendant la première moitié du huitième siècle....
Quoique l'ornement qui forme le type de ce denier n'ait que trois pétales,
il a cependant la plus grande analogie de dessin et d'agencement avec
celui qui se voit sur les deniers de Pépin... On y observe le même
groupe de trois points. M. Rethaan-Macaré a lu, du côté de la tête,
QVINT.P.X. qu'il traduit par Quintilius pater patriœ. En examinant
bien le dessin, nous croyons y trouver QVINTIEP, et au revers, là où
SECONDE RACE.
6i
le savant Zélandais croit reconnaître des runes, nous proposons de lire
Ab.bA.TI. Si nous nous rappelons qu'au commencement du huitième
siècle, Quintilien, abbé de Saint-Germain d'Auxerre, devint évêque de
cette ville, si nous tenons compte du caractère A (Autissioderum) inscrit
sur un denier décrit plus haut, nous arriverons peut-être à attribuer à
la célèbre abbaye de Saint-Germain la monnaie publiée par M. Macaré,
et cela avec d'autant plus d'apparence de raison, que cette monnaie,
trouvée à Dombourg, avec un tiers de sou d'A vallon, offre, du côté du
buste, une frappante analogie de style avec le précieux denier à la légende
AVTIZIODEROCI que Ton conservée dans le cabinet de la Bibliothèque
impériale, d {Rei^. N. Fr. i858, p. 210.)
Quand M. de Longpérier écrivait ce qui précède, il ne connaissait pas
le denier de Charlemagne frappé à Maestricht (pi. VII, n"* 70); il ne
pouvait non plus connaître les saïgas trouvés en Frise en 1866 et 1868
et dont l'existence nous a été révélée par le remarquable travail publié
dans la Rev. N. B. par M. Dirks et reproduits ci-dessous en 1870.
Nous trouvons, dans les dessins donnés par le savant auteur hollandais,
quatre deniers d'argent à ce type qu'il nomme du bouclier, et que
M. d'Amécourt nomme plus justement des anneaux, car il représente
exactement deux anneaux entrelacés. Ces deniers sont très précieux
pour nous, car ils fixent d'une manière certaine le point où ont été
frappés les deux exemplaires du trésor d'Imphy. J'ai joint à ces quatre
dessins la reproduction des deux saïgas trouvés à Dombourg, afin de
mettre sous les yeux du lecteur toutes les pièces du procès, faisant
remarquer toutefois que les trouvailles faites à Dombourg sont des
trouvailles de pièces isolées, ne permettant pas les déductions rigou-
reuses que l'on peut tirer d'un ensemble de pièces recueillies à la fois
dans un même lieu.
Quant à ce qui concerne le denier de Dombourg reproduit par M. de
Longpérier, remarquons que la légende QVINT peut aussi bien donner
62 MONNAIES FRANÇAISES.
Quentinus ou tout autre nom de ce genre que le nom de Quintilien.
Remarquons de plus que la rosace du revers est une rosace trilobée qui
ne reproduit qu'imparfaitement celle des deniers de Pépin. Cette pièce
est de la même famille que les cinq autres, mais elle peut très bien ne
pas provenir des mêmes ateliers. Pour ceux-là, au contraire, nul doute
possible. Ils sortent tous du même lieu. Leur présence, dans les deux
trésors de Francker et de Hallum, qui ne renfermaient que des sceatas
anglo-saxons ou austrasiens, les cantonne dans le nord de TAustrasie.
De plus le monogramme formé des lettres T et F qui se trouve sur le
premier des deniers d'Imphy, de manière à former PRXFT, mono-
gramme semblable à celui du denier de Charlemagne, nous donne le T
comme première lettre du nom de l'atelier. Ajoutons enfin que la
similitude, on pourrait presque dire l'identité de type de nos deniers
d'argent avec les tiers de sol mérovingiens frappés à Maëstricht, ne
peuvent laisser aucun doute ; c'est à l'atelier de Trijectum ou Maëstricht
que doivent être donnés les deux deniers n** 38 et 39.
Hayence (Mogvntiacvs, Magontiacvs Civitas).
40. RP en monogramme, point dans TR et sous la boucle du P, cercle de grènetis;
^ 9 MAOCCS en trois lignes dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur 3oo fr.
41. RXF, R et X liés, au-dessus une petite croisette, deux points entre R et F,
cercle de grènetis;
5f ^ MADGCS, trois points accostent les lettres C et S, le tout dans un
cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 3oo fr.
Dans la lettre du pape Zacharie, qui érige en Métropole Tévéché de
Mayence, xMaëstricht est appelé Trectis.
Le n*" 40 a été trouvé sur la plage de Dombourg en i858 et décrit par
M. Rethaan-Macaré dans la Reu. N. Fr. i858, p. 457.
Aucun auteur n'a élevé de doutes sur Tattribution à Mayence de ces
deux deniers. 11 ne semble pas qu'il puisse y en avoir. Cependant aucune
autre monnaie ne nous présente un assemblage de lettres semblant,
autant que celles de la légende du revers, prises au hasard dans le
nom de Tatelier ; pourquoi n'y trouve-t-on ni le N ni le T ni le V ? Ce
mode d'inscription sur les deniers de Mayence n'est pas spécial au règne
SECONDE RACE. 63
de Pépin; nous le retrouvons aussi sous Charlemagne, Quant au nom
même de la ville, voici ce que dit M. de Longpérier:
« Tacite qui , dans le IV* livre de son histoire , nomme dix fois
Mayence , n'a pas fait usage du nominatif. (Magontiaci , Magontiaco,
Magontiacum); il en est de même de l'Itinéraire cfAntonin (Maguntiaco).
Ammien Marcellin dit Moguntiacus, et c'est aussi MOGVNTIACVS que
nous lisons sur un tiers de sol mérovingien.
Sur quinze passages dans lesquels Éginhard parle de Mayence, un
seul contient le nom de la ville au nominatif, et les manuscrits présentent
les variantes Moguntiacum et Maguntiacus... » {Rev. N. Fr. i858, p. 246.)
L'auteur des Lectiones Sancti -4i/r^2 l'appelle Moguntia; ainsi font
Florus et Eutrope.
Heaux (Meldis Civitas).
42. RP en monogramme^ point dans et sous la boucle du P^ petit point au
centre, cercle de grènetis;
5^ MELDIS en monogramme^ ME liés ainsi que LDI, groupe de trois
points sous M, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
La lecture des légendes ne peut offrir aucune difficulté ; c'est bien à
Meaux que cette pièce a été frappée. Elle a été trouvée dans les dragages
de la Saône à Lyon.
Hilon.
43. PRE, petite croisette pommetée en dessous, cercle de grènetis;
5f MIL— O en deux lignes, cercle de grènetis.
Ce denier peut être considéré comme la tête du monnoyage caro-
lingien en Aquitaine; il a encore le module et le poids des deniers
mérovingiens. On s'accorde à le regarder comme portant au revers le
nom du comte de Narbonne, Milon. Je ne m'explique pas le trait
d'abréviation placé au-dessus du nom du comte.
B. Fillon qui, le premier, a publié ce denier {Monnaies féodales de la
Coll. Rousseau et Lettres à Dugast-Matifeux)^ avait d'abord vu dans ce
petit monument une monnaie frappée par un certain Milon, chef indi-
gène, Goth d'origine, qui avait fait alliance avec Pépin et avait aidé à
lui faire livrer Narbonne. Le gouvernement de la province, où il com-
mandait peut-être déjà fort jeune, aurait été la récompense de ce signalé
64 MONNAIES FRANÇAISES.
service. Plus tard, M. Fillon, se rangeant à l'avis générai, y reconnut
une monnaie royale frappée au nom de Pépin, mais par un comte
indépendant du pouvoir royal.
Ce comte Milon est-il le même que nous retrouvons sous Charle-
magne? je ne le crois pas. J'en donnerai les raisons plus tard. En tous
cas je vois dans le denier ci-dessus une des premières monnaies émises
par les comtes et marquis comme représentans du pouvoir central.
Nantes T (Namnetis ou Namnetas Civitas).
44. PIPIN RFX FR en monogramme^ les deux I sont contenus dans les boucles
du P et de l'R, un petit point dans TF, cercle de grènetis;
5^ HA? croisette au-dessus de TA^ cercle de grènetis.
C'est à M. Bigot que nous devons la description de ce denier en fort
mauvais état et sur lequel il lit NA comme initiales de Namnetis. Voici
du reste ce qu'écrivait le savant antiquaire breton :
ce J'attribue à Nantes cette curieuse monnaie trouvée aux environs de
Josselin (Morbihan). Pépin, comme on le sait, vint en 753 prendre
Vannes et réduire la Bretagne qui refusait les tributs imposés par les
rois mérovingiens. Maître de la Bretagne par droit de conquête, il a dû
exercer, comme les rois franks, les droits régaliens et frapper monnaie à
son effigie. 11 existe, je le sais, un denier de Pépin, portant au revers les
lettres NR et attribué à Nar bonne. Notre denier, portant les initiales
HA, ne peut être attribué à la même ville et je crois qu'il peut être
revendiqué par Nantes. Le lieu de la trouvaille vient encore à l'appui
de mon opinion». {Rev, N. Fr. i855, p. 3g.)
Narbonne (Narbo^ Narbona Civitas).
45. RXF en monogramme, point entre R et F, cercle de grènetis;
5^ NR, trois points dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
L'attribution faite à Narbonne par Combrouse n'a jamais été discutée.
Ce denier à la légende NR se place naturellement après celui qui a été
publié ci-dessus aux noms de Pépin et de Milon.
Neuss? (NvEssio) ou Sens ou Soissons.
46. RXF en monogramme, cercle de grènetis-
5^ NVESSIO en légende circulaire autour d'une rosace à quatre pétales,
rV et l'E sont liés, ou SEV-SION.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy, poids i?*" 33. Valeur 5oo fr.
SECONDE RACE. 65
47. RP en monogramme, deux points dans le châmp^ cercle de grènetis;
5^ SE.NOIS oa N.3SSIO ou SE.SSION suivant qu'on lit en légende
circulaire ou en deux légendes demi-circulaires autour d'une croix
pommetée; cercle de grènetis.
Denier fracturé. Coll. Salmon Valeur 600 fr.
Les deux légendes du revers, qui paraissent les plus régulières sur ces
deux deniers, sont celles où Ton lit NVES510 ou SENNOIS en
admettant que la lettre qui manque au n" 47 soit un N. Cependant ni
Tune ni l'autre de ces deux lectures ne me paraît satisfaisante. Neuss,
proposé par M. de Longpérier, n'a frappé monnaie ni avant ni après
Pépin, et cependant son importance était la même à ces diverses
époques; il n'en est pas, de cette ville, comme de Quentowic, Cluse,
Dorestadt, etc. qui, exposés aux invasions des Normands, ont vu la
ruine complète succéder à une splendeur très grande.
Quand à Sens, si nous examinons le monnoyage de Charlemagne,
nous trouvons, attribués à cette ville, des deniers portant les légendes :
Sen, Sennes; si nous y ajoutons Seunois ou Sennois, ce sera beaucoup
de formes différentes pour un seul atelier.
Pour moi je préférerais voir, dans les deux deniers n® 46 et n® 47, un
produit de l'atelier de Soissons SEV-SION pour SVESSION. Nous
verrons cette forme de légende en deux lignes semi-circulaires employée
sur plusieurs deniers de Charlemagne. Soissons était une des villes
principales du royaume frank et, immédiatement après la mort de Pépin,
Carloman en fit la capitale de ses états. Il serait donc bien étonnant
qu'il n'y eût pas eu là un atelier monétaire.
Voici, du reste, ce que disent MM. de Longpérier et Salmon, chacun
à l'appui de son opinion :
ce... Au nord-est de la Gaule nous observons la croix pommetée sur
les deniers de Strasbourg, Verdun, Aix-la-Chapelle, Mayence.... La
pièce qui nous occupe porte le type d'Aix-la-Chapelle, et c'est près de
cette ville qu'elle a été frappée. (Neuss, situé un peu au midi de Dussel-
dorf, forme à la gauche du Rhin, avec Aix-la-Chapelle et Cologne, un
triangle isocèle dont la base s'appuie au fleuve et dont le sommet est
à Aix.)
Neuss est cité neuf fois par Tacite ; les Romains nommaient cette
ville Novesium.... Les copies de V Itinéraire d'Antonin donnent, suivant
66 MONNAIES FRANÇAISES.
les âges, Novensio^ Neuesio, Neuensio, Nopessio. L'NS et le double S
étaient amenés par la prononciation ferme de TS entre deux voyelles,
rS n'usurpant pas alors la valeur du Z. D'autre part NV est l'équivalent
de NOU. On aperçoit l'identité de Nuessium et de Nouesium,.,,
Un autre denier de Pépin, frappé à Nuessium^ a été publié dans la
Rev. N, Fr. 1854 et attribué à Sens. Ce denier est cassé et la fracture,
qui a emporté le V, eq épargnant l'E et l'N, permettait de lire SE.NOIS
pour SenonisT) (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 2i5).
Voici d'autre part ce qu'a écrit M. Salmon: «... Des triens de l'époque
mérovingienne il fallait passer à Louis -le -Débonnaire pour trouver
des traces de la fabrication sénonaise. Nous sommes heureux de faire
disparaître aujourd'hui une de ces lacunes. 11 est manifeste désormais que
Pépin-le-Bref a frappé monnaie à Sens... En vain voudrait-on lire, au
revers du denier que nous décrivons, la légende dans le sens inverse et
prétendre que SIGNES signifie Sion en Valais.... jamais SIGNES n'a été
l'appellation latine de Sion. (Salmon, Rev, N. Fr. 1854, p. 186).
Nevers (NevernvMj Nivernvm^ Nevernis Civitas).
48. RP en monogramme^ deux points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ NE en monogramme, dans le champ un point et deux sigles indéter-
minés, cercle de grénetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 400 fr.
M. de Soultrait, qui le premier a publié cette pièce, l'attribue à Nevers
en disant : a les seules villes qui puissent réclamer cette pièce sont
Nevers et Nîmes. Or, à cette époque Nîmes était entièrement ruinée,
tandis que Nevers était alors une cité florissante plusieurs fois visitée
par le roi». Cette assertion n'est pas très exacte et plusieurs localités
telles que Nelf (Néaufle), Nemus ou Nemoux (Nemours), Nemetae
(Spire) etc., avaient les mêmes initiales. Cependant je ne vois aucune
raison sérieuse pour les préférer à Nevers.
Planche III.
Noyon (Noviomagvs, Noviomvs Civitas).
49. RP en monogramme, deux points dans le champ^ cercle de grénetis;
!Çf NO— VINO— MO en trois lignes séparées par des traits horizontaux,
cercle de grénetis.
Denier. Ma collection Valeur 55o fr.
SECONDE RACE. 67
or Nous ne pensons pas que cette légende puisse être interprétée de
deux manières et nous croyons que le nom de Novinus^ suivi de la
syllabe MO qui, sur un grand nombre de tiers de sou mérovingiens,
marque l'office de monétaire, ne sera pris par personne pour le nom
d'un comte.
Novinus peut être latin ou frank. Novius est un nom de famille romain
très répandu; Novinus en serait le dérivé, comme Antoninus Test d'An-
tonius, comme Plotinus de Plotius et Martinus de Martius. Les formes
secondaires telles que Rufinus, Probinus, Justinus, Jovinus, Celsinus,
Severinus, Firminus, Valentinus, sont fréquentes dans le bas temps.
Il se pourrait aussi que Novinus appartînt à la famille germanique
comme Nowinus, Nortvinus, Rodowinus, Hadvinus, Ovynus, Redwi-
nus, Amalvirus, Odalwinus etc., groupe très riche dans lequel il faut
comprendre une multitude de noms où le V est remplacé par un O :
Adoinus, Altoinus, Ansoinus, Benoinus, Bertoinus, Randoinus, Teudoi-
nus, etc. D (de Longpérier Rep. N. Fr. i858, p. 336).
De son côté M. J. de San-Quintino a écrit :
<r....Si Ton pouvait voir, dans la dernière ligne MO l'abrégé deMone-
tarius, cette pièce serait bien curieuse et devrait avoir été frappée au
commencement du règne de Pépin, lorsqu'il n'avait pas encore entrepris
la réforme du système monétaire mérovingien; ce Novinus fermerait
la liste des monétaires. Mais il est beaucoup plus probable qu'il faut lire
lAOneta ou lAOnasterium ^ NOVINO est peut-être le nom corrompu de
Noyon; on a des pièces mérovingiennes et des carolingiennes avec
NOVIOMO, NOVIOMONT, NOVIOIM.» (J. de S. Quintino, Rev. N. Fr.
184T, p. 56).
J'ajouterai qu'une monnaie mérovingienne, décrite par M. de Long-
périer {Catalogue Rousseau^ p. 64) et portant la légende NOVIOMO, est
attribuée par lui sans conteste à la ville de Noyon.
Paris (ParisiIj Parisios Civitas).
5o. RP en monogrammCj point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
!Çr Croix ancrée supportant deux appendices verticaux, croisette au-dessus,
cercle de grènetis.
Denier. Ma collection -, vente Dassy Valeur 450 fr.
Sur un autre exemplaire appartenant à M. d'Amécourt, la croix est
accostée de deux annelets.
68 MONNAIES FRANÇAISES.
« . . . . La croix ancrée s'est localisée sur les deniers de Paris avec une
forme toute spéciale déterminée par Timmobilisation des pendentifs qui
représentent , indépendans dans l'origine, maintenant attachés aux bras
de la croix, les deux symboles chrétiens A et (0 » (de Ponton d'Amécourt,
Annuaire 1869, p. 32 1).
M. d'Amécourt rapproche aussi de ce denier un tiers de sol méro-
vingien portant en légende PARISIVS et dont la croix ancrée du revers
est identique à celle des deniers de Pépin.
Cette opinion, du reste, est aussi celle de M. Cartier {Rep. N. Fr.
1837, p. 259).
Quentowic (Qventovvicvs, Vicus ou Portus).
5i. RXFj R et X liés, deux points superposés entre l'A et l'F^ cercle degrènetis;
3^ Légende en deux lignes qui semble composée des lettres QVCCI— VVIC,
les deux lignes séparées par un trait horizontal, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 200 fr.
52. La légende du revers de ce denier qui a été publié par la Rev. B, de 1859
pourrait se lire QVEN-VVIC Valeur i5o fr.
53. Sur ce denier, qui fait partie de ma collection, on lirait plutôt au revers
aVCDl.-VVIG Valeur i5o fr.
54. Enfin sur le revers d'un denier, qui appartient au musée de Laon et qui est
très rogné, on ne lit plus que QVC— VVYF, la seconde ligne écrite en
boustrophédon.
La détermination du lieu où ont été frappés ces deniers est assez
difficile; les caractères des légendes sont bizarres; aussi ai-je réuni tous
ceux que j'ai pu rencontrer pour permettre Tétude par comparaison.
La plupart des auteurs veulent y lire le nom de Quentowic, ce port si
important, situé probablement à l'embouchure de la Canche (QUANTIA
et CANCIA) qui a complètement disparu dans le courant du X* siècle.
M. Cartier lit QVANfm-VVICws, sur le n^ 52 je lis QVEN-VVIC, sur le
n** 53 M. de Longpérier a lu le nom du monétaire DVODIVVIGKw^J, je
ne transcrirai pas ici l'étude du très savant antiquaire. Il me semble
trop évident qu'il n'y a pas ici un nom d'homme, sans quoi la légende
serait régulière, uniforme, et ne nous montrerait pas des dégénérescences
telles que celles des n®* 53 et 54. Si c'est un nom de lieu, je n'en vois
pas qui 3 aussi bien que celui de Quentowic, soit représenté par ces
diverses légendes.
SECONDE RACE. 69
Reims (Remi^ Remis Civitas).
55. RP en monogramme^ six points dans le champ^ cercle de grènetis;
3^ R entre deux croisettes pommetées, point dans TR^ trois points en ligne
horizontale au-dessus de la croisette de droite^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; découverte d'Imphy; poids moyen sur 8 deniers
i»»'^28 Valeur 100 fr.
Ce type est le plus commun de tous ceux que nous présente le règne
de Pépin; les divers exemplaires que j'ai vus ne diffèrent que par la
disposition des points placés dans le champ. Cependant M. Marc Verly
{Numismatique Rémoise^ p. 29) donne un dessin où le revers ne présente
qu'une seule croisette non pommetée.
M. deLongpérier hésite entre Reims et Rouen pour le nom de l'atelier
où ont été frappés ces deniers; M. Marc-Verly fait remarquer, avec
beaucoup de raison, que la croix pommetée est spéciale à l'est du
royaume frank, au moins pour ce qui concerne le trésor d'Imphy. Quant
à moi, je généraliserai cette observation en disant que je n'ai trouvé
cette croisette pommetée sur aucun denier de Pépin autre que ceux qui
ont été frappés dans ce qui fut plus tard le Lotherrègne. Je ferai
remarquer en outre que l'importance de Reims était, à cette époque, de
beaucoup supérieure à celle de Rouen et que de plus, la dernière de ces
villes se trouvant bien plus éloignée que la première du point où a été
faite la découverte d'Imphy, toutes les circonstances, tous les raisonne-
ments concordent à faire choisir Reims comme le lieu d'émission de ces
deniers à l'R.
56. LABi, dessous croisette cantonnée de quatre points^ deux points dans le
champ, cercle de grènetis;
5^ REM, au-dessous trois points en ligne horizontale, le tout dans un
cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 600 fr.
Ce denier, très intéressant, viendrait, si mon attribution est admise, à
l'appui de ce que j'ai dit au sujet du denier de Gaddo; il est complètement
inadmissible qu'à Reims, au centre du royaume de Pépin, un seigneur
ait pu se trouver assez indépendant ou assez osé pour prétendre sub-
stituer son nom à celui du roi, encore moins l'eût pu faire un monétaire.
Cest donc je crois un comte ou marquis (Landbertus peut-être) qui,
chargé de l'administration d'une partie des frontières orientales, a mis
70 MONNAIES FRANÇAISES.
son nom sur la monnaie; mais par une erreur du monnoyer, au lieu de
mettre ce nom au revers de la pièce, c'est au droit qu'il a été placé. Je
ne me cache pas cependant que, en présence de l'activité de l'atelier
royal de Reims, la présence en cette ville d'un comte des marches
orientales s'explique difficilement. Aussi ne donnai-je mon attribution
que sous toutes réserves.
Rufach (RvFiANA Oppidum).
57. RXP formant monogramme, R et X liés, deux points dans le champ, cercle
de grènetis ;
5^ RVFIANA en monogramme, toutes les extrémités des lettres pommetées,
un point sur TA, cercle de grènetis.
Denier. Coll. Chappcr Valeur 5oo fr.
Ce denier a été publié pour la première fois par M. Roman qui a
cru pouvoir y lire GRATIAN et l'a attribué par conséquent à Grenoble.
Mais outre que le style de ce denier le reporte nécessairement au Nord-
Est, il est évident pour moi que la première lettre de la légende du
revers est un R. La barre d'abréviation s'étant, par un défaut du coin,
trouvée recourbée, a conduit mon savant ami à cette lecture Gratian. Si
l'on examine l'R du revers et qu'on le compare à celui du droit, on
verra que c'est avec intention que Ton a élargi la lettre par l'allonge-
ment des traits horizontaux de manière à ce qu'il donne en même
temps l'F et conduise à la lecture Rufiana.
Voici ce que dit de Rufach Hadrien de Valois :
a Rufiana nomine latino donatur a Ptolemaeo, ponitur que (si bene
memini) in Sequanis : cujus situm loci ab eo maie designari ait Cluverius,
et Rufach nunc dici : quod est oppidum superioris Alsatiae, Columbario
proximum sive Colmariae. »
Saint-Cirgue (Sancti cirici Monasteriunî) .
58. RP en monogramme, un point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
IjC SCICI-RICI en deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy; poids i v^ 32 Valeur Soofr.
«Le premier nom géographique auquel fasse penser Saint-Cyr
(Sanctus Ciricus ou Quiricus), c'est assurément Nevers dont la cathédrale
a pour patron le martyr de Tarse. Pépin vint à Nevers en 763, ainsi
que l'attestent Eginhard et le continuateur de Frédégaire; aussi
SECONDE RACE. 71
connaissons-nous un précieux denier de cette ville frappé au nom
du fondateur de la seconde race. Mais la cathédrale était alors sous
rinvocation de la Vierge et des saints Gervais et Protais. C'est en 817
qu'elle fut mise sous la protection de Saint-Cyr; par conséquent ce saint,
à l'époque où les deniers d'Imphy ont été frappés, ne pouvait pas désigner
la ville. D'ailleurs le nom au génitif indique une abbaye.
Nous ne saurions songer à celle de Saint-Cyr, près Noisy, au diocèse
de Chartres, puisqu'elle fut fondée par l'évêque Robert, qui mourut en
1 164.
Mais nous n'hésitons pas à attribuer le denier de Pépin au monastère
de Saint-Cirgues (apud Arvernos), fondé au temps de Sidoine
Apollinaire par l'abbé Abraham, dont Grégoire de Tours a écrit la vie.
Le nom de Sanctus-Ciricus est devenu Saint-Cirgues, de même que
Pagus Rutenicus a produit Rouergue; Dominicus, Doumergue,
Canonica, Canourgue. (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 238)».
Sainte-Croix (Sanct/e— crvcis Monasterium).
59. RP en monogramme, deux points dans le champ, cercle de grènetis ;
5^ Débris de la légende SCICRVCIS autour d'une croix potencée à pied
fiché dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d*A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
60. RXF, R et X liés, T entre R et F, cinq points dans le champ, cercle de
grènetis;
5^ Même légende SCICRVCIS autour de la même croix, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.- découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
Le trésor d'Imphy contenait un autre denier au vocable de Sainte-
Croix, que M. de Longpérier a reproduit et dont les légendes étaient un
peu moins barbares.
« La faute d'orthographe Sancti-Crucis pour Sancte-Crucis se retrou-
vera sur les deniers de Carloman et Charlemagne faisant partie de la
trouvaille d'Imphy.
Tous ces deniers ont été frappés dans le même lieu; leur type commun
en est la preuve irréfragable. On peut hésiter entre diverses abbayes
placées sous l'invocation de Sainte-Croix, mais il en est plusieurs que
la comparaison des dates exclut :
Le monastère de Sainte-Croix de Bordeaux avait été détruit par les
Sarrazins en 732. Il reste encore le monastère de Sainte-Croix de Paris,
72 MONNAIES FRANÇAISES.
beaucoup plus connu sous le nom d'abbaye de Saint-Germain-des-Prés,
le monastère de Sainte-Croix de Meaux, qui devint plus tard Saint-Faron,
et enfin le monastère de Sainte-Croix de Poitiers.
Sainte-Croix de Paris était, en ySo, sous le vocable de Sainte-Croix
et Saint- Vincent... Plus tard, en 772, le titre de Sainte-Croix disparaît...;
enfin, en 786, le nom de Saint-Germain a remplacé complètement celui
de Sainte-Croix et de Saint-Vincent.
... Sainte-Croix deMeaux, quoique très considérable, me paraît cepen-
dant devoir céder le pas à Sainte-Croix de Poitiers
Le type des deniers de Pépin, de Carloman et de Charlemagne, cette
croix potencée à pied fiché, nous était connue sur des deniers d'argent
mérovingiens.
. . . C'était là probablement l'image d'une croix d'orfèvrerie exécutée en
l'honneur du morceau de la vraie croix que Sainte-Radegonde, quatrième
femme de Clotaire T', avait fait parvenir d'Orient pour le donner au
monastère dont sa sœur Agnès fut première abbesse... » (de Longpérier,
Rev. N. Fr. i858, p. 218).
Plus loin à propos du denier de Carloman (pi. IV, n** 8) nous lisons :
« 11 est assez difficile de s'expliquer comment Carloman a pu battre
monnaie en Aquitaine. 11 est probable qu'aussitôt après la mort de
Pépin, quelques villes auront émis des deniers au nom de ses deux fils,
avant même que le partage du royaume ait été réalisé » (de Longpérier,
Rep. N. Fr. i858, p. 245).
Ce dernier paragraphe nous fournit la meilleure objection à faire
contre l'attribution à Sainte-Croix de Poitiers, des deniers du trésor
d'Imphy. J'ajouterai que l'importance d'une abbaye n'était nullement
une raison suffisafite pour qu'elle obtînt le droit de frapper monnaie;
Saint-Germain-des-Prés, Cluny, Jumièges et tant d'autres ne possédèrent
jamais d'atelier monétaire. De plus la barbarie de ces deniers, cette
faute d'orthographe persistant dans l'inscription du nom, tout cela
éloigne immédiatement l'idée de pièces frappées en Aquitaine, la région
la plus policée du royaume. L'abbaye de Sainte- Croix de Meaux
elle-même ne me semble pas assez septentrionale pour le type de nos
deniers, et peut-être faudrait-il les attribuer à la vieille abbaye du
même nom qui existait à Metz. En tous cas, la situation de Meaux
convient, sous tous les rapports, beaucoup mieux que celle de Poitiers.
SECONDE RACE. 73
Il y avait aussi une abbaye de Sainte-Croix, fondée sous Dagobert et
dépendant de Saint-Médard . Elle était située à deux lieues de Compiègne.
Dans un diplôme du roi Eudes, en date de 893, elle est désignée sous le
nom de Monasterium Crucis Sancti Audoëni (S. Ouen.)
Saint-Ëtienne (Sancti Stefani Monasterium).
61. RXF en monogramme, l'X se présente sous la forme d'une croix pommetée,
une clef avant l'R, après l'F un sigle paraissant être une rosace trilobée,
cercle de grènetis;
5^ SCO — STEF en deux lignes séparées par une barre horizontale, TE et
IT sont liés, trois points en triangle avant STEF, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 600 fr.
oc ...Le nom du saint à l'ablatif est encore plus extraordinaire que la
légende Sancti-Crucis dans laquelle on remarque une bien grave erreur
de genre.
L'abbaye de Saint-Etienne de Strasbourg était connue tout au com-
mencement du VHP siècle. Saint-Etienne d'Angers, prope Muros
Andegavensis, est cité dans un praeceptum de 770.
Le monastère de Saint-Etienne de Dijon est bien antérieur au règne
de Pépin, et c'est fort probablement son nom que nous voyons sur le
denier décrit plus haut. On pourrait nous opposer les termes d'une
charte de Charles-le-Chauve par laquelle, en 865, il accorde la monnaie
à Saint-Étienne ; voici, en effet, comment parle le roi :
.... Isaac... humiliter postulavit, quatinus, pro nostra pietate Ecclesia
sancti Stephani Divionensis... monetam quam antea habere non consue-
verat^ concederemus... et ne nostra concessio ex jam dictis monetis a
falsis monetariis, comitum que ministris^ aliquo violari potuisset ingenio,
idcirco non ad jus comitum, Sed ad utilitatem jam prœdicturam
Ecclesiarum earumque rectoris provisionem volumus pertinere. (Voir
Première partie^ page 37.)
Mais il est clair que le roi entend concéder, à la requête de l'Évêque
Isaac, le profit de la fabrication que les agens du comte pouvaient
réclamer au nom du roi ; il est certain que monetam habere n'a pas du
toul le même sens que monetam cudere et que nous ne pouvons, du
texte de la charte, tirer qu'une conclusion, c'est que les évéques et les
abbayes avaient besoin d'une autorisation royale pour frapper une
monnaie qui ne fût pas ad jus comitum^ c'est-à-dire au compte de l'État.
10
74 MONNAIES FRANÇAISES.
C'est à partir du règne du faible Louis-ie-Débonnaire que nous voyons
apparaître quelques-unes de ces concessions ; les deniers de Pépin et de
Charlemagne, portant des noms d'abbaye, sont des monnaies royales,
et l'existence de la pièce de Saint-Étienne de Dijon, un siècle avant
l'humble demande faite par TÉvêque Isaac, n'est pas en contradiction
avec le texte de la charte. » (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, p. 222.)
J'ai bien des objections à faire tant au sujet de l'attribution de ce
denier à Saint-Étienne de Dijon, qu'à propos des raisons données à
l'appui de cette attribution :
D'abord, et quoi qu'en dise M. de Longpérier, la charte de Charles-
le-Chauve (postérieure à l'année 864), crée à la demande de l'évéque
Isaac un atelier monétaire à Saint-Étienne de Dijon ; cet atelier n'existait
pas avant la date précitée qui est celle de l'édit de Pitres, car, ainsi que
je l'ai fait remarquer, pendant tout le règne de Louis-le-Débonnaire et la
partie du règne de Charles-le-Chauve antérieure à 864, il n'y eut pas un
seul atelier monétaire portant le nom d'une abbaye ni d'un monastère.
En second lieu, la croisette pommetée, qui tient lieu de TX dans la
légende du droit, appartient au nord-est du royaume.
En étudiant les deniers d'Imphy au quartefeuille, le savant antiquaire
avait cru pouvoir les attribuer à Auxerre (voir pag. 61). La présence,
sur le denier de Saint-Étienne, d'un trifolium semblable à celui du
denier trouvé à Dombourg, et attribué par lui à l'évéque Quintilius, l'a
conduit à chercher dans la même région une abbaye au nom de Saint-
Étienne. Je crois avoir prouvé que le quartefeuille comme le trifolium
sont des sigles appartenant aux ateliers du Nord-Est, et c'est là aussi
que je vais chercher l'emplacement de notre atelier. L'abbaye de Saint-
Etienne de Strasbourg me paraît convenir parfaitement, et c'est à elle
que je rapporte l'émission de notre denier.
Saint-Firmin (Sancti Firmini Monasteriuni),
62. KFP en monogramme, point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
5^ SCI — FIRM-II en trois lignes, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
63. RF en monogramme, trait d'abréviation au-dessus, trois points dans le champ,
cercle de grènetis ;
5^ SCI-FIRM en deux lignes, point sous la seconde, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr. ; pièce fracturée Valeur 400 fr.
SECONDE RACE. 75
Cette pièce a été gravée par B. Fillon {Lettre à Dugast-Matt/eux^
pi. VII, n* 2) et décrite par M. de Longpérier (dans le Catalogue
Rousseau^ page 99) ainsi qu'il suit :
« On a vu, parmi les monnaies de l'époque mérovingienne, un certain
nombre de pièces qui portent des noms de saints. Dans l'origine, ces
noms n'indiquent que des patrons d'Ëglises ; par la suite, les noms des
bourgs qui avaient élevé ces églises firent place au nom même du saint :
Attanutn devint Sanctus-Aredius ; Catolacum^ Sanctus-Dyonysius ;
Acaunum^ Sanctus-Mauritius, etc. Avant même que ce changement eût
eu lieu, bon nombre de monastères ne sont désignés que par le nom du
saint sous le vocable duquel ils étaient placés. Comme les modifications
que je viens d'indiquer n'ont pas été introduites partout à la même
époque, il devient très difficile de savoir si une monnaie carolingienne,
portant un nom de saint, appartient à une église ou à une abbaye située
dans un lieu qui n'a pas cessé de porter son nom particulier, ou bien à
une autre localité qui n'a plus d'autre nom que celui-même d'un saint.
Ainsi, dans le cas actuel, avons-nous une monnaie de Saint-Firmin
d'Amiens, ou d'un de ces douze villages appelés comme les deux bien-
heureux évêques de Samarobriva... Je ferai toutefois observer que la
légende au génitif convient à un monastère ou à une église. L'antiquité
de Saint-Firmin d'Amiens est d'ailleurs prouvée par les historiens. »
{Catalogue Rousseau^ pag. 99.)
Ce qui pourrait faire douter de l'exactitude de l'attribution à Saint-
Firmin d'Amiens, c'est que nous verrons, au règne de Charlemagne,
deux deniers différens au vocable de Saint-Firmin et aussi deux pièces
très variées au nom de la ville d'Amiens. Or, comme M. de Longpérier
l'a fait remarquer très justement, les ateliers des églises et monastères
frappant monnaie pour le compte du roi, nous aurions là bien des
ateliers différens pour une seule et même ville. Le style de nos deniers
de Saint-Firmin n'offre aucun caractère particulier qui puisse nous tirer
d'embarras.
Saint-Géry (Sancti Gavgerici Monasterium).
64. RP en monogramme^ cercle de grènetisj
!Ç^ SCIGAV, A et V, sont liés, dessous quatre points en losange^ cercle
de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; vente Dassy.
76 MONNAIES FRANÇAISES.
Les lettres qui composent la légende du revers sont très maigres et
donnent à la pièce un aspect désagréable. Je la crois bonne cependant,
mais je n'affirme rien.
L'abbaye de Saint-Géry, dont nous trouverons plus tard d'autres
monnaies, avait été fondée vers Tannée 600 par saint Géry, archevêque
de Cambrai et d'Arras, près des murs de Cambrai. Mise d'abord sous
l'invocation de saint Médard, elle reçut le corps de saint Géry dont elle
prit bientôt le nom (vers l'année 625). Elle est citée, dans le traité de
Mersen (870) comme faisant partie du lot de Charles-le-Chauve. Elle fut
détruite en 1540 par ordre de Charles-Quint qui, sur son emplacement,
fît élever la citadelle de Cambrai.
Saint-Germain (Sancti Germani Monasterium),
65. RP en monogramme, le irait d'abréviation est muni d'un appendice vertical
qui semble en faire un T, en dessous une croix dont chaque bras se
retourne en crochet^ deux points et un groupe de trois points dans le
champ, cercle de grènetis;
5f SCI-GRNl, en deux lignes séparées par une barre horizontale, R et
N liés, la première ligne se termine par un groupe de trois points, cercle
de grènetis.
Denier. Ma collection; vente Jarry Valeur 600 fr.
C'est avec une certaine hésitation que je présente la lecture Sancti-
Germani ; cependant je n'en vois aucune autre qui détermine et emploie
d'une manière plus satisfaisante les caractères de la légende.
La légende adoptée, il reste encore à déterminer à quelle abbaye de
Saint-Germain doit être donné notre denier. Or, je ne vois, ni dans les
deniers de seconde race à légende certaine, ni dans les deniers méro-
vingiens, de sigle analogue à la croix que présente le droit de notre
denier. Trois grandes abbayes ont porté le nom de Saint-Germain :
Saint-Germain-des-Prés qui, d'abord érigé sous le vocable de Sainte-Croix,
prit en 754 le nom de Saint-Germain ; puis Saint-Germain l'Auxerrois
(diocèse de Paris) qui, fondé vers 55 1 , porte le nom de Monasterium
dans un diplôme de Louis-le -Débonnaire (820) et dont il est dit, dans
un diplôme de Charles-le-Chauve (862) : a . . . quod a priscis temporibus
S. Germani Antissiodorensis dicitur. » Mais Saint-Germain-rAuxerrois
dépendait de Saint-Germain-des-Prés et le bénéfice résultant du mon-
noyage ne figure nullement dans le Polyptique de l'abbé Irminon.
SECONDE RACE. 77
Il ne reste plus que Saint-Germain d'Auxerre (car nous pouvons
négliger plusieurs petits monastères du nom de Saint-Germain, tels que
Saint-Germain-de-Luzignan , etc.). Saint-Germain d'Auxerre fut fondé
vers Tannée 422 sous l'invocation de Saint-Maurice par le saint évêque
d'Auxerre. Celui-ci étant mort à Ravenne en 450, son corps fut rapporté
à l'abbaye de Saint-Maurice qui désormais fut connue sous le vocable de
Saint-Germain. Cette abbaye était illustre entre toutes par ses écoles
que fréquentaient plus de cinq mille écoliers. Elle avait reçu de Pépin-
le-Bref, de Charlemagne et de Louis-le-Débonnaire de nombreux privi-
lèges. Si donc, je le répète, la lecture Sancti-Germani est admise, il
n'y a que Saint-Germain d'Auxerre qui puisse revendiquer cet atelier
monétaire.
Saint-Marcel (Sancti Marcelli Monasterium).
66. RXFj R et X liés, trois points avant R, deux points avant F, cercle de grènetis;
ÇT SCI'— MAR% en deux lignes, séparées par une barre horizontale, A et
R liés, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d*Imphy . . . Valeur 5oo fr.
a On trouvera plus loin, au chapitre de Charlemagne, la description
d'un denier qui porte la même légende, disposée de la même façon et
qui a été certainement frappé dans le lieu où celui-ci a été fabriqué.
On connaît un denier de Pépin, émis à Saint-Martin de Tours avec
la légende SCIMARTN [R. N. Fr. 1842, pi. XXIV, n«2; cf. t. IX. 1844,
p. 273) et un denier de Charlemagne portant SCIMARTINI, pièce dont
un exemplaire existe dans la trouvaille d'Imphy. On n'admettra sans
doute pas que la légende SCI-MAR s'applique au célèbre monastère, si
Ton remarque avec quel soin le nom de Saint-Martin est écrit sur les
monnaies mérovingiennes de Tours, de Banassac. M. Duchalais a
montré que le triens attribué à Saint-Martin d'Amiens devait se lire
GEMELLOS MARcasios, et il est évident que le triens publié par Mader
(Kritische BeitrœgCy t. III, pi. I, n* 4. — Combrouse, Monét. Mérov.^
pi. XXXVII, n* 7) et qui porte RATIOSCIMAR, avec ECLE dans le
champ du revers, n'appartient pas plus au monastère de Saint-Martin
de Tours que la monnaie de Blois, BLATOMOSCIMAR.
Le monastère de Saint-Martial de Limoges n'était connu que sous
le nom du Saint-Sauveur jusqu'au moment où Louis-le-Débonnaire y
transporta le corps du bienheureux évêque.
78 MONNAIES FRANÇAISES.
Nous avions pensé à Saint-Marien d'Auxerre (Sancti-Mariani monas-
terium), abbaye fondée par saint Germain et restituée en Tan 800 par
Charlemagne à l'évêque Aaron. Mais il paraîtrait que cette abbaye est
une de celles que Charles-Martel avait livrées aux mains des laïques et
que c'est ce qui avait rendu nécessaire la restitution dont il vient d'être
parlé.
11 nous semble que SCIMAR désigne Saint-Marcel de Chalon-sur-
Saône, monastère fondé vers 584 par le roi Contran, dont les moines
sont cités dans un diplôme de Dagobert de Tan 636, que Charles-le-
Chauve , en 870 , indique , dans son partage avec son frère Louis , par
ces mots Sancti-Marcelli ^ et dont -Charlemagne parle ainsi dans une
Charte de 779: <t Magnificus Hucbertus episcopus, rectos que basilicae
Sancti-Marcelli , quae ponitur sub oppidum Cabilonicae urbis, ubi ipse
pretiosus dominus in corpore requiescit, nostrae celsitudini intulit
suggestionem, eo quod antecessores nostri anteriores Reges, vel bonae
memoriae domnus et genitor nos ter Pipinus quondam rex per eorum
praeceptiones, intégras immunitates ipsi monasterio concesserint.i^ (de
Longpérier, Rep. N. Fr. i858, p. 220.)
Je ne veux nullement contester à l'abbaye de Saint-Marcel de Châlon,
à l'exclusion des autres abbayes du même nom, l'émission de ce denier.
Je dois seulement faire remarquer que les deniers de Saint-Martin, au
nom de Pépin, cités par M. de Longpérier, sont ceux que l'on trouvera
gravés sous les numéros 67 et 69, et qu'aucun d'eux ne porte comme
légende SCIMARTN. Quant au monétaire que porte RACIOSCIMAR, je
crois qu'il appartient bien au grand monastère de Tours. Si je rejette,
pour notre denier, lattribution à Saint-Martin, c'est que jamais je n'en
ai vu le nom écrit en deux lignes, mais toujours en légende circulaire.
Au résumé, je propose, avec M. de Longpérier, l'attribution à Saint-
Marcel , mais il n'y a là aucune certitude et le champ reste ouvert aux
recherches ultérieures.
Saint- Maurice 7 (Sancti Mavrtcii Monasterium.)
67. RXP en monogramme^ point dans la boucle de TR, cercle de grènetis;
!Çr SCIM'>RI"*; au centre S dans un cercle de grènetis.
Ce denier, publié dans la Rev. N. Fr. 1843, p. 443, et dans celle de
1844, p. 273, porte une légende où les seules lettres lisibles certainement
SECONDE RACE. 79
sont SCIM... R; avant TR je crois voir un V renversé et après TR un I;
je me crois autorisé à lire SANCTI MAVRICII. Il est certain que la
place laissée entre M et R est trop grande pour la seule lettre A.
Entre toutes les abbayes sous le vocable de Saint-Maurice, quelle est
celle à laquelle doit être attribué notre denier. Est-ce l'abbaye de Saint-
Maurice près Sens, qui prit ensuite le nom de Saint-Remy? N'est-ce pas
plutôt le célèbre monastère d'Agaune ou Saint- Maurice en Valais?
Fondée au milieu du cinquième siècle en l'honneur des chefs de la légion
thébaine, solennellement consacrée sous les auspices du roi de Bour-
gogne, Sigismond (5 16), l'abbaye de Saint-Maurice fut ravagée parles
Langobards en 574, suivant Grégoire de Tours; autour de l'abbaye
s'était fondé le village fortifié de ce même nom de Saint-Maurice. Ce
monastère eut pour abbé S. Althaeus, parent de Charlemagne et, disent
aussi les chroniques, l'empereur Arnould, fils de Carloman. Comblé de
faveurs par les rois carolingiens, je ne trouve cependant nulle part que le
droit de frapper monnaie lui ait été accordé. L'S du centre ne serait-i
pas l'initiale de SEDUNIS, évêché dont dépendait l'abbaye de Saint-
Maurice en Valais.
Saint-Martin (Sancti Martini Monasterium),
68. PiP~R" en deux lignes; entre VI et le P, croisetle cantonnée de quatre
points^ cercle de grènetis;
5^*SCIMARTINI en légende circulaire entre deux grènetis; au centre
globule.
Denier. Cab. de Fr. ; vente Jarry . Valeur 700 fr.
69. Pi Pi — REX en deux lignes, entre TI et le P croisette, cercle de grènetis.
Revers semblable à celui du n*' 68.
Denier. Dessin communiqué par M. de Barthélémy.
Ces deux pièces, d'émission différente, se complètent Tune l'autre.
La seconde a été publiée par M. B. Fillon dans la Rep. N. Fr. 1844. Il
écrit seulement ceci: «Ce denier, que j'ai vu à Nantes dans les cartons
de la Société des beaux-arts, a été trouvé, m'a-t-on dit, dans le départe-
ment de la Loire-Inférieure.»
Les deux deniers portent le vocable de Saint-Martin, mais à quelle
abbaye de ce nom faut-il les attribuer? Pour donner une idée de la
difficulté que présentent de semblables attributions, quand aucun signe
particulier ne vient servir de guide, je vais donner une liste abrégée des
8o MONNAIES FRANÇAISES.
diverses abbayes de ce nom qui existaient sous les premiers rois
carolingiens :
Nous avons:
S. Mart
s. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
n de Champeaux (diocèse de Paris) existant avant l'année 700.
n des Champs (diocèse de Paris)^ qui existait du temps de Childebert III.
n du Val (diocèse de Chartres)^ dont l'existence est constatée sous la i"* race.
nus Cronensis (dioccse de Ciermoni).
n de Limoges, fondée par un frère de S. Eloi.
nus major ou ad Scotos (diocèse de Cologne), fondée par Pépin et Plectrude.
n de Tournai, fondé en 652.
Dans un diplôme de Charles-le-Chauve en date de 843, il est fait mention des
abbayes : S. Martini de Cassiiaco et S. Martini de Magavese, toutes deux
dans le diocèse d'Autun.
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
S. Mart
n d'Autun, fondée par Brunehaut à la fin du VI* siècle.
n de Mdcon qui existait bien avant 879.
n de Beaune.
n de Monte Rotundo (diocèse de Narbonne) (Montredon).
n de Cauquenne (diocèse de Narbonne).
n de Lez (diocèse d'Alet).
n aux jumeaux (diocèse d'Amiens).
n (diocèse d'Auxerre).
n (diocèse de Ne vers).
La grande abbaye de S. Martin de Trêves.
S. Martin de Metz, fondée par Sigebert, roi d'Austrasie.
S. Martin (diocèse de Toul).
Enfin la grande abbaye de S. Martin de Tours.
Si le renseignement donné à M. B. Fillon est exact, si le denier
n° 69 a bien été trouvé dans le département de la Loire-Inférieure, il y a
probabilité qu'il ait été émis par Tatelier de Saint-Martin de Tours.
Nous verrons, dans la suite, plusieurs autres deniers portant la même
légende, mais qui ne sortent certainement pas tous de la même officine;
pour chacun d'eux l'embarras sera le même. Et ce qui existe pour les
monnaies au nom de Saint-Martin, se représente pour toutes les pièces
qui portent des noms tels que Saint-Marcel, Saint-Maurice, Saint-Pierre
et surtout Sainte-Marie. Je ne saurais trop recommander de bien tenir
compte du lieu où se rencontreront les diverses monnaies frappées par
des abbayes. La localisation est presque de règle dans ces pays où la
circulation était peu active, surtout à de grandes distances. Quand, à
deux reprises successives, un denier portant un nom de saint aura été
SECONDE RACE. 8i
rencontré dans la même contrée, on pourra être certain que l'atelier qui
Ta produit existait dans un cercle très rapproché. Nous serions souvent
bien moins embarrassés si nous savions le point précis où ont été
découvertes toutes les monnaies carolingiennes qui nous sont connues.
Saint-Pierre (Sancti Pétri Monasterium).
70. RP en monogramme, point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
5^ SCI — PETRI en deux lignes, le T est lié à TR, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; découverte d*Imphy .... Valeur 400 fr.
Si nous ne connaissions pas d'autre denier de Saint-Pierre que celui-ci,
nous serions aussi indécis que pour les deniers de Saint-Martin. Mais
nous avons vu que les découvertes de Glizy et de Compiègne contenaient
chacune des espèces au nom de Saint-Pierre; de plus, dans la découverte
d'Arras, nous avons trouvé ce même vocable de Saint-Pierre au revers
d'un denier portant comme légende de droit CORBIENSIS. Or, d'après
le principe que nous avons posé plus haut, c'est dans les environs
d'Amiens et de Compiègne que doivent avoir été frappés les deniers au
nom de Saint-Pierre que renfermaient les trésors de Compiègne et de
Glizy. Si l'on examine la carte de ces contrées, on voit que Corbie se
trouve à peu près au centre d'un triangle ayant pour sommets Amiens,
Arras et Compiègne. Il remplit, par conséquent, toutes les conditions
demandées pour la revendication des deniers et oboles de Saint-Pierre.
Il est vrai qu'Imphy est loin de Corbie et que le denier n® 70, se
trouvant à plusieurs exemplaires dans le trésor, pourrait appartenir à
une autre abbaye du même nom. Je ne m'oppose nullement à ce qu'on
cherche une autre attribution parmi les nombreux monastères placés
sous l'invocation du prince des apôtres et plus rapprochés du lieu de
l'enfouissement.
M. de Longpérier, trouvant une certaine analogie de fabrication entre
notre denier et celui de Troyes, que Ton verra plus loin, croit devoir le
donner à Saint-Pierre-le-Vif, illustre abbaye fondée à Sens dans le
VP siècle. Cette attribution serait d'autant plus acceptable que Sens se
trouve à une distance peu considérable d'Imphy.
Sainte-Marie (Sanct^e Marine Monasterium).
71. RP en monogramme, deux points dans le champ;
ÇT se A.~ MARIA en deux lignes séparées par un trait, trois points dans
le champ^ traces d'un cercle de grènetis.
11
82 MONNAIES FRANÇAISES.
Je n'ai eu connaissance de ce denier qu'après que les planches étaient
gravées, j'en donne ci-dessous la gravure sur bois. Il faisait partie de la
collection de M. le Docteur Voillemier et a été publié par M. Ch. Robert
qui l'attribue à Sainte-Marie de Verdun. Pour moi ce type n'est nulle-
ment austrasien; il se rapproche bien plus des deniers émis à
Saint Etienne, Saint-Marcel, etc. Mais, ainsi que je l'ai dit, il y a tant de
monastères sous le vocable de Sainte-Marie que le choix est bien difficile.
C'est un problème dont je n'ai pas la solution.
Lieu indéterminé.
71. Je renvoie au dessin de ce denier pour la lecture du revers;
le droit contient certainement les lettres SCI, abréviation de SANCTI,
les trois points en triangle sont, comme la croix pommetée, l'indication
d'une fabrication austrasienne. Mais il m'est impossible de déterminer
l'atelier où cette curieuse monnaie a été frappée. Elle est indubitable-
ment contemporaine de Pépin-Ie-Bref, mais pourquoi ne présente-t-elle
pas le nom du roi? serait-ce seulement un denier d'inauguration de
monastère (peut-être Saint -Martin de Cologne fondé par Pépin et
Plectrude) ? serait-ce simplement un bijou ou un ornement? je ne sais.
Cette pièce intéressante fait partie de la collection de notre regretté
confrère M. le docteur Voillemier. Elle a été publiée par Van-der-Chijs
qui a renoncé à en donner une lecture satisfaisante. Elle avait été
trouvée dans les fouilles de Dorestadt.
Strasbourg (Argentoratensis Civis^ Argentoratum Civîtas).
72. RP en monogramme^ un point dans le champ, cercle de grénetis;
5f "CIVARGRAT en légende circulaire autour dune croîsette, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
Fougères et Combrouse, en publiant ce denier, avaient lu et écrit
CIVARORAT, et le donnaient à l'atelier d'Arras. M. de Saulcy, discutant
cette attribution {Rev. N. Fr. i838), disait: «Jamais CIVARORAT n'a
pu signifier Arras, dont le nom est Civitas Atrebatensis ; il faut donc
SECONDE RACE. 83
chercher une autre attribution. J'aimerais mieux admettre, dans le
mot ARORAT, quelque contraction qui permit d'y voir, par exemple
Argentoratum (Strasbourg)». Combien plus affirmatif encore eût été
notre cher et illustre maître, s'il eût vu la pièce elle-même et lu la
légende telle qu'elle existe : CIVARGRAT et non CIYARORAT.
Troyes (Trecas ou Tricas Civitas).
73. RP en monogramme^ point sous la boucle du P, cercle de grènetis;
5^ TRI— CAS en deux lignes, croisette légèrement pommetée au commen-
cement de la première ligne, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr. ; Coll. de P. d'A. ; ma collection; découverte
d'Imphy Valeur 325 fr.
Dans le denier qui faisait partie du trésor d'Imphy, la croisette, non
pommetée, est au commencement de la seconde ligne.
L'exemplaire du cabinet de France est celui qui a été publié par
M. de Longpérier, dans sa notice sur la collection Rousseau.
Il n'y a rien à dire sur ce denier, dont Tattribution est certaine et qui
ne présente aucun caractère particulier.
Planche IV.
Vénasquet (Vindausca, Venasca Civitas).
74. RP en monogramme^ point au centre, trait d'abréviation au-dessus, cercle de
grènetis; lettres pommetées;
Çf CVIIVSCO en cercle autour d*une croisette, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 3oo fr.
Dans une notice publiée en i856 sur un denier de Charlemagne,
M. de Longpérier proposait l'attribution à la ville de Vénasque.
Pour moi, je ne puis admettre cette attribution à Vénasque. Il me
semble d'abord que la terminaison SCO ne peut être admise pour SCA,
étant donné surtout qu'il n'y a pas là une erreur de graveur, puisqu'elle
est la même sur le denier de Pépin et sur celui de Charlemagne. De
plus, et c'est une remarque générale, la première lettre de la légende est
généralement la mieux formée de toutes et ici le V est une lettre dou-
teuse. Il me paraît bien plus naturel de lire la légende en commençant
par S et ainsi l'on trouvera SCO CIVIN légende que l'intercalation de
84 MONNAIES FRANÇAISES.
peu de lettres pourrait compléter. Ainsi Ton pourrait lire SlOC(or)
VIN(o), SCOC(er) Vl(rfw) N(o), etc.
Il faut aussi remarquer que sous Pépin, les légendes circulaires sont
rares. Nous les trouvons seulement à Sainte-Croix, Mayence, Louvain,
Neuss (ou Soissons ou Sens), Saint-Martin, Strasbourg, Saint-Maurice
et enfin Verdun, toutes localités appartenant à TEst et au Nord-Est,
et ne paraissant convenir à Vénasque, cité bien plus voisine de la
Provence.
Verdun (Virdvnvn Civitas).
75. KXF, R et X liés, cercle de grènetis;
!Çr VIR-DVN en deux lignes séparées par un trait horizontal, ce trait
placé entre une croisette et un groupe de trois points.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 400 fr.
76. RXF, R et X liés, point dans la boucle de R, croisette pommetée avant R,
cercle de grèneiis;
!Çr VIR-VN en deux lignes, DV écrit en rétrograde^ trait horizontal entre
un annelet et une croisette pommetée séparant les deux lignes de la
légende, cercle de grènetis.
77. RXF, R et X sont liés, cercle de grènetis;
5^ VIR^DVN en deux lignes courbes autour d'une croisette pommetée,
deux groupes, l'un de trois points, l'autre de deux points, séparent les deux
lignes de la légende, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; découverte d'Imphy .... Valeur 400 fr.
Le n° 75 faisait partie du trésor d'Imphy qui en contenait encore
un autre exemplaire (n^ 77). A propos de ce dernier, M. de Longpérier
disait : « La forme de TN qui termine la légende, se remarque dans le
nom FIRMINVS, découvert en 1697 ^^^^ ^^ crypte de Saint-Acheul et
qui a donné lieu à une si vive polémique. On voit encore cette forme
six fois répétée dans Tépitaphe du martyr Gordien, Galliae nuncius,
que dom Mabillon et dom Michel Germain considèrent comme un
spécimen de la vieille écriture gauloise. Enfin ce caractère appartient à
Tonciale cafoline de nos vieux manuscrits. » {Rep. N. Fr. i858, p. 225).
Le n** 76 a été copié sur un dessin donné par M. Ch. Robert {Mon-
naies du Nord-Est de la France). L'annelet qui précède la barre
horizontale serait, selon moi, un D et compléterait la légende VIRDVN.
Un trait caractéristique de ces trois deniers, c'est la présence de la
croix pommetée et du groupe de trois points. Ainsi qu'on Ta déjà vu,
SECONDE RACE. 85
c'est là un caractère propre aux monnaies du nord et de Test de
l'empire frank. Cette particularité nous a été et nous sera d'un grand
secours pour le classement de certaines pièces d'attribution douteuse.
Monnaies indéterminées.
78. RXF, R et X liés^ trois points dans le champ, cercle de grènetis;
5^ Au centre un cercle avec point au centre, sur ce cercle s'appuient
quatre sigles en forme de Y avec les extrémités pommetées, dans chacun
des cantons formés par ces quatre sigles un point, cercle de grènetis.
Denier fracturé. Coll. d. P. d'A Valeur i5o fr.
79. RNP en monogramme, dans le champ deux points et un trait qui semble
former un A avec les deux jambages de TN, cercle de grènetis;
]^ Croix pommetée cantonnée de deux points aux deuxième et troisième
cantons, autour se voient des caractères indéterminés alternant avec des
points; cercle de grènetis.
Ce denier, publié par Van-der-Chijs, pi. X, n* 19, a été trouvé à Dore-
stadt. Que veulent signifier les caractères qui entourent la croix du
revers ? Je n'en sais rien, et il me semble difficile d'arriver à les déter-
miner.
80. Personnage nimbé debout et de face tenant de la main droite une croix;
entre le pied de la croix et les jambes du Saint, je crois reconnaître les
lettres EAR, un point au bas de la pièce et dans l'intérieur du E;
!Çf ROFP, R et X sont liés, au-dessous il me semble voir une hache ou
francisque, point sous la boucle du P et sous la francisque.
Ce denier, trouvé à Dorestadt en 1844, a été publié par Van-der-Chijs,
pi. IX, n® 7. Le savant hollandais n'accompagne sa description d'aucun
commentaire. Il faut espérer qu'un exemplaire plus complet ou mieux
conservé permettra de bien déterminer les lettres du champ. En tous
cas, la présence de la francisque cantonne nos recherches dans le nord
de TAustrasie.
Si l'on voulait ne pas tenir compte du premier caractère, beaucoup
plus douteux que les deux autres, il resterait les deux lettres AR, peut-
être Herstal (Aristallium) :
En tous cas, il est intéressant de comparer cette pièce avec les deniers
de Chartres au type de Saint-Chéron debout (pi. II, n* 21 et 22).
81. nPIPI, croisette à long pied au-dessus du premier P^ francisque au-dessous^
cercle de grènetis;
86 MONNAIES FRANÇAISES.
IjC Personnage couronné^ marchant à droite, tenant du bras droit une
croix^ du bras gauche un sceptre ou une crosse^ en dessous un point^
légende en deux parties de chaque côté du personnage^ point au-dessous^
cercle de grènetis.
C'est encore à Van-der-Chijs que nous devons la connaissance de ce
denier austrasien trouvé aussi dans les fouilles de Dorestadt. Pas plus
que lui je ne saurais donner un sens à la légende du revers. C'est aussi
en 1844 9^'^ é^é trouvée cette curieuse médaille.
Il sera bon de le comparer au n"* gS de la planche IV où le personnage
du revers et la disposition de la légende ont une ressemblance très
curieuse avec ceux de notre denier.
82. Ce denier très incomplet a été publié par Rethaan-Macaré et provient des
fouilles faites sur la plage de Dombourg. J'y vois un R lié à un X avec
trois points dans le champ et sur l'autre face un monogramme composé
des lettres N et R écrites au rebours avec un E ou un F adossé à TR.
Entre les jambages de TR se trouve un signe que je ne saurais déterminer.
Quelle est la localité représentée par les lettres du monogramme du
revers? Je ne sais; M. Rethaan-Macaré y veut voir le nom de Pépin;
je crois qu'il est dans Terreur ; ce nom se trouve représenté par l'R du
droit qui se décompose en PRX; puis que viendrait faire l'E ou l'F du
revers ? C'est là une pièce qu'on ne peut déterminer sur des élémens
aussi tronqués. Il faut attendre l'apparition d'un exemplaire plus complet.
83. PIPI— NVS en deux lignes, quatre points dans le champ;
5^ F Rj TR est rétrograde, trait d'abréviation au-dessus, dans le champ
étoile à six pointes, un point et un groupe de trois points.
Trois pièces à ce même type ont été publiées par Le Blanc, et n'ont
jamais été retrouvées en nature. Je fais graver celle-ci, que j'ai citée plus
haut (pag. 19), parce que l'étoile à six pointes et le groupe de trois points
circonscrit les recherches pour son lieu d'émission ; elle appartient à la
région nord de l'Austrasie.
Monnaies d'or au type Langobard.
84. CARLEMAN RX en monogramme, croisette sur CR, dans le champ quatre
petites lettres qui paraissent être SGRP ;
5^ Monogramme paraissant composé des lettres CARLERX ou CARLFRX
au-dessus et au-dessous deux caractères indéterminés.
Ecu d'or. Coll. Ferrari Valeur 1,800 fr.
SECONDE RACE. 87
85. CARLEMAN REX en monogrammCj dans le champ quatre caractères ou
petites lettres qui semblent être SOAS, large bordure unie;
^ CARLRX en monogramme^ dans le champ un S au-dessus du mono-
gramme^ un O au-dessous^ large bordure unie.
Ecu d'or. Ma collection Valeur i^Soo fr.
Ces deux écus d'or, du poids d'un tiers de sol romain et du module
des écus frappés par les rois Langobards, portent, sans contredit, les
monogrammes de Carloman et de Charles. Le premier, après être resté
assez longtemps dans les cartons de la maison Rollin, est passé dans la
collection de M. Ferrari. Le second faisait depuis assez longtemps, ainsi
que le n** 86, partie du cabinet Carlo Morbio de Milan. Ils sont, lors de
sa vente, entrés dans ma collection.
Je ne crois pas qu'il y ait deux manières d'expliquer l'émission de ces
monnaies tout-à-fait exceptionnelles et étrangères, au moins comme
fabrication, tant au système monétaire carolingien qu'au monnoyage
romain. Elles ont dû être émises lors de la première campagne d'Italie
(en 754), comme une menace au roi Astaulfe de transmettre son royaume
aux deux fils du roi des Franks. Cette hypothèse est confirmée par la
pièce suivante.
86. SDNAVSTVLFRI, dans le champ CRX en monogramme, S dessous, large
bordure lisse;
5^ SCSlIIin.,, Saint-Michel tenant une croix à long pied et marchant
à gauche, large bordure lisse.
Ecu d'or. Ma collection; poids iJ%io Valeur 2,000 fr.
Cet écu d'or, frappé à l'imitation des monnaies d or lombardes, n'en
diffère que par le monogramme de Charles qui se trouve dans le champ
du droit. On aurait pu douter de la vraie signification des lettres qui le
composent, si Ion n'avait eu pour guide les deux écus n** 84 et 8!), le
dernier surtout. Lors de Ja seconde campagne de Pépin en Italie,
Astaulfe était mort (ySô); c'est donc à l'année 754 que doit être rapportée
aussi l'émission de cet écu d'or. Cette pièce, des plus intéressantes, nous
indique un fait dont les historiens n'ont fait mention nulle part : la
reconnaissance par Astaulfe de la suzeraineté du roi des Franks et d'une
sorte de lieutenance du royaume langobard (souvenir de la Mairie du
Palais) établie par Pépin en faveur de son fils Charles. Le roi des Franks
dut cependant rappeler promptement son fils près de lui, car les mon-
naies d'Astaulfe ne sont pas rares, et cet écu est le seul connu jusqu'à ce
jour qui contienne le monogramme de Charles.
88 MONNAIES FRANÇAISES.
Je me suis étendu longuement sur toutes ces monnaies du règne de
Pépin. Plus j'avancerai dans mon travail, plus il se simplifiera. Je
rencontrerai presque tous les ateliers dont j'ai déjà eu à parler; je n'aurai
plus qu'à les mentionner, laissant de côté toute discussion et toute
controverse, renvoyant simplement le lecteur à ce qui a déjà été dit sur
chacun d'eux. Pour les localités nouvelles je procéderai de même façon
que je l'ai déjà fait et j'aurai ainsi, je l'espère, présenté un ensemble
aussi complet que possible de ce qui peut être dit actuellement sur le
monnoyage carolingien.
Cartoman (de 768 à 111),
D'après le partage réglé par Pépin, le royaume de Carloman com-
prenait : la Burgondie, la Provence, la Septimanie, l'AUemanie et
l'Alsace, puis le pays situé entre Seine et Loire, avec les diocèses de
Laon, Reims, Châlons, Senlis et Soissons.
A son avènement au trône il va s'installer à Soissons dont il fait le
siège de son gouvernement.
Il accompagne son père Karle dans sa campagne contre Hunald qui
avait soulevé toute l'Aquitaine ; mais les deux frères se brouillent et
Carloman retourne dans son royaume. Leur mère Bertrade les réconcilie
et Carloman meurt deux ans après (4 décembre 771 j, laissant deux fils
au berceau.
Atelier indéterminé.
I. EARLM en monogramme, cercle de grènetis;
5f RXF, R et X liéSj entre R et F une sorte de globule ou demi-sphère;
un point au centre, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur i55o fr.
Ce denier que j'ai acquis en 1868, à la vente du D"" Colson, a cela de
particulier que, seul de tous les deniers de Carloman, il inscrit dans le
SECONDE RACE. 89
champ le titre Rex Francorum. Il est, comme presque tous les deniers
du frère de Charlemagne, sinon unique, au moins de la plus grande
rareté.
Angers? (ou Langres).
2. EARLO en monogramme^ cercle de grènetis;
5^ SAM DE en monogramme^ demi-cercle de points autour des lettres DE,
cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 1000 fr.
Excepté le monogramme de Carloman mis au lieu et place de celui
de Pépin, ce denier est exactement semblable à celui qui est gravé,
pi. I, n** I, et décrit à la page 6. J'ajouterai ceci à ce que j'ai dit au sujet
du denier de Pépin, c'est qu'Angers ne faisant pas partie du royaume
de Carloman, la pièce ici décrite ne peut avoir été frappée dans cet
atelier.
Arles?
3. CARLM en monogramme;
5^ ARGj deux points au-dessous.
Denier. Coll. de P. d'A.
J'ai donné le dessin de ce denier et j'ai eu tort peut-être, car je le
crois faux ; il n'a ni le poids, ni le module des deniers de Pépin et de
Charlemagne; il ne ressemble en rien aux autres deniers de Carloman.
Le C est rond, le premier jambage de l'A est courbe ; au revers l'E est
lunaire ; tous ces caractères semblent indiquer une imitation faite par
un faussaire n'ayant pas eu sous les yeux une assez grande quantité de
deniers de Carloman pour en prendre le style exact.
Il n'est pas mauvais, je crois, de mettre sous les yeux des amateurs
quelques pièces fausses, cela leur donne l'éveil et en même temps leur
fait connaître certaines particularités auxquelles se reconnaît l'œuvre
d'un faussaire.
Clermont-Ferrand.
4. EARLM en monogramme^ traces d'un cercle de grènetis ;
I^ ARj au-dessous un sigle que je ne puis déterminer^ traces d*un cercle
de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 1200 fr.
Je crois pouvoir attribuer à Clermont l'émission de ce denier. Ces
12
90 MONNAIES FRANÇAISES.
deux lettres AR étaient, pendant toute la première race, la caracté-
ristique des ateliers arvernes. Clermont faisait partie de la portion
orientale de l'Aquitaine qui était , en raison du partage fait par Pépin,
dans le lot de Carloman. Ce denier avait été donné par Mory-d'Elvange
comme appartenant au règne de Charlemagne.
Luitprand (Levtbrannvs).
5. EALRO en monogramme, cercle de grènetis;
ÇT LEVTBRA en légende circulaire autour d'un cercle^ point au centre,
cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur i5oo fr.
Voici encore le nom d'un de ces comtes ou marquis dont j'ai expliqué
le rôle sous les premiers carolingiens à propos de la monnaie de Gaddo.
<r Je lis sans hésitation, a dit M. de Longpérier [Rev. N. Fr. i858,
p. 242), le nom de LEVTBRANNVS, quoique le commencement de la
légende ne soit pas marqué. Les noms formés avec la syllabe LEVT sont
très communs ; Leutoldo , Leutbaldus , Leutherius , Leutho. . . . etc.
D'autre part les noms terminés en BRANNVS sont également bien
connus: Childebrannus , Hildebrannus, Witbrannus... etc. C'est une
forme franke, et c'est pour cette raison que je l'adopte quand il s'agit
d'un monument exécuté au second tiers du VIII* siècle.
Enfin, le dialecte lombard, changeant le B en P., on trouve Luit-
prandus, Ausprandus, Auprandus . . . . De même que Leutbertus est
changé en Luitpertus et Leutboldus en Liutpoldus.
Il résulte de tout cela que le nom du monétaire Leutbrannus, celui
du notarius de l'empereur Lothaire et celui du célèbre roi dès Lombards
Luitprandus, ne sont que trois variétés d'un même thème et présentent
exactement la même signification ».
Lyon.
6. CAHLM en monogramme^ cercle de grènetis;
5^ LVGj cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 1000 fr.
Rien à dire sur ce denier; son attribution à Lyon n'offre aucune
difficulté. Il faut cependant remarquer la forme du G qui est la même
sur tous les deniers de Pépin, Carloman et Charlemagne, sortis de
l'atelier de Lyon.
SECONDE RACE. 91
Saint-Aigaan (Sanctianiani Monasteriuni).
7. CARLOM en deux lignes dans un cercle de grènetis ;
IjC SCIANIAI en légende circulaire^ au centre saint Aignan marchant à
gauche^ nimbé et tenant une crosse^ quatre groupes de trois points, dont
deux groupes en triangle et deux en ligne verticale entourent le Saint,
le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur i5oo fr.
«
Un autre denier, provenant aussi de la découverte d'Imphy, aux
mêmes types et légendes avait : au-dessus de l'A de CARLOM cinq
points sur deux lignes, posés 3 et 2 ; devant TR trois points en triangle ;
sous ro trois points en ligne.
« Ces curieux deniers nous montrent encore, comme sur la monnaie
de Chartres, une figure en pied sur un monument monétaire des Caro-
lingiens. Saint Chéron, dont la figure se voit, à ce que nous croyons,
sur les deniers de Chartres, n'étant pas évéque , n'avait pas droit à la
crosse ; on lui a donné deux croix pour exprimer son apostolat et son
martyre ; saint Aignan, évéque, s'appuie sur une crosse ; on voit qu'un
soin ingénieux présidait au choix de ces types.
Le monastère de Saint-Aignan d'Orléans est bien connu ; il me suffira
de rappeler le praeceptum de Charlemagne pro Aurelianensi Sancti-
Aniani monasterio » (de Longpérier, Rev. N. Fr. i858, pag. 244).
Ces attributions à Chartres et à Orléans ne semblent devoir susciter
aucun doute et cependant nous avons trouvé, émis certainement en
Austrasie, deux deniers de Pépin-le-Bref (n^ 80 et n® 81) qui présentent
des dispositions d'agencement, de dessin et de légende ayant, avec les
pièces de Chartres et d'Orléans, une analogie des plus singulières. Il y a
lieu, en outre, de remarquer, sur les deniers de Carloman comme sur
celui de Chartres (n° 22), les trois points en triangle si communs en
Austrasie qu'ils sont presqu'un signe distinctif des ateliers de cette
contrée .
Sainte-Croix.
8. CARLOM en deux lignes dans un cercle de grènetis;
5^ SCI CRVCIS en légende circulaire autour d'une croix potencée à pied
fiché dans un cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . Valeur 800 fr.
Je renvoie pour ce denier de Sainte-Croix au denier de Pépin (n*" 59).
92 MONNAIES FRANÇAISES.
On verra que, selon moi, sa fabrication est toute septentrionale et doit
probablement être rendue à Sainte-Croix de Metz. En aucun cas, à
aucune époque, Carloman n'a pu émettre de monnaie à Sainte-Croix de
Poitiers.
Chartemagne (168 à 814).
Le 24 septembre 768 Karle succède à son père Pépin dans le gou-
vernement des provinces suivantes : l'Austrasie, la Germanie moins
TAllemanie, la Thuringe, la Bavière, la Carinthie, puis les contrées
situées entre l'Oise, la Seine, la mer et l'Escaut, la Neustrie et l'Aqui-
taine occidentale. 11 va s'installer à Noyon, siège de son gouver-
nement.
En 769 il marche contre les Aquitains, soulevés par Hunald, et cons-
truit, au bord de la Dordogne, le château-fort dit Castrum Francicum
ou Franciacum, aujourd'hui Fronsac.
En 770 il épouse Desiderata, fille du roi des Langobards, mais la
répudie l'année suivante pour épouser Hildegarde (771), fille d'un chef
slave ou alleman^ mariage qui lui attacha cette nation que la mort de
Carloman venait de faire passer sous sa domination.
En 772 Karle tient une assemblée à Worms où il décida la première
expédition contre les Saxons. Il s'empare du château d'Ehresbourg en
Westphalie.
En 774 expédition d'Italie contre Desideratus, prise de Pavie, des-
truction de la nationalité des Langobards et confirmation de la donation
de Pépin à la papauté. A partir de cette époque Karle prend le titre de
Roi des Francs et des Langobards. Il ajoute à ces titres celui de Patrice
qui lui est conféré par le sénat et le peuple romain. Le patriciat accordé
à Karle lui donnait le droit de commandement ; Adrien datait ses lettres
de cette époque; les Romains lui juraient fidélité, et en vertu de ce titre,
il exerça le pouvoir souverain dans Rome avant d'être empereur.
En 775 expédition en Saxe et en Italie. Karle s'empare de la cité du
Frioul (Foro-Juliensis civitas) et de Trévise.
SECONDE RACE. gS
En 776 Karle préside le Champ de Mars à Worms. Les Saxons s'em-
parent d'Ehresbourg, mais échouent devant Sighebourg. Karle les
refoule, rebâtit Ehresbourg et élève un autre fort sur la Lippe.
En 777 le Champ de Mai est réuni à Paderbronn (Pathalbrunnen) . A
ce Champ de Mai assistaient Ebn-el-Arabi et Abd-Athar, gouverneurs
musulmans de Huescar et de Saragosse, révoltés contre l'émir de
Cordoue et qui venaient se mettre sous la suzeraineté de Karle.
En 779 Karle rassemble une armée à Chasseneuil ou Cassineuil
(Cassinogilum) au confluent du Lot et de la Garonne ; il descend par lé
val de Roncevaux dans la Navarre (Wasconie espagnole) et s'empare de
Barcelone, Girone et Pampelune. Au retour une partie de Tarmée est
anéantie par les Wascons d'Aquitaine. Là périt Rodland, neveu de Karle,
comte de la marche de Bretagne. Karle est obligé de courir en Saxe où
les révoltés sont battus à Badenfeld (778) et à Bokholz (779).
Le roi vient hiverner à Worms ; en 780 il rentre en Saxe et s'avance
jusqu'à l'endroit où la Nohre se jette dans l'Elbe ; il y bâtit un camp
retranché. Celte même année Karle partage son empire en trois royau-
mes tributaires à la tête desquels il place ses trois fils. A Karle, l'aîné,
comte du Mans, le royaume de France; à Karloman le royaume d'Italie,
et à Lodwig, le plus jeune, le royaume d'Aquitaine avec les marches
d'Espagne.
L'année suivante il va à Rome avec ses deux plus jeunes fils qui sont
baptisés et sacrés par le Pape, Karloman comme roi d'Italie, Lodwig
comme roi d'Aquitaine.
En 782 nouvelle révolte des Saxons; l'armée franke, sous les ordres
de Theodorik, Adalghis et Gheïlo, est défaite. Karle accourt, les Saxons
se soumettent et livrent 4500 otages qui sont décapités; le roi retourne
hiverner à Thionville.
En 783 les Saxons se soulèvent encore ; ils s'avancent jusqu'à Utrecht.
Karle les bat deux fois: l'une à Theotmâl (Dethmold), l'autre sur les
bords de la Hade, près d'Osnabruck. L'année suivante il se remet en
campagne, ravage la Frise, et enfin les révoltés, Witikind à leur tête, se
soumettent et reçoivent le baptême à Attigny.
En 785 révolte de la Thuringe, comprimée en 786. Cette même année
Girone et Urgel se remettent sous la suzeraineté franke.
En 786 défaite des Bretons révoltés.
94 MONNAIES FRANÇAISES.
En 787 Karle défait Arighis, duc de Bénévent^ et lui impose un tribut
de sept mille sous d'or. La même année, révolte de Tassile, duc des
Bavarois, dont le territoire s'étendait jusqu'à TEns. Il est traduit, en 788,
aux assises d'Ingelheim, et, convaincu d'avoir tenté de soulever la
Bavière avec l'aide des Awares, il est tonsuré et enfermé au couvent de
Saint-Nazaire sur le Rhin, puis de là à Jumièges. Cette même année les
Awares envahissent la Bavière et le Frioul, pendant qu'une flotte grecque
débarque en Calabre et envahit le duché de Bénévent. Les Grecs sont
battus par Grimwald, fils d' Arighis. Pépin, aidé des Bavarois, anéantit
les Awares et recule jusqu'à la Save les limites de son royaume. Karle,
pour récompenser les Bavarois, organise leur pays sur le pied des pro-
vinces frankes.
En 787 les Wascons s'étaient révoltés sous la conduite d'Adalrik,
allié à plusieurs Walis arabes ; le comte de Toulouse, Horse (Chouoj
avait été battu et pris. Adalrik vaincu est condamné à un exil perpétuel;
Horse est destitué et remplacé par Wilhelm (Guillaume au court- nez).
En 790 Karle marche au secours des Obotrites du Meklembourg qui
s'étaient soumis à lui et qui étaient attaqués par les Wélétabes. Ces
derniers sont battus et le roi s'avance jusqu'à leur cité de Dragowit.
En 791 grande expédition contre les Huns. Ce peuple occupait la
Pannonie séparée de la Bohême par la rivière de Camb et de la Bavière
par l'Ens. L'expédition dure deux années. Enfin les Franks, unis aux
peuples slaves, sous la conduite de Pépin et d'Herrik, duc de Frioul,
s'emparent du Ring (Regia, le lieu royal) et des immenses trésors des
Huns. Cette conquête recule jusqu'à la Theiss les limites du royaume
qui déjà au Nord et à TEst était limitrophe des nations slaves, de la
Bohême et de la Moravie, ainsi que des Wélétabes situés entre la Bal-
tique, le Moyen-Elbe et la Vistule.
Pendant toutes ces guerres contre les Saxons, guerres qui n'appor-
taient aucun profit matériel, le numéraire était devenu rare. Aussi la
monnaie avait-elle été altérée. Dans son capitulaire de Francfort , sur
le numéraire, Karle ordonne qu'elle sera ramenée à sa pureté primi-
tive (794).
En 791, à la diète de Ratisbonne, Karle découvre une conspiration
de son fils Pépin-le-Bossu qu'il fait enfermer au monastère de Pruym.
A cette époque, les Saxons, unis aux Awares et aux Wélétabes,
SECONDE RACE. 95
s'étaient révoltés pendant que les Arabes d'Espagne envahissaient
l'Aquitaine, prenaient Girone, pillaient les faubourgs de Narbonne et
battaient le duc Wilhelm. Karle quitte Ratisbonne et vient hiverner
à Wurtzbourg et Francfort. En 794 et 795 il bat les Saxons à Sint-
feld près Paderbronn, puis à Hluini (Lunébourg). En 796 il hiverne à
Aix (Aquis-Grani), où il établit sa fameuse chapelle royale, et en 797
il envoie de là Lodwig et Wilhelm en Espagne. Après quelques alter-
natives de succès et de revers, Pampelune, Cerdagne, Lampourdan,
Girone, Huesca, Lérida, Cuserras, Cardona, Urgel sont soumis; les
comtes Borel et Rostang sont mis à la tête d'une partie des villes con-
quises, et la domination franke s'établit jusqu'à TÈbre.
En 799 révolte des Huns qui tuent le duc de Bavière Ghérold; ils sont
battus par les Slaves et les Bavarois. Cette même année les îles Baléares
se donnent à Karle, en même temps que Wido, comte de la Marche de
Bretagne, bat les tierns bretons révoltés.
En 800, à la suite d'un plaid général tenu à Mayence, Karle se rend
en Italie, où il est couronné empereur par le pape Léon, le 25 dé-
cembre.
En 801 Lodwig s'installe à Ruscellio (Roussillon) et envoie ses géné-
raux Wilhelm et Rostang s'emparer de Barcelone où est installé un
comte nommé Béra.
La même année Pépin s'empare, sur Grimwald révolté, de Theati et
Ortona.
En 802 Karle conclut un traité avec l'empereur grec Nicéphore qui
abandonne aux Franks l'Istrie, la Liburnie et la Dalmatie. Venise reste
sous la suzeraineté grecque.
En 8o3 dernière révolte des Saxons. Karle les soumet et s'empare de
la Wigmodie, du Holstein et du Rosogaw.
En 806, à l'assemblée de Thionville^ Karle partage son empire entre
ses trois fils : à Pépin, l'Italie, la Bavière jusqu'au Danube, la partie de
TAllemanie au sud de ce fleuve et tout ce qui est à l'est du Haut-Rhin
avec Coire et le Thurgaw; à Lodwig l'Aquitaine avec les Marches
d'Espagne et le Nivernais, l'Avallonais, l'Auxois, Châlon, Macôn, Lyon,
la Savoie avec la Tarentaise^ la Maurienne, le Mont-Cenis avec le val
de Suze jusqu'aux Cluses, la Burgondie méridionale et la Provence. Tout
le reste de l'empire était le lot de Karle.
(j6 MONNAIES FRANÇAISES.
Cette même année Pépin s'empare de la Corse et de Venise.
Le 8 juillet Pépin meurt et Bernard, son fils naturel, est mis à sa
place. Il rend Venise à Nicéphore.
En 8i I Tortose est soumise à la suzeraineté franke.
Le 4 décembre de la même année, mort de Karle, le fils aîné de
l'Empereur.
En Si 3 Karle associe son fils Lodwig à l'empire. 11 meurt le 28 jan-
vier 814.
PREMIER TYPE. — Sans Monogramme.
Planche V.
Sans nom d'atelier.
1. CAR — LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f RXF, R et X liés, deux points entre R et F, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 3o fr.
2. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ RXF, R et X liés, un triangle entre deux points avant R, un point
entre R et F, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'Imphy . . . . Valeur 5o fr.
Nous avons déjà vu sous Pépin (n*** 8, 9, 10, 11, i3, i5, 16) et sous
Carloman (n° i) ces deniers portant d'un côté le nom du roi, de l'autre
le titre Rex Francorum, sans indication de lieu de fabrication. Que sont
ces deniers? à quelle occasion ont-ils été frappés? Je ne vois aucune
hypothèse satisfaisante à présenter ; je m'abstiens donc, laissant le pro-
blème intact.
Aix-la-Chapelle (Aqvis Grani Palatium).
3. CARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ lî AQVISGRAN en légende circulaire autour d'une petite croisette
pommetée, cercle de grènetis.
Denier Valeur 5oo fr.
Ce denier, que je n'ai pas vu en nature, a été publié à Dresde par
Cappe {Die Mûn^en der deutschen Kaiser und Kbnige, pi. I, tf i)
puis en France par Combrouse, pi. XI, n® i.
SECONDE RACE. 97
Amiens (Ambianis Civitas).
4. EAR— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f AM— BIAN en deux lignes, séparées par un trait plein, barre d'abré-
viation sur N, cercle de grènetis.
Denier, publié par Combrouse, pL XII, n» 2 ... Valeur 400 fr.
Ce denier, s'il est bien authentique, appartiendrait sans conteste à
l'atelier d'Amiens ; les extrémités pommetées, des lettres du revers en
font bien une pièce septentrionale, mais Amiens est bien à Touest de
l'Austrasie, pour avoir gardé ce caractère particulier. En outre la forme
bizarre du premier A me laisse certains doutes sur son authenticité.
Amboise? (Ambacia Vicus).
5. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f AMB en monogramme, point sur l'M, croisette au centre, au-dessous de
la croisette un petit point, cercle de grènetis.
Denier égrené sur les bords. Ma collection Valeur 100 fr.
Ce denier a été publié par moi dans V Annuaire de la Société française
de numismatique et ^archéologie et attribué à Amiens. Plus tard, en
l'étudiant avec soin, remarquant l'O carré qui est une caractéristique
du pays blaisois ; tenant compte, de plus, d'un atelier abbatial impor-
tant à Saint-Firmin d'Amiens, ainsi qu'on le verra plus loin, j'ai pensé
que c'était beaucoup de trois variétés aussi différentes les unes des
autres pour une seule ville, et je crois en définitive pouvoir restituer ce
denier à Amboise dont l'atelier eut une fabrication assez active sous la
première race.
Angers? Langres?
6. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ÇT A*M*D*E? en monogramme dans un cercle de grènetis, un demi-cercle
de points entoure les lettres DE.
Denier. Ma collection. (Voir Pépin, n» i, et Carloman, n» 2).
Je n'ai pas à revenir sur ce denier identique, comme revers, avec ceux
de Pépin-le-Bref fpl. I, n^ ï) et Carloman (pi. IV, n® 2). J'ai donné les
raisons qui me le font regarder comme étant de fabrication moderne,
je n'y reviendrai pas.
Angoulème (Ecolisina Civitas).
7. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
13
98 MONNAIES FRANÇAISES.
5^ EEOLISINA en légende circulaire autour d'une petite rosace à huit
pétales dont quatre grands et quatre petits, cercle de grènetis.
Denier. Ancienne collection Voillemier Valeur 200 fr.
Cette monnaie est un des rares deniers à légende bilinéaire frappés
par Charles en Aquitaine au commencement de son règne, avant Tin-
tronisation de Louis (781). On ne connaît pas, sous la seconde race,
d'autre produit de l'atelier d'Angouléme. Le nom ECOLISINA est donné
par Grégoire de Tours.
Antrain.
8. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ INT— TRÀ-NO en trois lignes séparées par des traits, I et N liés,
cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 25o fr.
Je me suis étendu si longuement sur les produits de cet atelier d' An-
train (Pépin-le-Bref, n*" 2, 3,4) que je n'y puis rien ajouter. Je ferai
seulement remarquer que les dégénérescenses de légende sous le règne
du premier roi carolingien , et le retour à une forme parfaite et régulière
sous le règne de son fils, prouvent bien qu'il s'agit là, non pas d'un
nom d'homme, mais bien d'un atelier monétaire.
Arles.
9. *DNKARLVSIMPAVGREXFETL, (c'est-à-dire Dominus Noster KARLVS
IMPerator AVGustus REX FRancorum ET Longobardorum). Buste
lauréj orné du paludamentum tourné à droite^ le tout dans un cercle de
grènetis;
Çf AR*EA'T*0 autour d'une porte de ville ou barrière de jeux.
Denier. Ma collection; poids 16^^70 Valeur 1,000 fr.
Ce denier, qui porte des traces de dorure, a été monté en bijou. Je
l'ai acquis de M. Charvet; il provenait de la collection de Vesvrotte. Il
ne peut y avoir aucun doute sur son attribution, le titre du roi des Lan-
gobards ne pouvant appartenir à aucun autre Charles. De toutes les
pièces à effigie, que nous a léguées la numismatique carolingienne,
celle-ci est une de celles qui se rapprochent le plus du sou d'or romain.
On n'a nullement cherché à faire un portrait de Charlemagne. C'est
une tête d'empereur romain et c'est évidemment l'œuvre d'un artiste
italien ; c'est vraiment de l'art, et il est malheureux que le temps lui ait
enlevé un peu de finesse et de relief.
SECONDE RACE. 99
Le revers, suivant M. Cartier, représente l'entrée d'une lice formée
de deux poteaux surmontés d'une espèce d'ornement grossier et liés
entre eux par des traits qui ressemblent à des cordes. Ce type, qui rap-
pelle les jeux célèbres de l'amphithéâtre d'Arles où présidèrent les
empereurs romains, puis nos rois franks, a donné naissance à la porte
dont les deux côtés sont surmontés d'une boule. C'est bien encore l'en-
trée, grossièrement figurée, d'une ville forte ou d'un camp. Ce n'est pas
l'origine du portail d'église ou autel chrétien qui a été employé con-
curremment.
10. EAR-LVS en deux lignes dans un cercle de grènetis^ A et R sont liés;
5^ Grande croix surmontée d'une croisette^ et dans les quatre cantons de
laquelle se trouvent les lettres A'R'D'S; cercle de grènetîs.
Denier. Ma collection Valeur 5o fr.
11. EARO— LYS en deux lignes dans un cercle de grènetis A et R sont liés;
5^ Grande croix à branches égales dont trois se terminent par un point et
la quatrième est surmontée d'un trait d'abréviation qui doit s'appliquer
aux lettres A et R qui sont placées dans les deux premiers cantons de
la croix, D dans le troisième canton^ IS dans le quatrième.
Denier. Cab. de Fr Valeur 5o fr.
12. CAR— LVS en deux lignes séparées par une croix à branches égales; deux
groupes de trois points de chaque côté de la croix, le tout dans un cercle
de grènetis;
5^ Semblable à celui du n® 11.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d*Imphy .... Valeur 5o fr.
i3. EARO— LVS en deux lignes séparées par trois points; A et R liés, le tout
dans un cercle de grènetis;
!Çr Grande croix à branches égales surmontée d'un sautoir, en-dessous un I ,
un point à gauche et dans le quatrième canton, les lettres A*R*D*S dans
les quatre cantons de la croix, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de M Valeur 5o fr.
Les quatre deniers qui précèdent ont été regardés par M. de Long-
périer comme représentant un nom d'homme, Ardus ^ qu'il retrouve dans
divers textes. Eckhart a lu AR{ela) DIS pour ARELATIS et Lelev^el
AR(:)SID l'Arzat près de Rodez. Je partage l'opinion d'Eckhart et donne
les quatre deniers à l'atelier d'Arles .
La disposition toute particulière de la légende du revers est une
forme essentiellement méridionale ; nous la retrouverons à Marseille,
à Avignon, toujours applicable à un nom de localité, jamais à un nom
loo MONNAIES FRANÇAISES.
d'homme. Ce n'est pas que je regarde comme insoutenable l'opinion du
savant académicien, mais ainsi que je l'ai dit, dans le doute entre un nom
d'homme et un nom de lieu, je donnerai toujours la préférence au
dernier.
Arras (Atrebatis Civitas).
14. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ ADRA— DIS en deux lignes, TR et l'A sont liés, deux points dans le
champ, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur i5o fr.
Ce denier met encore en présence les deux légendes locale et nomi-
nale. M. de Longpérier tient pour la seconde. Il fait remarquer qu'Ad-
radus et Adraldus étaient des formes très fréquentes sous la seconde
race, que la terminaison Dis est ordinairement, il est vrai, propre aux
noms féminins, mais que Theudis, Dabaudis et Amadis prouvent qu'elle
s'appliquait aussi aux noms d'hommes. Il ne trouve pas, du reste,
ajoute-'t-il, de lieu auquel il pourrait appliquer ce denier. Il y avait bien,
non loin de Tournai, une pilla dominica qui se nommait Adra^ mais
Adra n'est pas Adradis. Quant à l'Artois, son nom, dans les chartes ou
ordonnances royales, était Pagus Adertensis ou Adertinus
Il y a à faire cette objection que si l'Artois a pris parfois le nom de
Pagus Adertensis, la cité d'Arras a toujours porté les noms de Civitas
Atrabatum ou Atrebatum, les monnaies mérovingiennes nous donnent
la forme Atrebetis ou Atrebatis, que nous retrouvons aussi sous
Charles -le -Chauve et ses successeurs. Or ADRADIS est le même
mot que ATRATIS, le changement de T en D étant parfaitement con-
forme aux règles de la linguistique de l'époque, et le nom ATRATIS
n'est que l'abréviation de ATR(eb)ATIS qui représente la ville d'Arras.
Je crois donc pouvoir maintenir l'attribution à Arras de notre denier.
M. B. Fillon, reproduisant l'avis de M. de Longpérier, a cru aussi
pouvoir reconnaître dans Adradis un nom d'homme et pense (sans dire
ses raisons) que ce denier a été fabriqué dans le nord-est de l'Aqui-
taine.
Avesnes (Avennes ou Avenna Oppidum).
£5. EARO— LVS en deux lignes dans un cercle de grènetis;
5f AS— VE en deux lignes séparées par un trait^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; vente Dassy Valeur 200 fr.
SECONDE RACE. loi
M. de Longpérier, qui le premier a publié ce denier, croit reconnaître
dans la légende du revers les lettres AS VE^ commencement du nom
d'Avesnes. Le faire de cette pièce est, dit-il, tout-à-fait septentrional ; il
suffit de le comparer aux deniers d'Avignon pour constater la différence
complète des deux fabrications.
Ce denier est certainement austrasien; quant à y lire Avesnes, je
serais peut-être plus circonspect que notre illustre maître, je crois la
pièce plus septentrionale, et si Ton veut comparer le mot CAROLVS du
droit avec le même nom sur les n"^* 19 (Babenhausen) ; 22 (Bonn); 32 et
suivants (Cluse); 45, 46 et suivants (Dorestadt), on reconnaîtra là une
famille de pièces fabriquées dans la région du nord du Rhin et sur les-
quelles je me permets d'appeler l'étude des savants belges ou néerlan-
dais.
M. Serrure veut lire sur le revers de cette pièce le mot NA-MV ré-
trograde; c'est une erreur. Il suffit de comparer notre denier avec le
n"" 100 qui, vu par M. Robert, a été fidèlement reproduit par lui, pour
qu'il ne reste aucun doute sur Téloignement des deux ateliers dont ils
sont les produits.
Avignon (Avinio, Avenio Civitas).
16. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés^ trois points dans le champ, cercle
de grènetis;
5f AV liés ENI, groupe de trois points au-dessus et au-dessous de l'E,
croisette à droite^ trois points dans le champ.
Denier. Ma collection Valeur 3oo fr.
17. EAR— LVS en deux lignes, deux points dans le champ, un gros et un petit,
cercle de grènetis;
!Çf Grande croix à quatre branches égales, au-dessus une barre, au-dessous
deux points. Dans les quatre cantons sont les lettres A— VI— NI— O, le
tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr.; denier en mauvais état .... Valeur 200 fr.
Ces deux deniers sont très différens l'un de l'autre ; le premier a été
trouvé dans le département du Gard. Il ne reproduit pas le type méri-
dional du second ; je les crois bien, cependant, tous deux sortis de l'atelier
d'Avignon, les lettres sont trop nettes, trop lisibles sur les deux exem-
plaires, pour laisser place au doute.
Avranches (ABRiNCATiE^ Abrincle Civitas).
18. CAR — LVS en deux lignes A et R liés;
Çf ABRN-CAS en deux lignes, A et B liés.
Denier. Combrouse, pi. XII^ n^ 1.
I02 MONNAIES FRANÇAISES.
Je n'ai vu et ne connais personne qui ait vu ce denier en nature. Ce
n'est pas que je nie son existence^ mais l'aspect assez barbare du dessin
qu'en donne Combrouse me fait supposer qu'il ne l'a pas vu lui-même.
Avranches est, du reste, une ancienne cité, atelier assez actif sous la
première race, dont les produits portent indifféremment les légendes
ABRINKTAS, ABRENKTAS et ABRINCATAS.
Babenhausen ou Saiat-Bavon (Sancti Babonis Monasterium).
19. EARO — LVS en deux lignes^ cercle de grènetis;
5^ BAB— c/Dc/) en deux lignes, entre lesquelles paraît un M, francisque ou
hache au-dessus de la légende^ cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 35o fr.
M. de Longpérier et M. de Barthélémy ont vu, sur ce denier, un
produit de l'atelier de Babenhausen, ville située dans le comté de Hanau
en Vétéravée, entre Mayence et Aschafenbourg.
M. Camille Picqué croit y reconnaître une monnaie frappée à Gand
dans l'atelier établi au monastère de Saint-Bavon dont Éginhard fiit
nommé abbé peu de temps après la mort de Charlemagne.
Cette dernière attribution me semble la meilleure, Gand se trouvant
assez rapproché de Bonn, Cluse et Dorestadt dont les légendes du droit
offrent avec celle-ci la plus grande analogie.
Ce denier nous présente à son revers la francisque ou hache que nous
avons déjà vue fréquemment sur les monnaies de Pépin. Nous y revien-
drons plus longuement à propos des monnaies de Dorestadt.
Besançon (Vesontivm^ Civitas).
20. CARO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis, A et R liés;
5f VE— SON en deux lignes séparées par une barre horizontale.
Denier. Ma collection Valeur 100 fr.
Ce denier a été publié en 1862 dans la Rev. N. Fr. pag. 53, et attribué
par M. Feuardent à un certain monétaire Hiesou, nom frank qui se re-
trouve dans les chroniques et les chartes sous les formes Hezo, Heizo,
Haiso.... Il faudrait donc admettre l'abréviation Hiesonno ou Hiesoni.
Mais je ferai remarquer que partout où nous avons trouvé des noms
d'hommes sur les monnaies, nous les avons toujours trouvés au no-
minatif. Je ne puis, quant à moi, me ranger à l'opinion de M. Feuar-
dent et je crois pouvoir lire sur cette pièce, un peu usée, le nom de
SECONDE RACE. io3
Besançon VE-SON (NO ou TIVM), formes sous lesquelles nous trouvons
ce nom écrit sur les chartes et sur les monnaies mérovingiennes.
On pourrait encore, lisant en boustrophédon, y reconnaître le nom
de SON-EGIE, Soignies.
Quant à la lecture NOS-CIE, je ne vois pas à quelle localité elle
pourrait s'appliquer.
Aucun caractère, aucun signe particulier ne vient nous aider à sortir
d'embarras.
Bingen (Bingiacvm). «
21. CAR— LVS en deux lignes séparées par une barre au sommet de laquelle se
trouve un groupe de trois points qui en fait une croix pommetée à long
pied. Toutes les extrémités des lettres sont aussi pommelées^ cercle de
grènetis •
!Çf BIN— GIAC en deux lignes^ à gauche un sigle que je ne puis déter-
miner j cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Ce denier est une variété de celui qui a été dessiné par Fougères et
Combrouse et dont M. Cartier disait: «ce denier a été fabriqué à Bingen,
ville située sur la rive gauche du Rhin entre Mayence et CoblentZD.
Cette pièce nous offre, en effet, tous les caractères des monnaies frappées
sur les bords du Rhin et dans TAustrasie orientale. Aussi cette attribu-
tion ne me semble-t-elle pas douteuse et bien préférable à celle qui veut
y reconnaître la ville de Binche dans la province de Hainaut.
Bonn (Bona).
22. EARO-LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
^ BONA^ au-dessus une francisque^ au-dessous une crosse.
Denier. Ma collection; poids i»',i25 Valeur 3oo fr.
23. EARO-LVS en deux lignes^ A et R liés^ cercle de grènetis;
5^ BONA, au-dessus une croisette et un point, au-dessous une francisque,
cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr. ; denier très fracturé Valeur loo fr.
L'attribution de ces deux deniers à la ville de Bonn n'a jamais été
contestée. Encore des deniers à la hache. Voir plus loin à la ville de
Dorestadt.
Châlon-sùr-Saone.
24. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ CAVI en monogramme, un point au-dessous, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 3oo fr.
104 MONNAIES FRANÇAISES.
Ce denier est à peu près le même que celui qui est décrit pi. I, n** 20 ;
je n*ai rien à ajouter à ce qui en a été dit.
Planche VI.
Chartres.
25. CAR— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
5^ CARNOTIS en légende circulaire autour d'un S barré.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
Ce denier offre tous les caractères des pièces frappées dans TAustra-
sie orientale. Appartient-il bien à Tatelier de Chartres? sous Pépin nous
avons trouvé (n** 80) un denier austrasien offrant des analogies frap-
pantes avec les deniers de Chartres au type de Saint-Chéron.
26. EARO — LVS en deux lignes, A et R Jiés, cercle de grènetis;
5^ S CARNOTAS en légende circulaire autour d'une croisette centrale,
cercle de grènetis.
Denier. Rev, N. Fr. 1846, p. 124 Valeur 200 fr.
27. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, quatre points au centre, cercle de
grènetis ;
5^ S EARNOAS en légende circulaire entre deux grènetis, au centre une
croisette.
Denier. Rev. N. Fr. 1846, p. 124 Valeur 200 fr.
28. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, quatre points dans le champ,
cercle de grènetis ;
!Çf Saint Chéron debout et nimbé, tenant de chaque main une croix, dans
le champ deux lignes verticales de trois points chacune, un point de
chaque côté du Saint, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A.; découverte d'imphy . . . Valeur 35o fr.
Ce denier n'est autre chose que la continuation par Charlemagne du
type de Pépin que nous avons déjà vu (pi. I, n® 24).
Clermont-Ferrant (Arverna ou Arvernis Civitas).
29. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, signe triangulaire entre les deux
lignes, cercle de grènetis;
5^ ARVR-NIS en deux lignes, A et R liés, ainsi que V et R, signe trian-
gulaire entre les deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur lyS fr.
30. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés ainsi que V et R, cercle de grènetis;
SECONDE RACE. io5
y ARVR— NIS en deux lignes^ A et R liés ainsi que V et R, point entre
les deux lignes^ cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 175 fr.
Ce denier n'est qu'une variété du précédent.
3i. CARO— LVS en deux lignes^ A et R liés;
iÇf AR SN I disposés en cercle autour d'un signe triangulaire.
Ce denier, publié par Combrouse (pi. XIII, n** i) me paraît n'être
qu'une copie infidèle des n°" 29 et 3o; les lettres semblent avoir été
jetées au hasard dans le champ de la pièce.
La ville de Clermont-Ferrant garda son nom d'ARVERNA (capitale
des Arvernes) jusqu'aux dernières années du règne de Charles-le-
Chauve où il fut remplacé par celui de CLARVSMONS qui n'était anté-
rieurement que le nom du château-fort.
Cluses (CLvsiiEy Clvsios).
32. EARO— LVS en deux lignes^ cercle de grènetis;
y ELS, point après E, cercle de grènetis, les extrémités des lettres sont
pommetées.
Denier. Ma collection Valeur i25 fr.
33. EARO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
5f ELS, deux points séparés par une barre avant le E, les extrémités des
lettres fortement pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur i25 fr.
34. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ ELS à droite et à gauche du E une petite barre horizontale séparant
deux points, cercle de grènetis, les extrémités des lettres sont fortement
pommetées.
Denier. Mus. de B Valeur i25 fr.
35. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ ELS, du trait supérieur horizontal du E part une ligne verticale ter-
minée par un point, les lettres sont fortement pommetées.
Denier. Ma collection Valeur i25 fr.
36. Semblable au précédent, seulement, au revers, le E est précédé d'une petite
barre horizontale séparant deux points.
Denier. Ma collection; poids iï',300 Valeur 125 fr.
Dans un autre denier, faisant partie aussi du musée de Bruxelles, la
barre verticale qui part du E est remplacée par une crosse renversée ou
hameçon.
14
io6 MONNAIES FRANÇAISES.
37. CARO-LVS en deux lignes, A et R liés^ cercle de grènetis;
'QC CLSj annelel après le E, deux points de chaque côté de TS, cercle de
grènetis, lettres fortement pommetées.
Denier. Mus. de B. . Valeur i25 fr.
38. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ ELSj à gauche du E une barre horizontale séparant deux points, à sa
droite une croisette. Comme dans toutes les pièces précédentes, les extrémités
des lettres sont fortement pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur i25 fr.
J'ai tenu à donner toutes les variétés connues de ce denier; il est peut-
être, de toute la série carolingienne, celui au sujet duquel les opinions
ont le plus varié. On a proposé Calais, Chelles, Mons, Cologne, et Ton
s'est généralement arrêté à l'attribution la plus mauvaise, celle qui en
fait un produit de l'atelier de Cologne. Lelewel a proposé Cayeu
[Cadocum)^ Combrouse préfère Eu dont le nom Auga ne répond
aucunement aux lettres qui forment la légende.
Je repouse formellement Cologne, qui ne s'est jamais nommé Colonis^
nom qui, représenté par les maires lectionis^ donnerait CENS et non
CLS; de même Colonia donnerait CLN. Nous verrons, du reste, que les
caractères, dont sont formées les légendes, ne peuvent convenir à
Cologne.
J'aurais mieux aimé Mons dont le nom Castri-Locus serait mieux
représenté par la légende du revers.
Mais à toutes ces attributions je préfère beaucoup celle de Cluses.
M. de Longpérier l'avait adoptée, parce qu'il avait trouvé son nom,
Clusiœ^ dans le partage de 906 entre les fils de Charlemagne. J'ai
trouvé dans la Gai lia Christiana un texte qui nous donne non seulement
le nom de Cluses, mais encore nous indique son importance au temps
de Louis -le -Débonnaire ; voici ce texte que l'on retrouvera Inst. V
Ecclesiœ Argentoratensis :
Privilegium Ludovici PU imperatoris^ Bernaldo episcopo Argentino
concessum (circa83i).
In nomine Dei et Salvatoris nostri Jesu Christi Ludovicus, divina
ordinante providentia, imperator auguslus. Notum igitur esse volumus
omnibus fidelibus nostris praesentibus scilicet et futuris , quia vir vene-
rabilis Bernaldus Stratburgensis episcopus adiens serenitatem culminis
nostri obtulit obtutibus nostris quondam praeceptionis auctoritatem
SECONDE RACE. 107
domini et genitoris nostri Karoli praestantissimi augusti, in qua contine-
batur quod idem domnus et genitor noster Karolus pro emolumento
animœ suœ eidem Stratburgensi ecclesiae concesserit , ut ubicumque per
civitates, castelio aut trajectus vel portus, excepto Quentowido, Dore-
stado atque Clusios homines memoratae ecclesiae navigio vei terreno
(id est cum carris et Saumariis) negociandi gratia irent et redirent
nullum telonium quisquam reipublicae administrator ab eis exigeret....
Cluses était donc un trajectus ou portus d'importance égale à ceux de
Quentowic et de Dorestadt. Voici un premier point établi. Cherchons
maintenant à déterminer, autant que possible, l'emplacement de ce
portus.
Si l'on examine avec soin la face des deniers de Charlemagne, on
verra de suite qu'un certain nombre d'entre eux portent des caractères
de forme toute spéciale. Il y a là comme une grande famille dont les
membres doivent se trouver réunis dans un espace assez resserré. Ainsi
prenons les numéros 19 (Saint-Bavon) ; 22 (Bonn) ; 32, 84, 35, 36, 37,
38 (Cluses) ; 45, 46, 47, 49, 5o, 5i (Dorestadt) ; 57 (Goch); 64, 65, 66
(Limbourg?). Examinons la façon dont s'écrit sur ces deniers le nom du
roi CARO-LVS, nous verrons de suite le monogramme, formé par les lettres
A et R, affecter une forme toute particulière et qui ne se retrouve nulle part
ailleurs; toutes les lettres sont larges, épaisses, les angles arrondis. Il est
impossible de ne pas en déduire le voisinage des ateliers qui ont produit
ces émissions d'aspect si uniforme. C'est donc dans le triangle formé par
Dorestadt, Bonn et Gand que doit se trouver Cluse et, selon moi, bien
plus près de Dorestadt que de Bonn ou de Gand.
Je ne doute pas que, circonscrivant ainsi leurs recherches, les numis-
matistes belges ou hollandais n'arrivent promptement à déterminer
l'emplacement de cet abondant atelier monétaire.
Condé-sur-rEscaut.
39. CARO— LVS en deux lignes A et R liés^ cercle de grènetis;
TjC EON— DAT en deux lignes séparées par une barre horizontale^ à gauche
une hache, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de Lausanne Valeur 3oo fr.
J'ai déjà donné, pi. II, n*' 26 un denier de Pépin-le-Bref sortant du
même atelier. Les quelques doutes qui pouvaient subsister sur le classe-
ment du premier de ces deniers, ne peuvent exister pour le second. C'est
io8 MONNAIES FRANÇAISES.
bien à une localité austrasienne qu'il doit être rapporté, et je ne vois
pas d'autre Gondé qui puisse, dans ces régions, réclamer l'émission de
cette monnaie.
Dinant (Deonantym Vicus).
40. EARO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
!Ç^ DEO-TNAN en deux lignes dont la seconde se lit de droite à gauche
de manière à donner le nom DEONANT, les deux lignes sont séparées
par une barre horizontale ^ trois points sous la légende, toutes les lettres
de la légende sont pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de B Valeur 200 fr.
41. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ DEO— NEN en deux lignes séparées par une barre horizontale, cercle
de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur lyS fr.
42. EARO— LVS en deux lignes, A et R sont liés, cercle de grènetis;
!Çf DEO — NEA en deux lignes séparées par une barre horizontale, cercle
de grènetis, lettres pommetées.
Denier. Mus. de Namur Valeur 175 fr.
Ces trois deniers ont été émis à Dinant (Province de Namur). Cet
atelier avait déjà fonctionné sous la première race et nous trouvons son
nom écrit DEONANT, DEONANTE, DEONV, DEONTE.
Selon M. Serrure, outre les formes ci-dessus du nom de l'atelier, on
trouve encore, sous la seconde race: DEONAN, DEONTNIT, DEONIT,
DEONINIL
Dinant possédait une église sous le vocable de la vierge, on lui a
attribué des deniers au nom de SCAMARIA.
Dorestadt (Dorestatvs).
43. KAROLVS IMP AVG autour d'un buste couronné et orné du paludamentum,
tête à droite, cercle de grènetis;
ÇT DORESTADO * en légende circulaire autour d'un vaisseau dont le
mât est terminé par une petite croix, cercle de grènetis.
Denier. Mus, de B Valeur 1,000 fr.
Ce très rare denier a été publié par Van-der-Chijs pi. XXII, n** 5. Il a
été trouvé à Vik près Dorestadt. Son style se rapproche beaucoup de
celui des deniers de Louis-le-Débonnaire ; il a cependant plus d'ampleur.
On ne peut l'attribuer à aucun autre Charles, puisque Dorestadt avait
été complètement détruit avant que Charles -le -Chauve eut pris le titre
d'empereur.
*
SECONDE RACE. 109
44. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
y DOR— STAT en deux lignes, un point sous le dernier I, une hache
ou francisque couchée, cercle de grènetis.
Denier, Van-der-Chijs, pi. IX, n» 4 Valeur 25 fr.
45. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
ly DOR— STAD en deux lignes, un croissant au-dessus, au-dessous la hache
ou francisque, deux points dans le champ, cercle de grènetis.
Denier, découverte de Sarzana Valeur 25 fr.
46. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
no^— STAT en deux lignes, deux points et une hache sous la légende,
cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; poids U'',20o Valeur 25 fr.
47. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ DVR— TAT en deux lignes, une hache sous la légende, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 25 fr.
48. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
!Qf ATSVDS en lettres semées à peu près au hasard dans le champ, une
hache au-dessous de la légende, cercle de grènetis.
Denier. Musée de La Haye Valeur 25 fr.
J'ai pris le dessin de ce denier dans l'ouvrage de Van-der-Chijs, je
ne l'ai pas vu en nature.
Un autre denier de Dorestadt, publié par Van-der-Chijs, porte au
revers le mot DOR-STAD, la première ligne écrite de droite à gauche, la
seconde de gauche à droite; au-dessus un annelet, dessous une hache.
CARO-LVS est écrit en légende rétrograde.
Planche VIL
■
49. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ TAGLT écrit circulairement autour d'un A, une hache avec un point
au-dessus de la légende, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25 fr.
50. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, point dans le champ, cercle de
grènetis;
iÇf Sc/^a— TVT, hache au-dessus 4e la légende, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25 fr.
5i. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
!9^ Deux croissants renversés se touchant par une pointe et munis chacun
d'un appendice en forme de petit croissant; Q- TVT, hache au-dessus de
* •
la légende, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 25 fr.
iio MONNAIES FRANÇAISES.
J'ai donné la description de tous ces deniers de Dorestadt pour
montrer les dégénérescences successives du revers. La fabrication s'en
prolongea bien après la mort de Charlemagne comme le prouve le
dessin ci-dessous publié par Van-der-Chijs, pi. XXI, n° lo, fabriqué pro-
bablement en Scandinavie et communiqué par Thomsen au savant
auteur hollandais.
On remarquera que sur tous les deniers de Dorestadt figure une
hache ou francisque. 11 en est de même sur les monnaies émises à
Saint-Bavon (n" 19) Bonn (n"' 22 et 23), Condé (n" 3g). Pourquoi cette
marque commune à des ateliers assez éloignés les uns des autres ?
Les uns ont voulu y voir un marteau de constructeur de navire.
M. Thomsen (1842-1843) y reconnut la francisque, arme de prédilection
des Franks, employée dit-il, pour marquer l'origine franke. Cette
interprétation est généralement admise ; mais pourquoi trouve-t-on cette
marque distinctive seulement dans les ateliers indiqués plus haut ? le
sens doit en être autre que celui indiqué par M. Thomsen.
« Les deniers à la hache, dit M. de Barthélémy {Rev. N. Fr. i85g,
p. 193), furent reçus avec une telle faveur en Allemagne que l'on persista
à les imiter bien postérieurement au règne de Charlemagne Je ne
me hasarderai qu'à proposer une conjecture pour expliquer ce sym-
bole de la hache, répété dans trois ateliers monétaires différens*; je
n'ai vu nulle part que l'on ait cherché à aborder ce problème :
L'investiture des grands commandemens, puis des grands fiefs, se
faisait généralement par la tradition d'un objet ou d'une arme: Est enim
consuetudo Curiœ, ut régna per gladium, provincicB per vexUlum a
principe tradanlur, vel redpiantur. On trouve dans Ducauge, à qui
j'ai emprunté ce texte, la mention d'investiture per mucronem^ per
traditionem ensis evaginatt, per Hastam, per sceptrum^ per vexillum, per
bipennam,per lanceam et gonfanum... etc.
■ Il y en a quatre en y comprenant celui de Condé que ne connaissait pas M. de Barthélémy.
SECONDE RACE. m
Les armes nationales des Franks étaient la framée, espèce d'épée, et
la hache dite francisque. Ne serait-ce pas cette dernière arme qui figure
sur nos deniers ? Dans l'affirmative, ne serait-ce pas là un signe d'in-
vestiture ? Il y aurait lieu de rechercher dans l'histoire de la Germanie^
si les monnaies à la hache ne viennent pas d'une fabrication faite^ au
nom du souverain, par quelque personnage investi de grands comman-
demens ou de bénéfices militaires en pays conquis. Puisque Charle-
magne ordonnait que nul autre que lui ne frappât monnaie, on a droit
de supposer qu'il voulut arrêter la tendance que ses grands officiers
avaient à s'attribuer cette prérogative. D'un autre côté, la faveur
qu'avaient les deniers à la hache à une époque postérieure, alors que
la véritable féodalité avait envahi l'Allemagne, semblerait donner
à ces pièces une origine quasi féodale ».
Tout en admettant l'hypothèse très ingénieuse de M. de Barthélémy
pour expliquer l'immobilisation de ce type de la hache sur les monnaies
de Dorestadt, il y aurait lieu de faire toutes réserves vis-à-vis de ses
conclusions; l'origine de ces pièces ne serait pas quasi féodale, mais
purement royale, et la féodalité se serait appliqué plus tard et le type
royal et son usage comme marque d'investiture.
Peut-être, au résumé, n'y a-t-il là rien autre chose que la faveur
publique s'attachant à une monnaie de fabrication loyale et régulière,
comme il arriva plus tard pour les monnaies au type tournois de l'ab-
baye de Saint-Martin de Tours.
52. Grand monogramme par KRLS dans un cercle de grènetis;
iÇf DORESTVDO en légende circulaire autour d'une croix à branches
égales dans un cercle de grènetis.
Obole. Mus. de B Valeur 200 fr.
C'est tout-à-fait à contre-cœur que je donne à Charlemagne cette
obole de Dorestadt; pour moi elle appartient à Charles-le-Chauve ; je
me suis laissé aller à admettre avec les auteurs belges que Dorestadt
avait été complètement détruit avant la fin du règne de Louis-le-
Débonnaire. Ne serait-il pas plus logique, au lieu d'attribuer à Charle-
magne une obole, unique dans tout son règne, de croire que c'est
seulement à une des deux grandes invasions normandes de 847 et 864
qu'eut lieu la ruine complète de cet Emporium si riche et si commerçant?
112 MONNAIES FRANÇAISES.
Dun-snr-Heose (Dvnvm).
53. 9^ CAROLVS R* en légende circulaire entre deux grènetis; au centre une
petite croix;
5^ DVN — NOS en deux lignes séparées par une barre horizontale^ cercle
de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 3oo fr.
Ce denier est unique dans la série des monnaies de Charlemagne ;
le nom du roi y est écrit en légende circulaire, sans monogramme.
La désinence du nom du lieu inscrit au revers est aussi une anomalie,
je n'en vois d'autre exemple que le nom de Clusios.
J'ai attribué ce denier à l'atelier de Dun-sur-Meuse^ et cependant il
n'a aucun des caractères des monnaies austrasiennes ; Châteaudun
paraissait devoir mieux convenir; mais je ne l'ai jamais vu écrit sous
cette forme abrégée DVNNOS, c'est ce qui m'a empêché de lui donner
cette pièce si intéressante.
Gervais (Gervasivs).
54. CAR-LVS en deux lignes A et R liés, à droite et à gauche trois points en
triangle, au centre un point, cercle de grènetis;
5^ GER— VASI en deux lignes séparées par une rangée de points, trois
points dans le champ; à Tavers comme au revers les lettres sont légère-
ment pommetées, cercle de grènetis;
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 200 fr.
55. CAR-LVS en deux lignes^ A et R liés; à droite et à gauche deux croisettes
formées de quatre points, point au centre, cercle de grènetis;
5^ •GER— VASI en deux lignes séparées par une barre horizontale, point
sous l'A, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 200 fr.
Ces deux deniers me paraissent, sans contredit, présenter un nom
d'homme, le nom de Gervais, très usité à cette époque. Les caractères
des légendes me semblent être ceux que j'ai reconnus aux monnaies
austrasiennes, ce serait donc un comte ou marquis des Marches du
Rhin qui aurait fait frapper ces deux monnaies.
?
56. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5c GVIL-QACOG en deux lignes séparées par une barre horizontale,
cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 200 fr.
SECONDE RACE. ii3
Je ne puis donner aucun sens à la légende du revers. Est-ce un nom
de lieu? est-ce un nom d'homme? la première ligne semble le com-
mencement de Guilelmus, et j'étais tenté de retrouver là le nom de
Guillaume-au-court-nez, mais les caractères de la seconde ligne ne
présentent aucune lecture satisfaisante. Je laisse à de plus savants ou
plus adroits cette énigme à déchiffrer. Ce ne sera malheureusement pas
la seule que nous rencontrerons.
Tout ce que je puis dire, c'est qu'il faut chercher ailleurs que dans
les provinces septentrionales ou orientales l'émission de ce denier. Je
pencherais pour le nom d'un comte des Marches d'Espagne avant l'in-
tronisation de Louis comme roi d'Aquitaine.
Goch (Gochvm).
57. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ EHO^GIS en deux lignes, lettres très fortement pommetées, cercle de
grènetis, point au centre.
Denier. Mus. de B Valeur 200 fr,
58. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènelis;
iÇf EHO—GIS en deux lignes, lettres très fortement pommetées, point au
centre, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; poids iir^,25o Valeur 200 fr.
M. de Longpérier place aux Choges, lieu situé près de Randan (Puy-
de-Dôme), l'atelier que représente ce nom de Chogis. M. Serrure, sans
donner aucun motif à son attribution, dit simplement : Charlemagne
CHO
battit à Huy des deniers au type bilinéaire avec -^î^'
Enfin M. de Coster, discutant l'opinion de M. de Longpérier, nous
donne, je crois, la situation vraie de Tatelier où a été frappée cette
monnaie. Il nous apprend d'abord que c'est dans le nord de la Belgique
que ces deniers ont été trouvés et il propose la ville de Goch, à deux
lieues de la frontière de la Gueldre actuelle, sur la route de Clèves à
Gueldre, une des villes les plus anciennes d'entre Meuse et Rhin, capi-
tale d'une province à laquelle elle avait donné son nom ; c'était les
Gugerni ou Gogerni, enclavés depuis dans le duché de Clèves et de
Juliers. On sait, dit-il, que dans le Nord, pour certaines combinaisons
orthographiques, le G, le G et la diphtongue CH se confondent con-
tinuellement. Nous verrons encore le nom de Maëstricht s'écrire TRIG,
TRICH ou TRIEGT. Je suis persuadé que notre CHOGIS nest autre
/ 15
114 MONNAIES FRANÇAISES.
chose que le Goch actuel. Goch, la Gochia, le Gochum des modernes
fut compris dans le territoire de l'empereur Lothaire, et nous verrons
plus tard deux deniers de cet empereur portant les légendes HOGSI et
HOGIS qui ont dû être frappés dans cet atelier de Goch.
Remarquons de plus, que par la forme des caractères du droit et du
revers, ces deniers appartiennent, ainsi que je l'ai dit, page 71, à la
grande famille des monnaies frappées sous Charlemagne au nord-est
de TAustrasie.
?
59. EARO— LVS en deux lignes, A et R^ cercle de grènetis;
5f lAI— VDI en deux lignes séparées par une croix à long pied placée
horizontalement, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur i5o fr.
La collection Voillemier renfermait un denier semblable où la ligne
supérieure du revers était écrite IVI.
Encore une énigme dont la solution m'échappe. C'est dans les pro-
vinces occidentales ou méridionales que doit être cherché l'atelier d'où
est sorti ce denier.
Laon (LvGDVNVM ClavatvMj Lavdvnvm Civitas).
60. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ L*A* VDVN en légende circulaire autour d'une croisette, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
61. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, point au centre, cercle de grènetis;
5^ L*'*AVDVN en légende circulaire autour d'une croisette, cercle de
grènetis.
Denier un peu fracturé; Ma collection Valeur i5o fr.
Ces deux deniers ont été émis à Laon. Charlemagne y possédait un
château, et une charte de lui , en faveur de Saint-Martin de Tours, se
termine par ces mots Actum Castro Lauduno. Laon se nommait à cette
époque indifféremment Laudunum ou Lugdunum Clavatum. Le nom de
Laudunum pourrait aussi convenir à Loudun, mais l'importance beau-
coup plus grande de Laon, et surtout les trois points en triangle qui
sont une marque distinctive des ateliers orientaux, me fait, sans hésiter,
donner la préférence à Lugdunum Clavatum.
SECONDE RACE. ii5
Le Mans (Cenomanni Civitas).
62. CAR'.— L*VS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
iÇf EINOMNI en légende composée de deux parties demi-circulaires autour
d'une croix aux branches fortement pattées^ cercle de grènetis.
Denier. Mus. de Lausanne Valeur 200 fr.
Je suis Topinion de M. de Longpérier en donnant ce denier au Mans,
la disposition bizarre des lettres dont les unes sont placées verticalement,
les autres horizontalement, la coupure singulière de la légende, tout cela
me laisse des doutes sur l'exactitude de cette attribution. Les I ne
seraient-ils pas des traits d'abréviation? TM ne serait-il pas un W et le C
un A? Il y a lieu d'étudier cette pièce. L'exemplaire du Musée de
Lausanne provint de fouilles faites dans le lac Léman et m'a été
communiqué par M. Morel-Fatio.
Liège (Leodicvm Civitas).
63. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ LEO— DIEO en deux lignes, deux points dans le champ, cercle de
grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25o fr.
Leodicum était un vicus où résidait souvent Tévêque de Maëstricht
Lambert; après le martyre de ce dernier, son corps fut transféré par son
successeur à Liège où fut édifiée, en son honneur, une grande basilique,
et, en 710, Hucbertus episcopus sedem Episcopalem in eamdem
urbem transfert.
Carolus Gloriosus rex anno 769 celebravit natalem Domini in villa
quae dicitur Duria et pascha in Leodico vico publico. C'est ainsi que
parlent les anciens annalistes. Vicus publicus est même chose que Villa
publica et que fiscus.
Limbourg? (Lembvrgvs).
64. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ LEM, au-dessous X entre deux points, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
65. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ LE M, le trait d'abréviation se termine par trois points en triangle,
acheminement à la croix pommetée, au-dessous X entre deux points.
Denier. Cab. de Fr Valeur i5o fr.
66. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
ii6 MONNAIES FRANÇAISES.
^ LEM j au-dessus croix pommetée à long pied y couchée ; au-dessous
S couchéj cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur i5o fr.
67. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, huit points et un croissant dans
le champ, cercle de grènetis;
^ LEM, au-dessus croix pommetée à long pied, au-dessous S couché,
cercle de grènetis.
Denier. Coll. Fabre Valeur i5o fr.
En discutant l'emplacement de Cluse (n** 38), j'ai dit que les quatre
deniers qui précèdent avaient été émis dans une localité située au nord
de l'Austrasie. Je propose Limbourg, dont la situation correspond
parfaitement avec les indications données par le caractère de ces
monnaies , mais je ne suis pas assez certain de l'antiquité de cette ville
pour être bien affirmatif. En tous cas, c'est dans son voisinage qu'il
faudra chercher l'atelier représenté par les lettres LEM.
Quant à l'attribution à Limoges, quelque séduisante qu'elle soit et
bien qu'elle ait pour elle l'opinion de tous nos maîtres en numismatique,
elle ne peut pas supporter une discussion sérieuse.
Lyon (LvGDVNVN Civitas).
68. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
IjC LVG, point dans le G, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 100 fr.
69. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, deux points dans TS, cercle de
grènetis;
5^ LVG— DVN en deux lignes, trois points sous le second V, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Le trésor d'Imphy contenait deux deniers de Lyon {Première partie,
pi. II, n*''40 et 41) qui ne sont que deux variétés peu importantes des
numéros 68 et 69. M. de Longpérier faisait, au sujet du n® 41, remarquer
la forme triangulaire allongée du D qui rappelle la forme donnée à ce
caractère dans les notes tironiennes.
Maêstricht (Trajectvm ad Mosam).
70. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5f Type des anneaux entrelacés, cinq points dans le champ, cercle de
grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur i5o fr.
SECONDE RACE- 117
J'ai donné, page 22, les raisons qui me font attribuer ce denier à
Maëstricht, je n'y reviendrai pas.
71. CARO— LVS en deux lignes^ A et R liés^ cercle de grènetis;
5^ TRI — lECT en deux lignes dans un cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 200 fr.
Cette monnaie a aussi été attribuée à Utrecht : or, si on consulte , dit
M. de Longpérier, les textes historiques relatifs aux deux Trajectum, on
reconnaît que le nom de Trajectum ad Rhenum , Ulterius Trajectum a,
depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, conservé sa forme latine pure;
tandis que par une cause que nous ne connaissons pas, qui n'est peut-
être qu'une disposition organique des habitants, le nom de Trajectum
ad Mosam s'est altéré de bonne heure , dans la prononciation d'abord,
très probablement, puis sous la plume d'écrivains ou de copistes d'actes
qui s'en rapportaient plutôt à l'oreille qu'au sens du mot. C'est ainsi
que Ton trouve Trejectum et même Trijectum dans certaines parties
des œuvres de Grégoire de Tours. Cette différence d'orthographe fut
maintenue jusqu'à présent; aussi écrit-on Utrecht et Maëstricht {Cata-
logue Rousseau^ p. 68).
72. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ EAS— TRIE en deux lignes séparées par une barre horizontale, trois
points en triangle à gauche, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 200 fr.
M. de Longpérier avait cru pouvoir lire TRIEE AS et donnait ce denier
à l'atelier de Troyes; mais en considérant la forme des lettres,
notamment du monogramme AR, la lecture, toute naturelle du reste,
EAS(trum) TRI(e)E(tum) s'impose nécessairement.
Planche VIII.
73. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ TRI— G en deux lignes; croisette pommetée après G, trois points dans
le champ.
Denier. Cab. de Fr Valeur i5o fr.
74. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, point au centre, cercle de grènetis;
!Q^ II RI— G en deux lignes, croisette pommetée après G, un point au
centre, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; poids lï^^So Valeur i5o fr.
[i8 MONNAIES FRANÇAISES.
A propos de ces deux deniers, M. de Coster faisait, dans la Rev. B.,
les remarques suivantes: On connaissait le denier de Charlemagne pour
cette ville avec l'inscription locale TRI-IECT en deux lignes, mais voici
le nom de Maëstricht écrit dans sa forme flamande ou allemande TRIG.
Les deux formes ont été maintenues jusqu'à la fin du XIII* siècle; ainsi
nous possédons deux deniers de Charles-le-Chauve, l'un avec TRIIECTO
MONE, l'autre avec TRIGETENSE MON; et un gros tournois de Jean I"
de Brabant, mort en 1294, porte MONETA TRICHT; voilà encore,
comme pour la ville de Goch, le G devenu CH ; mais après cette époque,
la forme Trajectum est la seule employée sur la monnaie Maëstrich toise.
Le nom flamand de Maëstricht était réellement TRIG; aussi le graveur
qui, en adoptant la forme vuleaire, s'y est strictement tenu, a-t-il figuré
une croisette, afin de remplir le vide qu'il eût laissé sur la seconde
ligne.
Hftcon (Matisco).
75. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
"^ Au centre un cercle avec un point central sur lequel s'appuient les
quatre branches d'une croix^ lesquelles sont terminées par deux points.
Dans les cantons de la croix sont les lettres M—AI— E — N, le tout dans
un cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
M . Hucher est le premier qui ait publié ce denier ; il croit y voir un produit
de Tatelier de Mâcon. Il faut, dit-il, dans les monnaies de Charlemagne,
où le nom de ville affecte le type cruciforme, prendre les lettres dans
l'ordre des cantons; on n'a pas d'exemple d'une lecture rationnelle qui
procéderait d'abord en choisissant le caractère du premier canton, puis
celui du troisième, du quatrième, pour finir par celui du second. D'après
l'ordre normal, notre type donne MAICON, en empruntant l'O au centre
de la croix. Cette lecture, qui n'a rien de forcé, nous présente évidemment
le radical de MATISCON, nom que César donne à Mâcon, ville des
Éduens. Mâcon n'était plus, à la vérité, qu'un Castrum au Bas-Empire
et sans doute pendant la période mérovingienne, mais ce ne serait pas
un motif suffisant pour en exclure un atelier temporaire, lorsqu'on voit
d'ailleurs cette ville signer de son nom les monnaies des premiers
Capétiens (iîez^. N. Fr. 1846, p. i83). De son côté, M. Ch. Robert, dans
ses études sur les monnaies de Mâcon {Rep. N. Fr. 1860, p. 465) disait:
SECONDE RACE. 119
a Nous ne pensons pas que la consonne T puisse avoir été omise au profit
de la voyelle I ; si donc la pièce était bien de Mâcon^ il faudrait qu'elle
portât MATEN, ce qui fait MATACON^ comme sur les mérovingiennes».
Le dessin de M. Hucher ne donne en effet qu'une figure incomplète de
cette lettre dont la tête semble sortir du champ, et qui pourrait par
conséquent être un T.
M. de Longpérier, lui, commence par la ligne inférieure et croit
pouvoir lire CNOMANI pour Cenomanni, le Mans.
L'interprétation de M. de Longpérier me semble devoir être rejetée,
d'abord par les raisons que donne M. Hucher, puis parce que ce type
de la croix cantonnée est un type méridional qui n'a pu remonter
jusqu'au Mans.
Quant à Mâcon, à qui Grégoire de Tours et les anciens annalistes
donnent tantôt le titre de castrum, tantôt celui d'oppidum, mais le plus
souvent d'urbs ou de civitas, c'est en effet la seule localité dont le
nom paraisse convenir, mais l'observation de M. Ch. Robert reste
entière ; j'ai beau examiner la pièce , la retourner dans tous les sens , il
est impossible de faire un T du second caractère inscrit dans le deuxième
canton. Si Maguelone, détruite de fond en comble par Charles-Martel,
ne fût pas restée en cet état pendant trois siècles, son nom m'eût paru
convenir bien mieux que celui de Mâcon, qui est bien au Nord, pour ce
type de la croix cantonnée.
Marseille (Massilia Civitas).
76. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
!Qr Grande croix à branches égales occupant tout le champ et cantonnée
des lettres M— A— S— S, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de M Valeur 200 fr.
77. EARO— LVS en deux lignes et en légende rétrograde, cercle de grènetis;
iÇf Grande croix à branches égales occupant tout le champ et cantonnée
des lettres M— A— S— S, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de M Valeur 200 fr.
78. EARO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
^ Grande croix à branches égales occupant tout le champ et cantonnée
des lettres M— A— S— S écrites en légende rétrograde, c'esl-à-dire de
droite à gauche, cercle de grènetis.
Denier. Mus. de M Valeur 200 fr.
79. EARO— LVS en deux lignes, point au centre, cercle de grènetis;
120 MONNAIES FRANÇAISES.
^ Grande croix à branches égales^ occupant tout le champ et cantonnée
des lettres M— A— SL— S, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25o fr.
Je possède un denier semblable où la croix du revers est surmontée
d'un trait d'abréviation; un point au bout de chacune des trois autres
branches et un point dans chacun des 3® et 4** cantons.
Lelewel avait lu S(i7v)AN(ecf/)S et donnait la pièce à Senlis: C'est
là évidemment une erreur du célèbre numismatiste. C'est bien de l'atelier
de Marseille que ces pièces sont sorties.
Mayence.
80. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, un signe en forme de virgule sur
L, S entre un point et un I, cercle de grènetis;
5^ 9 D— MA*G— 'SO en trois lignes, cercle de grènetis.
Denier. Cartons de M. Hoffmann Valeur 25 fr.
81. EAR— LVS en deux lignes séparées par une croisette, A et R liés, trois
points dans le champ, lettres pommetées, cercle de grènetis;
5f 9 — MAD-CSG en trois lignes dans un cercle de grènetis, lettres
pommetées.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
82. EAR — LVS en deux lignes séparées par une croisette pommetée, A et R liés,
quatre points dans le champ, cercle de grènetis, lettres pommetées;
5^ croisette pommetée, M— A— D— C— S-G jetés au hasard dans le champ
de la pièce, trois points dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection. Poids i ï', 19 Valeur 20 fr.
83. EAR— LVS en deux lignes, A et R liés, un point après R, cercle de grènetis;
5^ au centre un A surmonté d'une croisette pommetée à long pied, autour
les lettres M — C— S— G— C et trois points, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 100 fr.
84. EAR— LVS en deux lignes, A et R liés, les deux lignes sont séparées par
une barre en grènetis, autour cercle de grènetis;
5^ S M— A — D— G- S— G jetés au hasard dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 40 fr.
85. EARF placés dans le champ dans le sens du signe de la croix, TA est sur-
monté d'une croisette pommetée, barre au centre, trois points dans le
champ, cercle de grènetis;
!Çd' croisette pommetée D— MAG— CS en trois lignes, quatre points dans le
champ, cercle de grènetis.
Denier. Rev. N. Fr, i858, p. 246 Valeur 5o fr.
M. de Longpérier cite aussi, dans le même article de la Revue ^ un
SECONDE RACE. 121
denier dont la face est semblable à celle du n* 85, mais dont le revers
se compose des lettres DMGC disposées en croix autour d'un O central.
Fougères et Combrouse ont donné un dessin où le nom CARO-LVS
est écrit en deux lignes, et où le revers présente la légende * MOGONTIA
en légende circulaire autour d'une grande croix à branches égales. Je
n'ai jamais vu cette pièce en nature et ne crois pas à son existence.
Les numéros 80, 81, 82 et 84 ont la plus grande analogie avec le
denier de Pépin (pi. II, n*' 4).
On remarquera nécessairement l'irrégularité, on pourrait presque dire
la fantaisie qui a présidé à la composition des légendes du revers des
deniers décrits plus haut. Cette manière d'écrire le nom de Mayence
a préoccupé les auteurs et M. de Longpérier disait à ce sujet:
« Les monnaies de Charlemagne présentent plusieurs variantes de
légende qui modifient la première syllabe MGCICVS, MAOGCS, MOGOG.
Cette manière d'écrire un nom de ville, en supprimant les lettres d'utilité
secondaire, se rattache, on n'en peut douter, à un système de tachygraphie
connu sous le nom de notes tironiennes et qui avait été remis en honneur
sous les Carolingiens. On connaît au département des manuscrits de
la Bibliothèque Impériale une charte d'Éginhard écrite presque tout
entière en notes tironiennes. Pour bien comprendre la légende des
deniers de Charlemagne frappés à Mayence, il faut avoir sous les yeux
le dessin de Louis-le-Débonnaire, portant en quatre lignes l'inscription
MO-GON-TIA-CVS, car, pendant le règne du fils de Charlemagne, le
nom de la ville s'était conservé dans sa forme antique. L'apocope de la
dernière syllabe a eu lieu sous Charles-le-Chauve ».
A propos d'un dessin semblable à celui du n** 82, mais où le D est
remplacé par un O, notre savant maître disait encore : « Dans le nom de
ville tel qu'il est écrit ici, le caractère O, placé au-dessus du G, est complè-
tement annulaire; il n'a pas la forme voisine de celle duD que présentent
d'autres deniers évidemment frappés dans la même ville. Cette forme,
pourtant bien connue des diplomatistes, a trompé M. Heinrich Ph. Cappe
qui a cru devoir attribuer à Magdebourg des deniers sur lesquels il y avait
UAGDaburg Civita S. Mais outre que CS n'est pas l'abréviation de Civitas,
il est indispensable de rappeler que sous Charlemagne ce titre n'appar-
tenait pas à Magdebourg, qui ne devint Civitas qu'au X* siècle» {Rep.
N.Fr. i858, p. 346).
122 MONNAIES FRANÇAISES.
HelleT Hédocî Hayence? Hetthadolus 7
86. EARO—LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
!Çr MQLQVS en légende circulaire autour d'une rosace à huit pointes,
percée au centre, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
87. EARO—LVS en deux lignes, A et R liés, point au centre, cercle de grènetis ;
5^ M&VQLQ en légende circulaire autour d'une rosace à huit pointes
percée au centre, & et V sont liés, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
88. Le droit de cette pièce ne présente aucun caractère lisible.
Le revers est exactement celui du n^ 87.
Bractéate. Ma collection Valeur 10 fr.
89. EARO—LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
!gf Mc/îVQLQ en légende circulaire autour d'une rosace à huit pointes
percée au centre, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 20 fr.
90. EARO—LVS en deux lignes, A et R liés, point au centre, cercle de grènetis;
B^ M^^TQLQ autour d'une rosace à huit pointes percée au centre, la
croisette est pommetée, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
91. EARO — LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ MEDOGVS en légende circulaire autour d'une rosace à quatre pointes,
cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 20 fir.
92 et 93. Le droit de ces deux pièces ne présente aucun caractère lisible;
Le revers présente les légendes MEDOGS et MEDOCS autour d'un sigle
formé d'un annelet et de deux points.
Bractéates. Ma collection; pesant ensemble iff^^jo. . . Valeur 5 fr.
94. CAR— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
!Çr M&V— DLQ en deux lignes séparées par une barre horizontale, cercle
de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
95. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, trois points séparent les deux
lignes ;
^ 9 M.QLQ autour d'une rosace à huit pointes percée au centre.
Denier. Combrouse (pi. XIV, n® 3).
J ai réuni sous la même rubrique toutes ces pièces qui sont de même
famille, mais qui n'en sont pas, pour cela, plus faciles à expliquer : Le
n** 94 a été publié par Le Blanc, qui n a tenté aucune attribution. Les
Bénédictins et Eckhard y ont lu METVLLO. Lelewel n'a pas accepté cette
attribution, et aflSrme que la légende du denier est MOGONT.
SECONDE RACE. i23
M. de Longpérier en donne une explication qui s'adresse aussi au
n** 87. Le caractère &, dit-il, équivaut à ET (dans une charte de
Pépin, par exemple, le mot oportet est écrit oport&) ; mais sur la monnaie
ce caractère est combiné avec deux crochets qui rappellent les notes
tironiennes remises en usage à l'époque des Carolingiens. Je suis porté
à croire que le crochet inférieur indique un redoublement du T et que le
crochet supérieur a la valeur d'un H. Le reste se lit DLO; 10 en forme
de D couché se remarque sur plusieurs autres monnaies carolingiennes.
Le tout donne METTH(a)D(o)LO avec deux voyelles omises, suivant ce
principe fondamental de l'écriture tironienne : «suppression des lettres
dont on peut rigoureusement se passer pour lire les notes».
Nous aurions donc là le nom de Metthadolus à l'ablatif, comme ceux
de Walacarius et d'Authramnus {Rep. N. Fr. i858, p. 25 1).
Cette attribution au monétaire Metthadolus est infirmée par la brac-
téate n* 88, qui, postérieure de plus de cent ans aux n*' 87 et 94,
reproduit identiquement la légende de ces deniers.
Le denier n"* 91, ainsi que les deux bractéates n"*' 92 et 98 nous donnent
la lecture MEDOLVS ou MEDOGVS (la version MEDOLVS est préférable,
le signe placé entre O et V étant, sur plusieurs monnaies connues, em-
ployé comme équivalent de L). A propos des deux bractéates, M. B. Fil-
Ion disait : « On connaît plusieurs variétés de cette pièce avec le nom de
Charlemagne. Elles sont ordinairement attribuées à Mayence. Leur
découverte fréquente en Poitou les a fait donner aussi à Melle, sans que
cette attribution puisse être fondée sur autre chose qu'une certaine ana-
logie avec les deniers frappés sous le même règne dans cette dernière
villeD {Rep. N. Fr. 1846, p. 55 1).
Or ce n'est pas une analogie, mais une identité complète qui existe
entre le denier tf gi et les deux bractéates; tous trois sortent néces-
sairement du même atelier, à cent ans de distance les uns des autres.
Les n°' 86 , 89 et 90 me semblent être des dégénérescences du n* 9 1 .
Tout cela, comme on le voit, est loin d'être clair, et, me reconnais-
sant tout à fait impuissant à débrouiller ce chaos, j'ai pris le parti de
réunir tous les types connus de ce genre de médailles et de les soumettre
à mes lecteurs, leur souhaitant d'être plus heureux ou plus habiles que
je ne le suis.
124 MONNAIES FRANÇAISES.
May ence T
96. K— F — R — X placés dans le champ suivant les indications du signe de la
croixj petite croisette pommetée devant K, points après K et sous R et Xj
cercle de grènetis;
5^ Grande croix de Saint-André ou Sautoir occupant tout le champ, dans
les cantons de cette croix sont les lettres M— D— CG; quatre points
occupent les angles formés par les branches de la croix, chaque extrémité
de ces mêmes bras est ornée de deux points, cercle de grênetis.
Denier. Ma collection.
D'après ce qu'on a vu précédemment, l'attribution à Mayence paraît
toute naturelle. Je ne saurais en présenter d'autre, mais cette pièce ne
me satisfait pas. Comme les deniers de Pépin et Charlemagne, attribués
à Angers, elle a un aspect sec, dur, l'ornementation exagérée du revers
n'a pas d'équivalent dans les monnaies de cette époque. Puis c'est
presque le type méridional de la croix cantonnée, reporté au nord de
l'Empire. Toutes ces circonstances réunies me font, non pas rejeter
absolument cette monnaie, mais la considérer comme douteuse.
Planche IX.
Metallum.
97. Buste de Tempereur couronné, orné du paludamentum et tourné à droite ;
autour du buste la légende KARLVS IMPAVG, cercle de grênetis;
5^ * METAL GERMAN, au centre les instruments de monnoyage, la pile,
le trousseau et les marteaux. (Ces attributs un peu confus sur notre
denier sont d*une netteté parfaite dans la pièce semblable mais fruste,
dessinée par Van-der-Chijs, pi. XII, n® 35.)
Denier. Ma collection Valeur 1,000 fr.
J'ai expliqué (p. 16) l'origine et le sens de la légende METALLVM ins-
crite sur certains deniers de Charlemagne, Louis-le-Débonnaire et
Charles-le-Chauve. J'ai dit que ce mot METALLVM n'avait d'autre sens
que celui d'impôt, tribut ou redevance.
Jusqu'à présent la plupart des auteurs y avaient vu l'équivalent de
METVLLO (Melle) ; d autres lui avaient donné la signification argent^
mais tous se trouvaient fort embarrassés pour expliquer la légende
EXMETALLONOVO que l'on trouvera, à la fin du règne de Charle-
magne, sur les deniers n*** 2o3 et 204; ils traduisaient bien par : nouveau
métal ^ mais cette explication ne pouvait les satisfaire.
SECONDE RACE. i25
Fougères allait jusqu'à tirer de ces trois mots la destruction, puis la
reconstruction de Tatelier de Melle, qui aurait voulu célébrer sa renais-
sance par la création de la monnaie EXMETALLONOVO.
Quand Van-der-Chijs publia le denier à la légende METAL GERMAN
qui fait partie du cabinet de la monnaie à Utrecht, ne pouvant utiliser
aucune des explications données jusqu'alors, il traduisit la légende par
METALLA GERMAN (c'est-à-dire les mines de Germante). Or, en par-
courant tous les capitulaires, toutes les chartes de l'époque, il trouve
bien de nombreuses mentions de mines de fer et de plomb ; mais la pre-
mière découverte d'argent dans le Hartz, remontant à 968, il en conclut
que les deniers avec METALLA GERMAN ont été fabriqués avec de l'ar-
gent extrait du plomb d'Allemagne.
Aucune de ces explications ne pouvait être sérieusement acceptée, et
je crois avoir trouvé le sens vrai qui, s'appliquant à toutes les monnaies
connues, portant la légende METALLVM^ les explique toutes d'une ma-
nière simple et logique. Je pourrais encore, à l'appui de ma version,
citer le denier indiqué par Duchalais {Rev. N. Fr. 1840, p. 124), denier
anonyme qui porte pour légende d'un côté METAL LVM et de l'autre
METVLLO, c'est-à-dire le produit du tribut de l'Aquitaine, transformé
en monnaie courante dans l'atelier de Melle. Il n'est pas jusqu'à la pré-
sence des instrumens du monnoyage sur notre denier, comme sur
d'autres deniers analogues de Louis P% qui ne soit expliquée par mon
interprétation du mot METALLVM. C'est une allusion à la transforma-
tion en monnaie courante des lingots ou monnaies romaines, remis au
fisc comme paiement de l'impôt.
11 est à remarquer de plus que le METALL GERMAN n'existe que sous
Charlemagne, et que la légende METALLVM cesse d'être employée quand
l'Aquitaine fait partie intégrante du royaume frank; il n'y a plus que la
légende METVLLO.
Ainsi donc je traduis la légende de notre denier, METALL GERMAN, par
les mots : «Tribut de la Germanie».
Morigny (Mavriniacvm Monasterium).
98. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ MAVRINIACI en deux lignes séparées par une barre horizontale, A et
V sont liés et la dernière lettre forme un monogramme qui décomposé
donne les lettres NIACI; cercle de grènetis.
Denier. Coll. de M. le marquis d'Hervey de Saint-Denys. Valeur 3oo fr.
126 MONNAIES FRANÇAISES.
Ce denier, trouvé en 1879, je crois, dans les fossés du château de
Bréau-sous-Nappe, canton de Dourdan (Seine-et-Oise), avait d'abord été
attribué par moi à Méri-sur-Seine (Mauriacum), où eut lieu la grande
bataille contre les Huns d'Attila. Mais l'histoire ne nous apprend pas
que Méri ait possédé un palais ou une villa publica qui autorise à y
placer un atelier monétaire. De plus, la dernière lettre, du nom inscrit au
revers, forme un monogramme contenant certainement un N et un C et
probablement un A. J'ai donc dû renoncer à Méri et lire le nom de l'ate-
lier: Mauriniacum^ Morigny-sur-la-Juine, près Étampes: aveteri Mo-
nasterio Abbatiali insignis, quod in Chronico Mauriniacensi^ Maurinia-
censé cœnobium, appellatur ».
Houson (MosoMAGvSj Mosomvs) ou Holosme (Molosmvs Monasterium).
99. CARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grénetis;
"SjC M— os— OM en deux lignes séparées par une barre horizontale, 1*M de
la seconde ligne est renversé, cercle de grènetis.
Denier. Coll. Voillemier Valeur 3oo fr.
La lecture régulière de la légende du revers nous donnerait MOSMO ou,
en tenant compte de la barre d'abréviation, MO(lo)SMO. Ce serait alors
le monastère de Molosme, situé à six lieues de Tonnerre, près de Tan-
lay. Ce monastère, très ancien, puisqu'on en fait remonter la fondation
à Clovis, avait pour nom régulier Melundse ; c'est le nom sous lequel on
le trouve mentionné en 83 1 dans le testament d'Anségise. Le nom de
Molosme, qui en est la corruption, est probablement postérieur. C'est
ce qui me fait donner la préférence à la lecture MOSOM(o), quoique
moins régulière. Mouson est un ancien oppidum ou castrum de la Cham-
pagne (département des Ardennes)^ dont l'existence est constatée dès
le milieu du V* siècle. Il renfermait une église sous l'invocation de la
vierge, dont parle le testament de Saint-Remi. Détruite par un incendie,
puis réédifiée par Hervé, archevêque de Reims, elle devint une abbaye
très importante en 971 . Ce ne peut donc être à l'abbaye, mais au castrum
qu'était établi l'atelier monétaire.
Namur (Namvcvm Castrum).
100. CAR— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ NA— MV en deux lignes séparées par une barre horizontale, cercle de
grènetis.
Denier Valeur 400 fr.
SECONDE RACE. 127
J'ai donné le dessin de cette pièce d'après M. Ch. Robert qui, en
1861 (Rep. N. Fr.^ p. 248), écrivait ceci :
ce Ce denier a été trouvé en 1860 aux environs de Tours. Cette belle
pièce, que M. Porcher a bien voulu me céder, a été égarée avant que je
l'eusse dessinée moi-même. La figure ci-contre n'est donc qu'un croquis
fait malheureusement fort à la hâte » .
Pour qui connaît l'habileté et la sûreté de main de notre savant
maître, un croquis de lui équivaut à un dessin, c'est pourquoi je n'ai
pas hésité à faire graver la pièce .
Narbonne.
loi. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, point dans TR, les extrémités des
lettres sont munies de longs apices en forme de croissants, cercle de
grènetis ;
5^ Grande croix à branches égales occupant le champ, un point au centre
de la croix, les extrémités des branches ancrées et ornées de points, les
lettres N— R— B— O placées dans les cantons de la croix, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 100 fr.
Un autre denier, semblable par la forme des lettres à ce nM 01, et
appartenant au Cabinet de France, porte au droit une croix dans les
quatre cantons de laquelle sont les lettres M-I-L-O, et au revers aussi
une croix avec les lettres N~R-B-0. Le caractère des lettres, la forme
de la croix, tout est identique dans ces deux pièces.
Or nous avons vu un denier, frappé certainement dans les premières
années du règne de Pépin, portant à la fois le nom du roi et le nom de
MILO, puis un denier du même Pépin portant les initiales NR de Nar-
bonne. Voici maintenant deux autres deniers de la même ville, émis
sous le règne de Charlemagne, et dont l'un porte aussi ce même nom
de Milon. En admettant ce denier comme authentique (et il me paraît
une copie du denier royal, copie presque servile), quelles conclusions
tirer de l'examen de ces quatre pièces ? Il est évident d'abord que la
pièce royale de Charlemagne a dû précéder la pièce au nom de MILO ;
ce Milon peut-il être le même que celui qui a signé le denier de Pépin ?
cela me semble impossible. Le denier de Narbonne, frappé par Pépin,
est, ainsi que je Tai dit, postérieur au denier du petit module de Milon;
comment admettre que le comte qui, sous Pépin, encore mal affermi dans
128 MONNAIES FRANÇAISES.
sa nouvelle conquête, n'osa pas supprimer le nom du roi, l'ait osé faire
sous Charlemagne, après la mort de Carloman, c'est-à-dire au moment
de la puissance incontestée du roi des Franks? Poser la question c'est
la résoudre.
Il ne reste que deux hypothèses: ou la pièce de Milon et Nar-
bonne est fausse (et c'est mon opinion), ou sa fabrication résulte d'une
erreur du graveur de coins qui, comprenant mal les instructions don-
nées aux comtes des Marches du royaume frank, après avoir mis le nom
du comte, mit, au lieu du nom royal, le nom de l'atelier où la monnaie
avait été fabriquée. J'ai, je l'avoue, une assez grande méfiance à l'égard
de ces pièces venant du sud du royaume. Je ne puis oublier qu'il y a
quelques années nous avons failli être envahis par des deniers faux de
Milon et Narbonne et de Charles et Milon. Les deniers de Milon étaient
identiques au denier de la Bibliothèque, mais ils présentaient jusqu'à
quatre modifications du coin. Le métal était bon, le poids normal, la
patine suffisante. Heureusement le faussaire, plus habile graveur que
savant numismatiste, avait mélangé à sa prétendue trouvaille des oboles
de Pépin et Milon et de Charles et Milon. Dès lors il n'y avait plus de
doute, et les pièces sont encore en partie dans les cartons de la maison
RoUin et Feuardent, à qui elles avaient été envoyées. Depuis cette
époque deux autres deniers de Charlemagne, l'un de Béziers, l'autre de
Substancion, m'ont été présentés, provenant également de prétendus
enfouissemens des régions méridionales, et ce n'est qu'après un long et
minutieux examen, en les plaçant au milieu de monnaies authentiques,
que j'ai pu m'assurer de leur fausseté.
Quant au denier n^ loi, il est bien de Charlemagne et frappé à Nar-
bonne.
»
Odalricus.
I02. CIRO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis;
5^ .ODAL RICVS en légende circulaire autour d'une croisette pommelée,
les lettres sont aussi pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25o fr.
Voici encore le nom d'un comte ou gouverneur de Marches. M. de
Coster, qui, le premier, a décrit ce denier dans la Rev. N. B., a écrit
ce qui suit : « Le denier ODALRICVS de Charlemagne appartient au Nord;
on en a trouvé plusieurs exemplaires dans le Haut-Rhin, tandis qu'il n'a
SECONDE RACE. 129
pas, que nous le sachions, été exhumé en France. Odalricus ou Udalri-
cus et rUlrich allemand sont un même nom d'homme ; voilà un point de
repère qui va nous guider. Eh bien ! dans le cercle du Haut-Rhin, près
de Fulde et à quelques lieues de Francfort, il y a la ville d'Ulrichstein
(dont la traduction littérale est forteresse d'Ulrich), aujourd'hui dans la
principauté de Hesse-Darmstadt. D'après une tradition, c'était la rési-
dence d'un ancien comte ou gouverneur que l'on fait remonter au moins
au temps de Charlemagne. Or le beau-frère de Charlemagne se nommait
Udalricus, et nous savons qu'il possédait de grandes dignités. A-t-il été
le gouverneur de ces contrées qui^ dès 817, furent réunies au royaume
de Germanie? Est-il possible que ce soit là l'Odalricus du denier de
Charlemagne ? d
Paderborn 7
io3. CARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, un point entre les deux lignes,
cercle de grènetis ;
5^ Monogramme dans lequel on trouve les lettres P— A— N — B, trait
d'abréviation au-dessus^ croisette pommetée au-dessous, cercle de grènetîs.
Denier. Coll. San-Quintino.
Ce denier ne nous est connu que par la description qu'en a donnée
M. de San-Quintino, qui écrit ceci dans la Rev. N. Fr. 1841 , p. 54 :
« L'attribution à Paderborn de ce denier de Charlemagne, qui fait partie
de ma collection, ne me paraît pas douteuse».
Je ne suis pas de l'avis du savant antiquaire italien, et je ne puis trou-
ver, dans le monogramme du revers, les éléments du nom de Pader-
born (PATHALBRVNNEN).
Je n'ai pas d'autre attribution à proposer. Si le denier, comme je le
crois, est authentique, c'est entre le Rhin et la Meuse qu'on devra cher-
cher l'atelier où il a été frappé. Car, avant Louis-l'Enfant, jamais les
Carolingiens n'ont eu, de l'autre côté du Rhin, d'atelier monétaire dont
le nom fiit inscrit sur leurs monnaies.
Paris.
104. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
!Çf Type de la croix ancrée, un appendice vertical au bout de chacun des
bras horizontaux de la croix^ quatre points en losange au-dessus, point
dans chacun des cantons de la croix, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur y5 fr.
17
i3o MONNAIES FRANÇAISES.
io5. EARO— LVS en deux lignes séparées par une barre en grènetis, au bout à
droite quatre points en losange, A et R sont liés, cercle de grènetis;
5^ PRI— SVS en deux lignes séparées par une barre horizontale, cercle de
grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
L'attribution de ces deux deniers à Paris est admise par tous. Je signa-
lerai, dans le n*" io5 les points qui terminent la croix, lesquels ne se
trouvent habituellement que sur les monnaies du Lotherrègne.
Ramerup (Ramervdvm Castrum).
106. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
5^ REMEI— RODO en deux lignes séparées par une barre horizontale,
point au-dessous, les lettres sont légèrement pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 200 fr.
Ce denier avait été attribué dubitativement à Reims par Fougères.
M. de Longpérier a, je crois, vu plus juste en le donnant à Ramerup,
situé sur TAube, à 28 kilomètres de Troyes et à 4 d'Arcis.
Le nom de Ramerudum est mentionné dans le récit du martyre de Bal-
semius, connu sous le nom de Saint-Bausange. Le Castrum-Ramerudum
se nomme aujourd'hui Ramerup. On voit figurer ce nom dans plusieurs
chroniques du moyen âge; sous Philippe V^ un comte, cité dans une
charte de Hugues, comte de Troyes , se nommait André de Rameruco.
Reims (Remis Civitas).
107. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
ÇT REMI— CIVIT en deux lignes séparées par une barre horizontale^ M et
I sont liéSj le dernier jambage vertical de l'M se termine par un trifo-
lium, I et V sont liés aussi^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
Rennes (Redonis Civitas).
108. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ REDO-NIc/3 en deux lignes séparées par une barre horizontale, ED
formant monogramme^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Ce denier a été frappé à Rennes, probablement après 779, époque à
laquelle, grâce à Guy, comte de la Marche bretonne, la Bretagne, pour
la première fois, fut soumise tout entière aux Francs (de Barthélémy,
Charlemagne^ p. 496).
Je crois, au contraire, cette pièce postérieure à celles qui portent le
SECONDE RACE. i3i
nom de Roland, et frappée quand Charlemagne réunit cette province
à son empire, en supprimant la Marche de Bretagne.
109. CARO^LVS en deux lignes, A et R liés, point dans le champ, cercle de
grènetis;
5^ REDO— NIS en deux lignes séparées par une barre horizontale; cercle
de grènetis.
Denier Valeur i5o fr.
Ce denier a été gravé sur une empreinte que m'a remise M. Charvet.
iio. CAR— LVS en deux lignes EAR formant monogramme, cercle de grènetis;
5^ RED— NIS, en deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur i5o fr.
Razès (REDiE Oppidum}.
111. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
!Çf Croix à quatre branches égales dans les cantons de laquelle se trouvent
les lettres R— E— D— S, un point à droite de la croix, cercle de grènetis.
Denier. Combrouse pi. IV, n» 1 1 Valeur 200 fr.
Le revers de ce denier nous offre le type méridional pur; ce n'est
donc pas à Rennes qu'il faut l'attribuer, comme ont fait certains auteurs.
Le bourg de Razès, situé entre Carcassonne et Narbonne, et qui avait
une assez grande importance sous les Carolingiens, le réclame à plus
juste titre. On lit dans Adrien de Valois : <r Oppidum olim non infre-
quens ac incelebre fuit nomine Redae, inter Carcassonem et Narbonem
positum : de quo Theodulfus Aurelianentis Episcopus in Paraenesi ad
Judices :
Inde revisentes te Carcassona, Redasque^
Mœnibus inferimus nos cito Narbo tuis.
Le Pagus Redensis forma plus tard le Comté de Razès.
Roye (RoDivM Castrum).
112. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ RAV— DIO en deux lignes séparées par une barre horizontale, A et V
liés, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 200 fr.
Roye est une ancienne ville qui, dans la table Théodosienne, se
présente sous le nom de Rodium : Augusta Viromanduorum, Setucis,
Rodium, Lura, Augusta Suessionum.... etc. Frodoard, dans ses chro-
niques, année 833, la nomma Rauga, d'où est venu Roye, comme Auga
i32 MONNAIES FRANÇAISES.
OU anser a fait oye. Guillaume-le-Breton au livre II de sa Phiiippide le
nomme Roia.
Roland.
II 3. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetîs ;
5^ RUD — LAN en deux lignes séparées par une barre de points, cercle de
grènetîs.
Denier. Coll. de P. d'A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 25o fr.
114. KRXF, R et X liés, cercle de grènetis;
5^ RODL— AN en deux lignes demi-circulaires, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 200 fr.
M. de Longpérier, toujours poursuivi par son idée de faire des noms
de monétaires de tous les noms d'hommes inscrits sur les monnaies
carolingiennes, se refuse à voir là le nom du préfet ou marquis des
Marches de Bretagne: Hruodlandus Britannici limitis prœfectus. Pour
nous, qui n'avons pas les mêmes motifs de douter, nous saluons le nom
du héros le plus célèbre de nos grandes épopées du moyen âge, le comte
d'Angers, Roland, le neveu de Charlemagne, frappant monnaie avec le
tribut payé par les Bretons au roi des Franks.
Rome? VormsT
II 5. KARX K— A-R-X formant monogramme, dessous F couché avec un point,
cercle de grènetis;
y Grande croix à branches égales dans les cantons de laquelle sont les
lettres V— O— R— M; cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr. ;
Encore une pièce qui, comme le n"" 96, me semble d'une fabrication
très anormale. Tout contribue à donner des doutes sur son authenticité.
Le trait en est sec et dur, les reliefs exagérés. Elle porte au droit une
légende qui est la copie servile de celle du denier n"* 1 16 frappé à Sainte-
Croix, atelier septentrional, tandis que le type du revers est le type
méridional pur. On l'a attribuée à Worms ; on pourrait aussi bien l'attribuer
à Rome, car les lettres placées toutes dans des sens difFérens ne per-
mettent pas de savoir où commence et où finit la légende. Pour moi cette
pièce est fausse. L'avenir me donnera peut-être tort, je ne le pense pas;
mais, en tous cas, fussé-je dans l'erreur, il est, je crois, d'une saine
discussion d'écarter de son chemin ces exceptions, ces enfants perdus de
la numismatique qui ne se rattachent à rien et viennent se mettre en
SECONDE RACE. i33
travers des classifications les mieux établies pour les troubler sans aucun
profit pour la science. Ces monnaies ne sont pas, heureusement,
bien nombreuses jusqu'à ce jour. Espérons que le nombre n'en aug-
mentera pas.
Sainte-Croix.
ii6. KAKX, A— R— X formant monogramme^ dessous F couché, cercle de
grènetis ;
5^ S.... RVni autour d'une croix potencée à pied fiché, deux points et
deux groupes de trois points dans le champ, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d*A. ; découverte d'Imphy . . . Valeur 200 fr.
Pour ce denier je n'ai qu'à renvoyer aux n" Sg et 60 de la planche III,
p. 33 du texte. C'est le même atelier et le même type.
Saint-Firmin (Sancti Firmini Monasterium).
117. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
yr SCI-FIRMI-NI'*% cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25o fr.
118. EA— ROL— RE en trois lignes, trait au travers de l'L, après l'E il y a,
pour remplacer TX, une sorte de paire de ciseaux, cercle de grènetis;
IjÇ SCI— FIRMI — NI en trois lignes, à la fin de la troisième une petite
croix pommetée.
Denier. Cab. de Fr Valeur 3oo fr.
Cet atelier est le même que celui qui a frappé les n**' 62 et 63 de la
planche III, p. 36 du texte. Je n'ai rien à ajouter à ce qui a été écrit à
ce propos.
Saint-Haizent (Sancti— maxentii Monasterium).
119. EARO — LVS en deux lignes dans un cercle de grènetis^ A et R liés;
IjC MAX—ENT en deux lignes^ S au centre, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d*A. ; découverte d'Imphy . , . Valeur 25o fr.
La célèbre abbaye de Saint-Maixent, sur la Sèvre (diocèse de Poitiers),
avait été fondée, suivant Grégoire de Tours, avant le règne de Clovis,
sous l'invocation de Saint-Saturnin, évéque de Toulouse. Le roi des
Franks la dota richement. Le corps de saint Maixent y fut inhumé
et son nom remplaça celui de Saint-Saturnin comme patron et protec-
teur de l'abbaye.
Saint Léger y fut abbé pendant six années ; son corps y fut transporté
avec le consentement du roi et par les soins d'Ansoaldus, évêque de
Poitiers.
ji34 MONNAIES FRANÇAISES.
Comblée de dons et de richesses par tous les rois successeurs de Clovis,
la célèbre abbaye vit bientôt s'établir autour d'elle un oppidum impor-
tant, comme cela avait lieu, 'du reste, autour de tous les monastères
riches et puissants *.
Louis l" y fit d'importantes restaurations et, dans une charte de 817,
elle est comptée parmi les abbayes d'Aquitaine qui ne devaient à l'empe-
reur ni redevance ni service militaire, mais seulement des prières.
Sainte- Marie.
120. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
^ SEÈ— MRE en deux lignes séparées par une barre horizontale^ un
annelet au bout de la barre, point avant M, lettres pommetées, cercle
de grènetis.
Denier. Coll. Fabre Valeur 1 5o fr.
Je ne puis que répéter ce que j'ai dit (p. 43): les monastères au nom
de Sainte-Marie sont tellement nombreux qu'il est bien difficile de dire
auquel d'entre eux se rapporte telle ou telle monnaie. Ici cependant nous
avons les lettres pommetées des revers qui nous cantonnent dans le Nord-
Est, et la monnaie décrite ci-dessus pourrait bien avoir été frappée à
Sainte-Marie de Verdun.
Planche X.
121. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
3r SCAMARIA CPEED, A-M et A sont liés, îes cinq dernières lettres
sont plus petites que les autres, la légende est écrite circulairement
autour d'une petite croix cantonnée de quatre points.
Denier. Ma collection; Cab. de Fr. ; poids, iff»',20 . . Valeur 200 fr.
Ce denier présente, à la fin de la légende, cinq lettres qui doivent être
l'indication de l'atelier où il a été frappé. Ayant eu trois de ces deniers
entre les mains, je puis affirmer la lecture C.P.E.r.D. Je propose de
traduire Capitulum Ecclesiœ Laudunensis. Nous verrons plus loin
n^ 189 un denier de Charlemagne portant au centre du droit la légende
* Les abbayes formaient alors des espèces de villes, comprenant un très grand nombre d*habita-
tions et possédant des terres considérables. Les rois avaient soin de constater quMls en étaient les
maîtres. Si les abbayes avaient battu monnaie pour leur compte, nous en trouverions la trace
dans ces polyptiques qui nous font si bien connaître Tétat de leur fortune et les sources de leurs
revenus. (De Longpérier, Rev. N, Fr, i856 p. 2o3.)
SECONDE RACE. i35
LAVDVNO et à l'avers SCAMARIA. Il y a donc probabilité en faveur de
mon interprétation, d'autant mieux que c'était au chapitre de l'Église
que revenait le soin de surveiller la fabrication de la monnaie.
122. EARO-LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
Çf * SCMARIAREM autour d'une croisette; M- A et R sont liés; cercle
de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 400 fr.
Ce denier a été frappé par le chapitre de l'Église épiscopale de Reims,
laquelle, bien avant l'époque carolingienne, était déjà placée sous l'invo-
cation de la vierge, ainsi qu'il résulte de ce passage de Flodoard:
« Fertur Sanctus Nicasius suae sedis basilicam, quae prius fuit in
ecclesia quae dicebatur ad apostolos, in honore Virginis Dei parae divina
revelatione fondasse » . Et ailleurs: «Quidam ruricola Gerlaius nomine,
Durocortorum adiens oraturus, beatae Dei genitricis Mariae ingressus est
ad basilicum (Lib. 3, chap. 6) ».
Saint-Martin de Tours.
123. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis; 2 points dans
le champ ;
5^ 'SCIMARTIN en légende circulaire autour d'un cercle composé de
neuf points ; un gros point au centre^ cercle de grènetis.
Denier. Découverte de Sarzana Valeur 200 fr.
124. EARO— LVS en deux lignes séparées par une barre horizontale, cercle de
grènetis; A et R sont liés;
Çf SCIMARTINI écrit en légende circulaire autour d'un cercle de grènetis,
croisette pattée au centre ; A et R liés^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
On est généralement d'accord pour admettre que ces deniers ont été
émis par la célèbre abbaye de Tours. Il y a, en effet, une remarquable
analogie entre la fabrique de ces deniers et celle des tiers de sol méro-
vingiens sortant de cet atelier. En tous cas on ne peut les rapporter qu'aux
régions occidentale ou méridionale du royaume. Pour moi, je crois bonne
l'attribution au monastère de Saint-Martin de Tours. M. Benjamin
Fillon cite un denier qu'il attribue à Saint-Martin de Tours et qu'il décrit
ainsi: Tête à droite S. M., monogramme de Charles. Je ne sais ce que
peut être cette pièce que je n'ai pas vue.
Saint-Haur^ Saint-Haurin, Saint-Maurice.
125. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, 7 points dans le champ, cercle de
grènetis ;
i36 MONNAIES FRANÇAISES.
5^ S'CIMAVR' En légende circulaire autour d'un petit cercle de points,
point au centre ; A et V sont liés, cercle de grènetis.
Denier Valeur 25o fr.
Ce denier, dont l'empreinte a été prise par moi chez M. Charvet, il y a
plusieurs années, et dont j'ai oublié la provenance, appartient à la même
région que les n^' i23, 124, i3o et i3g. C'est donc aux environs de
Tours qu'il faut chercher le Saint-Maur, Saint-Maurin ou Saint-Maurice,
abbaye où ce denier a dû être frappé.
Sainte Hir....?
126. CARO— LVS en deux lignes séparées par une ligne horizontale composée de
points et se terminant à chaque extrémité en forme d'Y; cercle de grènetis;
Bf S SEE*MIR écrit en légende circulaire autour d'un cercle formé de
points; un point au centre.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Je ne connais pas de nom de sainte qui commence par les trois lettres
MIR. C'est encore un denier dont le lieu d'origine est dans la même con-
trée que les numéros qui précèdent.
Saint-Pierre de Cologne.
127. EARO— LVS en deux lignes séparées par une barre horizontale ; quatre
points dans le champ; A et R liés; les lettres sont fortement pommetées;
cercle de grènetis;
!Çr SPTE, le P et le T sont liés^ le T forme avec la barre verticale du
P une croix cantonnée de quatre points, les lettres sont fortement
pommetées; cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A; découverte d'Imphy . . . Valeur 100 fr.
M. de Longpérier, après avoir rejeté, comme explication des lettres
du revers, les noms d'Épernay (Spernacum) et Epône (Spedonetum),
propose d'y lire un nom de monétaire Sperandei ou Sperandeus
(SPER DEI).
Je reconnais dans les lettres du revers les lettres S.P.E.T. et propose
de lire Sancti Pétri. Je repousse le nom du monétaire Sperandeus comme
je l'ai déjà fait pour tous les autres noms de prétendus monétaires;
Spernacum n'utilise pas le T de la légende et Spedonetum n'est pas
situé dans la circonscription qui emploie les lettres pommetées. Je
cherche un Saint-Pierre dans le nord et l'est du royaume et je trouve la
grande abbaye, devenue Église métropolitaine de Cologne. C'est à elle
que je rapporte l'émission de ce denier.
SECONDE RACE. 187
Saint-Trond (Sancti Trvdonis Monasterium).
128. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ -SCI — -TRV— -DO en trois lignes, cercle de grènetis.
Denier. Société zélandaise de Middelburg Valeur 3oo fr.
M. Van-der-Chijs qui décrit ce denier (pi. VI, n° 25) dit simplement :
a II a été frappé à Saint-Trond en Limbourg.
L'abbaye de Saint-Trond nommée ainsi du nom de son créateur,
fut fondée en Tan 662 et cédée par son auteur aux évêques de Metz,
auxquels elle resta attachée pendant 470 années, époque où elle fut
rachetée par Tévéque de Liège Alexandre (ii3o).
On a voulu faire un seul et unique lieu de Saint-Trond et de Sarchi-
nium, mais il paraît résulter de la lecture des chroniques que Sarchinium
était un vicus à côté duquel fut fondée l'abbaye de Saint-Trond et qui
serait actuellement le bourg de Kerkum. Le voisinage de la riche abbaye
profita au vicus qui devint un oppidum riche et peuplé.
?
129. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés^ cercle de grènetis;
5^ SP.R, croisette en dessous, deux points dans le champ, cercle de
grènetis.
Ce denier, attribué par Lelewel à Spire,- fait partie de la collection du
Musée de Lunéville et aussi de celle de M. P. d'A. Mais il figure aussi
dans la collection des coins de Becker, et c'est là, je crois, qu'il faut le
reléguer.
i3o. EAR-LVS en deux lignes, A et R liés;
SEE MARI en légende circulaire autour d'un annelet^ un point au centre.
Denier fracturé.
J'ai placé ici la description de ce denier, dont j'ai oublié la provenance,
quoique sur la planche X il soit gravé sous le n"" !3o, par suite d'une
erreur. Je ne me hasarderai pas à l'attribuer à l'une quelconque des
abbayes ou églises au nom de Sainte-Marie. Tout ce que je puis dire,
c'est qu'il n'a pu être frappé dans le nord ni dans l'est du royaume
frank. Son style le rapproche d'une manière frappante des deniers au
vocable de Saint-Martin qui sont décrits ci-dessus.
Sainte-Vaudru (SANCTiE Valdetrvdis Monasterium).
i3i. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
18
i38 MONNAIES FRANÇAISES.
!Çr SCTAVAL en monogramme^ deux points dans le champ, cercle de
grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur loo fr.
Ce denier pourrait à la rigueur appartenir aussi bien au monastère de
Sainte-Ursule de Cologne où à celui de Mayence qui était placé sub
invocatione Sanctae Virginis. Je préfère cependant Saint e-Vaudru, dont
le nom utilise plus complètement les lettres du monogramme.
Cette abbaye, fondée en 656 par Sainte-Waldetrude, dans la ville de
Mons^ fut transformée en maison de refuge pour trente vierges nobles
par Sigebert roi d'Austrasie. Le droit de nommer leur abbesse fut enlevé
aux religieuses de Sainte- Vaudru par Louis-le-Débonnaire et transmis
par lui au comte lors du concile d'Aix-la-Chapelle.
Si Ton n'admet pas mon attribution à Sain te- Vaudru, il faudrait en
revenir à Sainte-Ursule de Cologne; le style du denier se rapproche
beaucoup de celui du n** 1 27 émis, dans cette même ville, par Tabbaye de
Saint -Pierre.
Saintes (Sanctonum).
i32. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés^ cercle de grènelis;
5^ S.CO— NIS en deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Coll. du prince Gagarin Valeur 200 fr.
Voici ce que dit M. de Longpérier de ce denier {Rep. N. Fr. i858,
p. 261):
or II nous semble évident que SCO est une abréviation de Sancto et que
la légende doit se lire SANCTONIS. L'habitude, qu'on avait au moyen
âge, d'abréger par contraction le titre de Sanctus à tous les cas, devait
rendre facile la lecture de ce nom de lieu.... Ainsi donc Saintes et Angou-
léme frappaient monnaie au VIll® siècle, et cela peut nous donner Tespoir
de retrouver un denier de Louis-ie-Débonnaire dont parle le moine
Adhémar de Chabannais : Monetam Engolismensem et Sanctoricensem
suo nomine scalpere jussit ; pièces dont, jusqu'à présent, nous ne con-
naissons que des reproductions altérées, fabriquées sous la troisième
race ».
Sennheim (Sennen).
i33. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
!Çf SEN, lettres ponîmetées, au-dessus croisette pommetée, cercle de grènetis.
Denier. Découverte de Sarzana Valeur 175 fr.
SECONDE RACE. 189
Les lettres pommetées sont, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois,
propres aux contrées du nord ou de Test du royaume. Or, il existe,
dans l'Est, un bourg nommé autrefois SENNEN, actuellement Sennheim,
qui appartenait à l'église de Strasbourg, n'était pas très éloigné de
Mayence et faisait, par conséquent, partie du royaume de Lorraine.
On lit dans la chronique de Fontanelles qu'en 698, Benignus, abbé de
ce monastère, lui fit don du lieu nommé Sennan. Dans la liste des
évéques de Bâle, on trouve Jean de Sennen mort en 1 365 .
Je crois donc que c'est à ce bourg de Sennheim que l'on doit attribuer
l'émission du denier décrit ci-dessus. Néanmoins nous rencontrons
aussi des lettres pommetées dans les légendes des écus d or de Grim-
wald, ainsi que dans le T du n° 167 frappé en Italie. Il serait donc
possible, eu. égard aux extrémités bifurquées des lettres du droit, que
notre denier, trouvé en Italie, soit un produit de l'atelier de Senogallia.
Strasbourg (Argentina Givitas) (Stratbvrgvs Civitas).
134. LARL— RXF en deux lignes séparées par une large barre horizontale, R et
X sont liés, cercle de grènetis;
!Çf CIVI— ARGE en deux lignes, séparées par une large barre horizontale,
les lettres sont légèrement pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; poids 1^^,20 Valeur 200 fr.
i35. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
IjC STRATBVRE en légende circulaire autour d'une croix fortement
pommelée; cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
Le nom ancien de Strasbourg est ARGENTORATVM. On le trouve
ainsi désigné par Ptolémée. Plus tard, en raison de sa position sur une
route stratégique, on lui donna le nom de Stratœburgum : «hoc est
burgum sive oppidum ripense positum in via militari quae Eutropius
stratam a re appellat» (Adrien de Valois pag. 42),
Les deux noms de STRATBVRGVS et ARGENTINA CIVITAS s'em-
ployèrent indistinctement pendant toute la durée de la seconde race.
Térouanne (Tarvenna Civitas).
i36. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
5^ TVV— ANNA en deux lignes séparées par une barre horizontale; la
barre et les lettres sont fortement pommetées ; cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; poids 1 ^, 5o Valeur i5o fr.
,40 MONNAIES FRANÇAISES.
Lelewel lit sur cette monnaie TVLANNA et la donne à la ville de
Toul. Pour moi rattribution à Térouanne ne peut souffrir aucun doute :
la lecture du revers doit être T (ar) VVANNA (Taruvanna), la barre
d'abréviation placée sur le T lui donne la valeur TER ou TAR.
On trouve le nom de Térouanne inscrit :
Dans Ptolémée, ïopuawa;
Dans la table de Peutinger^ Teruanna;
Dans les vieilles chartes provinciales, Tarauvanna ;
Dans la chronique du moine Robert^ Taruanis;
Dans Grégoire de Tours et Frédégaire, Tarabanna et Taravanna ;
Enfin dans les Gesta Francorum nous trouvons la forme exacte de la
légende de notre denier : Taruvanna.
Tournai.
iSy. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetîs;
!Çf TOR— * NAiî— GO en trois lignes séparées par des barres horizon-
tales ; les lettres et les barres sont pommetées ; cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 3oo fr.
i38. EARO — LVS en deux lignes, A et R liés; point au centre; cercle de
grènetis ;
DÇif TVRN'A'EO en légende circulaire autour d'un cercle de grènetis; une
croisette au centre ; le tout dans un cercle de grènetis.
Denier. Revue Belge 186 3.
Le denier n** î3j ne peut offrir aucune prise à la discussion. Il est bien
certainement un produit de l'atelier de Tournai.
Je n'ai pas vu le n° i38; mais je suis convaincu qu'il a été mal lu et
que nous avons là un denier frappé à Tours. En le comparant au n' iSg
qui suit, on ne pourra guère conserver de doutes.
Tours.
139. EARO— LVS en deux lignes, un point sous L; cercle de grènetis;
5^ TVRNIS en légende circulaire entre deux cercles de grènetis; une
croisette au centre.
Denier. Ma collection Valeur 40 fr.
Rien à dire de ce denier que signaler l'analogie de type avec les
deniers sous le vocable de S. Martin décrits plus haut.
Uzès (VcETiA vel VcECiA Civitas).
140. Grand monogramme carolingien occupant tout le champ; au centre croisette
et signes indéterminés; entre les lettres du monogramme d'autres lettres
plus petites qui semblent être G:IEI.; cercle de grènetis;
SECONDE RACE. 141
13^ VEE-CIA en deux lignes; entre ces deux lignes une barre de sépa-
ration en forme d'S sur lequel sont cinq points qui semblent figurer des
têtes de rivets; à droite et à gauche deux groupes de quatre points^
cercle de grènetis.
Or. Empreinte de M. Ricard de Montpellier; poids 3 «^^45. Valeur 1000 fr.
141. Grand monogramme carolingien; le losange central est beaucoup plus petit
et divisé en quatre compartimens contenant chacun un point; entre les
lettres du monogramme et dans chacun des quatre cantons formés par
ces lettres on trouve: 1® six points en triangle; 2® les lettres HI; 3®
trois points en triangle; 4° six points en triangle;
5^ VEE— EIA en deux lignes séparées par une barre en forme de crosse;
point dans les deux E ; au-dessus, au-dessous et des deux côtés du nom
un groupe de trois points en ligne droite.
Or. Collection du Prince de Fûrstenberg; poids 2 e^, 40. Valeur 1000 fr*
142. Grand monogramme carolingien; le losange central renferme à son angle
supérieur un autre petit losange terminé par un appendice carré; dans
les cantonnemens formés par les lettres du monogramme on trouve les
lettres et caractères suivans : 1° I couché entre deux lignes de trois
points; 2° I couché, précédé de trois petits I pointés; 3® IC sur un gros
point; 40 quatre petits I pointés, placés suivant une ligne horizontale;
5^' VEE— EIA en deux lignes séparées par une barre horizontale se ter-
minant par deux crochets; trois points en triangle dans TV et dans le
premier E; un autre triangle de trois points à droite de la pièce; deux
points sous A; trois points accostant le second E à droite ; dix points
forment comme un quart de cercle au-dessus des lettres EE.
Or. Collection du Prince de Fûrstenberg; poids 3 p% 45. Valeur 1000 fr.
J43. Grand monogramme carolingien s'appuyant sur un losange semblable à
celui du no 142; dans les premier et troisième cantons du monogramme
un I couché ; cercle de grènetis ;
^ VEE— EIA en deux lignes séparées par une barre horizontale se ter-
minant par deux crochets pattes ; à droite et à gauche de cette barre
deux lignes courbes composées chacune de quatre points ; deux points
après V, deux points dans le premier et dans le second E ; trois points
sous TA et deux points à sa droite; cercle de grènetis.
Or. Musée d'Avignon; poids 4(r', 20 Valeur 1200 fr.
144. Cette pièce^ publiée dans la Rev, N. Fr. de 1837, p. 25.)., me semble être
la même que le n'* 142 qui aurait été inexactement dessinée; elle se ter-
mine par un cercle de grènetis sur chaque face, lequel n'existe pas sur
l'empreinte communiquée à M. Ch. Robert par le D"*. Sigmund Rizler,
conservateur du musée monétaire du prince de Ftirstenberg.
Nous avons vu deux pièces d'or frappées en Italie sous le règne de
Pépin-le-Bref ; nous en verrons bientôt d'autres frappées par Louis-le-
Débonnaire ; mais les premières ont exactement le poids du tiers de sol
142 MONNAIES FRANÇAISES.
romain, et sont frappées suivant le module lombard; les premières
pièces d'or frappées par Louis-le-Débonnaire sont la reproduction fidèle
et ont exactement le poids du sol d'or romain. Ici rien d'analogue ni à
la monnaie impériale, ni à la monnaie lombarde; les poids ne se
rapportent à aucune série connue ; aussi ne puis-je comprendre à quels
besoins aurait répondu la création de cette monnaie d'or par Charle-
magne. Du reste, l'aspect, le module, les ornemens dont sont surchar-
gées ces pièces d'or, les font bien plutôt ressembler à des médailles ou
bijoux qu'à des monnaies. Je crois donc qu'il faut rejeter ces curieux
monumens de la série monétaire carolingienne.
Planche XI.
145. Grand monogramme carolingien semblable à celui du n» 142; autour du
monogramme divers caractères dont un seul peut être déterminé^ c'est
un L; cercle de grènetis;
5^ VLE — CIA en deux lignes séparées par une barre horizontale; un point
dans TEj deux points dans le C, trois points en triangle entre V et C ;
neuf points dans le champ.
Denier. Ma collection Valeur 600 fr.
146. CARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
3^' VLE— EIA en deux lignes séparées par une barre horizontale ; cercle
de grènetis.
Denier. Ancienne collection Gouaux Valeur 3oo fr.
147. CARO— LVS en deux lignes, cercle de grènetis:
5f Grande croix à branches égales contenant dans ses cantons les lettres
V— C— G — I, un point dans le V et dans chacun des trois autres cantons.
Denier. B. Fillon, d'après la collection Morin. . . . Valeur i5o fr.
Nul doute pour les numéros 145 et 146, ils sont, sans contredit, un.
produit de latelier d'Uzès. Je crois qu'il en est de même du n*" 147,
quoique les quatre lettres soient placées en ordre rétrograde. C'est
certainement une monnaie méridionale, et M. de Longpérier s'est trompé
en l'attribuant à Viceliacum (Vézelay). Uzès était une des cinq villes
principales de la Pentapole ; son évéché est très ancien puisqu'il date du
V* siècle. Néanmoins la ville n'eut jamais une bien grande importance,
et l'on ne s'explique guère que Charlemagne l'ait choisie pour y faire
fabriquer les pièces d'or dont la description est donnée ci-dessus.
SECONDE RACE. 143
Vénasque ?
148. CARO — LVS en deux lignes^ A et R liés, cercle de grènetis;
!Çf VINSCOC— , écrit en légende circulaire autour d'une petite croix,
cercle de grènetis.
Denier. Rev. N. Fr. 1846 p. 187 Valeur 100 fr.
Je ne puis que renvoyer à ce que j'ai dit à la page 45 . Je ne crois pas
que ce denier appartienne à la ville de Vénasque, mais à une localité
placée sous le vocable d'un saint dont le nom se rapprocherait de
SCOCORVINO ou tout autre de même espèce.
?
149. METIORX, en légende circulaire autour d'un cercle de petits points, un
gros point au centre^ E et T sont liés, ainsi que R et X, cercle de
grènetis ;
5^ VIL— RED en deux lignes séparées par une barre horizontale composée
de points et terminée par une croisette; point avant V, dans V et avant
Rj trois points en triangle après le D, cercle de grènetis.
Denier. Coll. de P. d'A Valeur 100 fr.
Ce denier est certainement contemporain du règne de Charlemagne ;
mais que signifie la légende du droit ? Quelle est la villa royale dont le
nom figure au revers, j'avoue que je n'en sais absolument rien.
Verdun.
i5o. EARO— LVS en deux lignes^ A et R liés, au centre une sorte d'étoile à
quatre pointes^ cercle de grènetis;
5^ Croisette fortement pommetée VIRDVN en légende circulaire autour
d'un cercle dans lequel sont quatre points. Les lettres de la légende sont
très fortement pommetées, cercle de grènetis.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25o fr.
i5i. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, point entre 'E et L, cercle de
grènetis ;
5f VIRDVNS en légende circulaire autour d*un cercle, au centre un fort
renflement, cercle de grènetis, lettres fortement pommetées.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
Walacarius.
i52. EARO— LVS en deux lignes, A et R liés, cercle de grènetis;
5^ VVALA-EARIO en deux lignes, V et A liés, une barre horizontale
sépare les deux lignes, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection; poids i?»',20 Valeur 200 fr.
On a beaucoup varié sur le sens à donner à la légende du revers de ce
t44 MONNAIES FRANÇAISES.
denier. Le Blanc le donnait avec doute à l'île de Walcheren; Eckhard y
trouvait le nom de Saint- Valéry. M. de Longpérier le premier y a trouvé
un nom d'homme et Ta attribué au monétaire Walacarius. Il faisait
remarquer qu'une île ne pouvait frapper monnaie, et que pour le nom
de Saint- Valéry, il eut fallu qu'il fût précédé des lettres SCO. Cherchant
dans les anciennes chartes, il y trouve les noms de Walcherius et
Vilecharius en 747. Dans les annales de Metz, il est question, à l'année
812, du comte Walach, noms qui paraissent dérivés du radical ger-
manique W^alr, Walkr qui, contenant le sens de destruction et
d'oppression, étaient parfaitement propres à la composition du nom
de guerriers, de chefs barbares d'une époque primitive. Il retrouve
ensuite W^alacharius dans le testament d'Erminthrude en 700,Walecarius
dans le polyptique d'Irminon et dans le nécrologe carolingien de Saint-
Germain-des-Prés ; puis Tévéque Walacharius et Walager, Waltcarius,
Walcarius, Walitcarius.
J'ajoute à ces noms ceux de Wacharius fils de Wilhelm, comte de
Toulouse de 790 à 810, puis en 911, Walcarius fils de Mayeul, vicomte
de Narbonne.
Je remarque que ce denier ne porte aucun des caractères propres aux
produits des ateliers du nord et de l'est de l'empire frank. Je crois
trouver ici le nom d'un comte des Marches d'Espagne, peut-être le
fils du comte de Toulouse.
ITALIE
J'ai cru devoir décrire à part les pièces de monnaie frappées en Italie
pendant le règne de Charlemagne. Elles différent généralement d'une
manière si frappante des espèces émises en France, que les mélanger
eut été produire une confusion regrettable.
On trouvera dans cette série bien des lacunes; n'ayant pu visiter les
musées et les collections d'Italie, bien des variétés importantes doivent
m'étre inconnues ; mais en tous cas elles ne changeraient rien à l'ordre
adopté, non plus qu'aux conclusions à tirer de l'examen attentif de notre
catalogue.
SECONDE RACE. 145
Bénévent.
i53. Buste de face de Grimvald avec couronne et collier de perles, manteau.
Au-dessus du buste une croisette accostée de deux sigles^ dont je ne
vois pas la signification. Autour du buste GRIM— VALD en légende
circulaire;
5^ Grande croix double potencée, surmontée de quatre points en losange
et haussée sur quatre degrés. De chaque côté de la croix les lettres G et
R, indication du nom de Grimvald, au-dessous VlC(arius). Autour de
la croix, en légende circulaire, .DOMS— CAR'RX".
Sou d'or. Ma collection \ poids. Se»*, 85 Valeur 80 i'r.
154. Même type et légendes au droit et au revers, si ce nest que la croix est
haussée sur un seul degré.
Tiers de sol d'or. Ma collection; poids, le»*, 20. . . . Valeur 5o fr.
Ces deux pièces d'or de Grimvald sont bien connues; elles existent
dans la plupart des collections. On sait qu'à la mort d'Arighis, prince de
Bénévent, Charlemagne rendit à Grimvald III les états de son père à la
condition de se reconnaître son vassal. Une des clauses principales du
traité imposé au jeune duc était d'inscrire le nom ou le monogramme de
Charles sur ses monnaies Nummosque sut nominis characteribus
super scribi semper juberis .
Ce que Grimvald avait fait pour sa monnaie d'or il le fit nécessaire-
ment pour sa monnaie d'argent. Mais là, au lieu du nom de l'Empereur,
c'est son monogramme seulement qui figure sur une des faces des
deniers du prince de Bénévent. Bientôt même, probablement en 802,
après sa seconde révolte et sa défaite par Pépin, le second fils de Charles,
il supprima même ce monogramme, ou plutôt, ayant remarqué que le
monogramme du suzerain était contenu dans celui du vassal, il profita
de cette équivoque numismatique pour mettre, sur le revers de ses
deniers, le nom seulement de la capitale de sa principauté. Tels sont
les deniers et l'obole décrits soiis les numéros i55 et iSy. Quant à faire
descendre l'émission de ces deux monnaies jusqu' à Grimvald IV, je ne
crois pas que cela soit possible. Leur style me semble s'y opposer
complètement. Voici, ci-dessous, les divers deniers de Grimvald III et
Charlemagne dont j'ai pu réunir les dessins :
i55. Monogramme de Grimvald écrit suivant la forme latine GRIMOALDVS
entre une croix à long pied et un ostensoir, au-dessus le triangle sym-
bolique. Ce monogramme renferme en toutes lettres CAROLVS IMP
AVG. Cercle de grènetis;
19
146 MONNAIES FRANÇAISES.
!Çf -BENE-BENTV en légende circulaire autour d'une croix potencce et
haussée sur trois degrés. Au deux bras de la croix sont suspendus un A
et un (Oj sous la croix un sigle composé de deux figures triangulaires
afiFrontées et séparées par un point, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 3o fr.
i56. Monogramme de Charles composé des lettres CAROLVS et disposé comme
le monogramme carolingien, les lettres s'appuyant sur un O rond avec
un point au centre, cercle de grènetis;
5f Monogramme de Grimvald semblable à celui du n® i55 et accosté, à
gauche, d'une croisette^ cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 60 fr.
iSy. Face et revers semblables à ceux du n^ i55.
Obole. Ma collection Valeur 60 fr.
i58. Monogramme de Charles, semblable à celui du n<* i56, seulement les lettres,
au lieu de s'appuyer sur un O^ s'appuient sur un A} l'R est lié avec
un X, cercle de grènetis;
5f Monogramme de Grimvald composé de même façon que. le mono-
gramme de Charles, toutes les lettres du nom GRIMOALDVS s'appuient
sur l'O, cercle de grènetis.
Denier. Rev. N. Fr, 1841, page 53 Valeur loô fr.
159. Monogramme de Charles composé des lettres CA liées, RX liés, LV liés,
LV liés. S, le tout s'appuyant sur un O rond avec un point au centre,
cercle de grènetis;
!Çf Monogramme de Grimvald semblable à celui du n® i56, de l'V central
sort une croix à long pied accostée de deux groupes de deux points
chacun, cercle de grènetis.
Denier. Rev. N. Fr. 1841, p. 53 Valeur 80 fr.
Nord de Tltalie.
Je vais décrire ici les principales variétés de ces bizarres deniers que
nous a fait connaître surtout la découverte de Sarzana. Ils ont été cer-
tainement frappés dans le nord de l'Italie, probablement pendant les
premières années qui suivirent le sacre de Charlemagne comme
Empereur d'Occident.
C'est à M. de Longpérier que l'on doit la détermination du sens que
présentent les lettres du revers de ces monnaies. Ces pièces se distinguent
des autres monnaies de Charlemagne par leur grand module et par la
forme de leurs caractères dont les extrémités sont, pour ainsi dire, bi-
furquées.
Il serait très long et monotone de décrire chacun des neuf deniers
SECONDE RACE. 147
dont j*ai cru devoir donner le dessin. Je ne puis que renvoyer le lecteur
à la planche XI où ils sont gravés.
Les numéros 160, 161, 162 et 1 63 ne sont que des variétés d'un même coin et
n'offrent aucun caractère particulier. Le numéro 160 porte au revers le
RXF FRA; les numéros 161, 162 et i63 ont avant TR une sorte de
monogramme que M. de Longpérier a très adroitement analysé et oîi il
trouve IMPE qui avec TR donne la forme IMPER et amène à la
lecture complète IMPER. RX.F Imperator Rex Francorum. Valeur 3o fr.
Le numéro 164, postérieur aux précédens, a perdu le monogramme initial; il ne
reste plus que RXF, mais il renferme les deux lettres CE, qui sont
évidemment Tinitiale de l'atelier oîi ce denier a été frappé.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Le numéro i65^ au lieu des lettres CE, contient seulement la lettre I entre deux
points.
Denier. Rev. JV. Fr. i856, p. 188 Valeur 100 fr.
Le numéro 166 contient le nom complet de l'atelier où il a été frappé, PARMA;
il ne contient pas non plus le monogramme qui précède l'R.
Denier. Rev, N. Fr, i856j p. 188 Valeur 400 fr.
Le numéro 167 nous donne la lettre T comme initiale de Tatelier et ne contient
pas non plus le monogramme impérial.
Denier. Rev. N. Fr. i858, p. 248 Valeur 100 fr.
Le numéro 168, le dernier de cette série, contient^ entre R et F, la lettre V;
comme les numéros précédens, il n'a pas le monogramme impérial.
Denier. Cab. de Fr Valeur 100 fr.
Excepté pour le n"* 166, il est assez difficile de se prononcer d'une
manière positive entre les diverses villes du nord de l'Italie dont le nom
commence par la lettre dont nous avons signalé la présence dans le
champ des deniers décrits ci-dessus. V signifie-t-il Vérone ou Verceil,
ou peut-être Venise dont les îles seules étaient restées indépendantes
du jeune roi d'Italie? T est-il Trévise ou Turin? Que signifient les lettres
I et CE? Je laisse aux savans italiens les soins de déterminer ces
divers points et de résoudre ces problèmes.
Planche XII.
Deniers à effigie.
169. * DNKARLVSIiMP..VGREXFETL. Buste de l'empereur à droite avec la
moustache, couronne et paludamentum ;
148 MONNAIES FRANÇAISES.
5^ Temple tétrastyle^ au centre une croisette^ autour du temple la légende
XPIGTIAK.. RELIG....
Denier fracturé. Cab. de Fr Valeur 400 fr.
170. * DNKARLVSIMPAVGREX F et L. Buste de l'empereur à droite avec la
couronne et le paludamentum ;
5^ Temple tétrastyle haussé sur un degré, au centre et au sommet une
croisette; autour du temple la légende XPICTIANARELIGIO.
Denier. Van-der-ChijSj ancienne collection Balfort . . Valeur 5oo fr.
Ces deux deniers à effigie sont les seuls, parmi tous ceux que j'ai vus,
qui appartiennent sans conteste à Charlemagne. Ils lui donnent le titre
qui n'a appartenu qu'à lui de Rex Langobardorum.
Ces deux médailles nous apprennent que c'est Charlemagne qui, le
premier, a inscrit sur ses monnaies la légende XPICTIANA RELIGIO.
Mais selon moi ces pièces à légende pieuse étaiept des médailles bien
plutôt que des monnaies. Ce n'est que sous Louis-le-Débonnaire que le
monnoyage s'empara de cette formule et lui donna l'extension que l'on
connaît.
Florence (Florentia).
171. CARO—LVS RX en deux lignes, point au centre, cercle de grènetis ;
5^ FLO — RENT en deux lignes NT forment un monogramme oti à la
rigueur on peut trouver NTIA, quatre points dans le champ, cercle de
grènetis.
Denier. Musée de Voltura.
Le type de ce denier n'a pas d'analogue parmi les monnaies de Char-
lemagne frappées en France. Il me semble très admissible de l'attribuer
à Florence comme l'a fait Fr. Pellegrino Tonini. Le savant auteur
italien discute la question, qui n'est pas douteuse pour nous, de savoir
si Charlemagne a régné sur la Toscane et sur Florence. Il cite divers
textes dont je retiens celui-ci qui nous donne peut-être le nom de l'atelier
représenté par les lettres CE sur le dessin n** 164: oc Actum in loco
Cercino finibus Florentiae, régnante Carolo etc».
Lucques (Lvca).
172. D.NCARVLVS REX, le roi de face à mi-corps;
JjC ^ FL*AVI.A*LVG*A. en légende circulaire autour d'un grènetis, au
centre astre ou rosace à douze rayons.
Tiers de sol d'or. Ma collection Valeur 600 fr.
SECONDE RACE. 149
173. D.NC. CARLVS REX en légende circulaire autour d'une croix potencée à
quatre branches égales;
y 19? FL.AVIA, LVCA en légende circulaire autour d'un grènetis, au
centre astre ou rosace à onze rayons.
Tiers de sol d*or. Galerie des Uffizi à Florence . . . Valeur 5oo fr.
174. CARO— LVS en deux lignes séparées par une ligne de points^ tout le
champ et l'intérieur des lettres sont garnis de points soit isolés^ soit par
groupes de trois et quatre^ A et R liés, cercle de grènetis;
"^ Le champ de la pièce est divisé en quatre cantons par deux lignes de
points formant croix, au centre de cette croix un cercle entourant un
autre petit cercle de dix points, dans les cantonnemens de la croix les
lettres L— V— C— A, le champ et l'intérieur des lettres sont semés de
points isolés ou par groupes^ cercle de grènetis.
Denier. Musée du Vatican Valeur 400 fr.
175. Semblable au précédent^ sauf pour la disposition des points qui garnissent
le champ.
Denier. Ma collection Valeur 400 fr.
Les n**' 172 et 173 sont inspirés par le monnoyage langobard; le
n° 173 n'est même que la copie d'un tiers de sol de Didier, où le nom du
roi des franks remplace le nom du roi langobard.
Les n*** 174 et 175 sont une transition entre l'ancien système et le sys-
tème Frank.
C'est en 797 que la monnaie d'or cessa d'être frappée à Lucques, et
que les Lucquois s'assujétirent aux lois imposées par les Franks pour la
fabrication de leurs monnaies qui, au-delà comme en deçà des Alpes,
devaient être en argent. Tout cela est bien établi par le savant antiquaire
italien Domenico Massagli, auquel je renvoie pour toutes les preuves et
tous les détails qu'il serait trop long et inutile d'énumérer ici.
176. CARO— LVS en deux lignes, A et R liés, point au centre, cercle de
grènetis ;
!Çf LVCA en une seule ligne occupant tout le champ, cercle de grènetis.
Denier. Coll. Domenico Massagli Valeur 3oo fr.
Avec le n* 176 nous entrons dans le système frank. Mais ce denier, au
jpremier type de Charlemagne, doit être resté très rare, car le type du
monogramme et de la légende circulaire se substitua vers cette époque
à l'ancien denier à légende bilinéaire.
177. S CARLVSREXFR en légende circulaire entre deux grènetis, au centre
croix aux quatre branches égales;
i5o MONNAIES FRANÇAISES.
y * "LVCA en légende circulaire entre deux grènetis. Au centre mono-
gramme carolingien composé des lettres C.R.L.S, s'appuyant sur un O.
Denier. Ma collection Valeur 40 fr.
Je parlerai plus loin de ces deniers de Charlemagne à la légende cir-
culaire et au monogramme, au sujet desquels on a si fort discuté'.
(Mediolanvh).
178. *CARLVSREXFR en légende circulaire entre deux grènetis, au centre
croix pattée à quatre branches égales;
5f * MEDIOL en légende circulaire entre deux grènetis, l'L porte un
signe d'abréviation, au centre monogramme carolingien par E.
Denier. Ma collection Valeur i5 fr.
Pavie (Papu).
179. *CARLVSREXFR en légende circulaire entre deux grènetis, au centre
croix pattée à quatre branches égaies;
y SP'APIA en légende circulaire entre deux grènetis, au centre mono-
gramme carolingien par E.
Denier. Musée de Bruxelles . , Valeur 25 fr.
Dans la plupart des deniers de Pavie que j'ai eus entre les mains, le
nom de la ville est écrit DADIA.
Trévise (Tarvisivs).
180. CARO— LVS en deux lignes, point au centre, cercle de grènetis, A et R
sont liés;
5f * TARVISIVS en légende circulaire entre deux grènetis, croix au
centre.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
181. CARO -LVS en deux lignes, point au centre, A et R liéf, cercle de
grènetis ;
5f * TA*R VISIVS en légende circulaire autour d'un cercle composé de
onze points, au centre une petite croisette, cercle de grènetis.
Denier. Ma collection Valeur 25o fr.
182. * CARLVS REX FR en légende circulaire entre deux grènetis; croix
à branches égales au centre.
5f * TARVIc/î* en légende circulaire entre deux grènetis ; au centre
monogramme carolingien par E.
Denier. Ma collection Valeur 100 fr.
Un denier semblable, de la collection Meyer, porte comme légende de
revers * TARV-Mc/^.
i83. Grand monogramme carolingien par K occupant tout le champ; un point
en haut et un en bas du K; cercle de grènetis;
SECONDE RACE. i5i
5f * TARVIc/DO en légende circulaire autour d'un cercle de quatorze
points; un point plus gros au centre.
Denier. Ma collection Valeur i5o fr.
Aucun doute ne peut exister sur l'attribution de ce denier à Charle-
magne ; il est impossible, même au premier coup d'oeil , de la faire des-
cendre jusqu'à Charles-le-Chauve. Le monogramme est, du reste, tout
à fait semblable à celui du n^ 143.
Sans nom d*Atelier.
184. * CARLVSREXFR en légende circulaire entre deux grènetis; au centre
monogramme carolingien par K ;
y * ETLANGACPATROM en légende circulaire entre deux grènetis ; au
centre un monogramme qui me semble composé des lettres A. P. A. (a).
Denier. Mus. de Bruxelles Valeur 200 fr.
Tous les auteurs sont d'accord pour lire ainsi ce denier : Carlus Rex
Francorum et Longobardorum ac Patricius Romanorum. Mais l'accord
cesse dès qu'il s'agit d'interpréter le monogramme du revers :les uns
veulent y lire Ravenna, les autres Roma ou 5. Marcus. Pour moi je n'y
puis trouver aucun de ces trois noms, dont l'inscription dans le champ du
revers de la pièce serait, du reste, chose tout à fait anormale. Dans tous
les exemplaires que j'ai eus entre les mains et que j'ai examinés avec le
plus grand soin, je ne puis trouver qu'un A et un P, et, suspendus à ces
deux lettres, l'alpha et l'oméga. Je serais assez porté à trouver là l'ori-
gine du monnoyage commun des papes et des empereurs, et j'interprète
A. P. par Adrianus Papa; le monogramme de l'Empereur d'un côté,
celui du Pape de l'autre ; l'alpha et l'oméga au revers, comme dans cer-
tains deniers de Bénévent.
SECOND TYPE. — Avec le Monogramme.
Sans vouloir rentrer dans une discussion épuisée, je ne crois pas pou-
voir me dispenser de dire quelques mots au sujet de la grande querelle
qui^ vers i853, partagea en deux camps des numismatistes : les uns
donnant et les autres refusant à Charlemagne l'invention du mono-
gramme inscrit dans le champ des deniers.
, Jusqu'en 1848 aucun doute ne s'était élevé à ce sujet; Le Blanc, Le-
lewel , tous les auteurs qui avaient écrit sur la numismatique, avaient
i52 MONNAIES FRANÇAISES.
adopté l'attribution à Charlemagne de l'apposition du monogramme
dans le champ des monnaies. M. de Longpérier, dans sa Notice sur les
monnaies françaises composant la collection de M. J. Rousseau (Paris
1848), s'éleva contre cette opinion généralement reçue. Combattu par
M. de Coster et M. Cartier, il fut soutenu par M. B. Fillon; la querelle
prit des proportions aiguës que ne semblait pas devoir comporter le
sujet. Enfin, M. B. Fillon s'étant rallié à l'opinion générale, M. de Long-
périer resta seul à soutenir le petit-fils contre son grand-père. Il se
trompa seulement en étant trop absolu. Ayant constaté que Charles II
avait émis des deniers à la légende CARLVSREXFR, accompagnée du
monogramme carolingien, il conclut à l'attribution au fils de Louis Y' de
tous les deniers portant le monogramme et la légende circulaire. L'ap-
parition postérieure du denier n" 184, et surtout les découvertes du
Veuillin, de La Haye, de Melle et d'Auzeville, ne peuvent laisser aucun
doute. La vérité est que Charlemagne fut Tinventeur de cette nouvelle
monnaie, mais qu'il s'en servit peu ou pas dans les ateliers d'Aquitaine,
où monnoyait en son propre nom son àls Louis. Charles-le-Chauve, au
contraire, employa dans ses seuls ateliers d'Aquitaine ce type créé par
son grand-père, et cela pendant toute la durée de son règne. Telle est,
je le répète, la vérité démontrée par les trouvailles. Ici, comme dans la
plupart des discussions, on peut dire que personne n'avait complètement
raison ni complètement tort.
Aqs, Daqs, Daz, (Aqvae Vasconiae Civitas, seu Aquœ Tarbellicœ).
i85. «î CARLVSREXFR en légende circulaire entre deux grènetis ; au centre
croix carolingienne à branches égales;
IjC SCIAGVIS en légende circulaire entre deux grènetis; au centre mono-
gramme carolingien par K.
Denier. Ma collection Valeur 200 fr.
Presque tous les auteurs qui se sont occupés de ce denier en ont attri-
bué l'émission à l'atelier d'Aix-la-Chapelle ; c'est une erreur évidente ;
Aix-la-Chapelle n'a jamais été une ville épiscopale, une cité. Deux loca-
lités du nom de Aquae ont seules le droit de réclamer ce titre, à savoir :
Aquae Sextiae (Aix) et Aquœ Tarbellicœ ou Vasconiae (Dax). C'est à la
seconde de ces villes que j'attribue toutes les monnaies qui portent le
nom Aquae ou Aquis accompagné de la qualification urbs ou civitas.
En voici les raisons : Le droit de frapper monnaie n'était pas, sous les
SECONDE RACE. i53
Carolingiens, donné au hasard ou par simple faveur; les ateliers moné-
taires étjaient placés dans des centres commerciaux ou de transit impor-
tant, là où il y avait besoin d'espèces monnoyées pour les relations com-
merciales. C'est ce qui explique comment des villes très anciennes ne
battirent jamais monnaie, tandis que beaucoup de simples bourgs, d'ab-
bayes, de pici^ furent dotés d'ateliers monétaires. Les villes situées dans
la montagne, loin de centres commerciaux ou populeux, en furent tou-
jours privées. Ainsi on ne connaît pas de monnaies carolingiennes frap-
pées à Grenoble, Embrun, villes supérieures à Aix comme situation
administrative.
Dax, situé dans la plaine, à l'entrée de la région pyrénéenne, eut de
tous temps une grande importance. Pline, dit Adrien de Valois, <r Aqua-
rum Tarbellicarum incolas Aquitanos vocat, putatque vel potius affirmât
Aquitaniam nomen eis suum debere». Le roi d'Aquitaine, Pépin I*% y
frappa plusieurs monnaies incontestées; son père, l'empereur Louis, y
avait aussi émis les deniers à la légende Aquis Vasconiœ et les oboles à
la légende AQVIS; Charles-le-Chauve y continua celte fabrication, et
c'est à lui que sont dus et le n** i85 et les autres deniers analogues que
l'on trouvera gravés pi. XXIII, n""' 52, 53, 54 et 55.
C'est donc à tort que j'ai classé au règne de Charlemagne notre n** i85.
Je l'ai fait seulement pour que les numismatistes , habitués à voir dans
cette monnaie l'atelier d'Aix-la-Chapelle, retrouvassent facilement ce pro-
duit réel d'un atelier apocryphe.
Arles. (Arela Civitas seu Arelatvm, seu Arelatae).
186. ^ CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre monogramme carolin-
gien par K;
5^ lî! ARELATO entre deux grènetis ; au centre croix carolingienne à
quatre branches égales.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25 fr.
187. 15? CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K;
IjC "5? AR'ELATO entre deux grènetis^ au centre croix carolingienne à
quatre branches égaies.
Denier. Cab. de Fr Valeur 25 fr.
La cité d'Arles fut le grand atelier méridional sous les premiers caro-
ingiens; j'ai cru devoir partager entre Charlemagne et Charles-le-Chauve
20
i54 MOxNNAIES FRANÇAISES.
les deniers au type des n°' i86 et 187, donnant au dernier, naturel-
lement, ceux où les points secrets de la légende sont les plus nombreux.
Si Ton n'adoptait pas ce partage, il resterait dans le monnoyage d'Arles,
entre Louis-le-Débonnaire et Louis-le-Bègue, une grande lacune qu'aucun
fait historique ne semble expliquer.
Il est vrai qu'Arles est sur la rive gauche du Rhône, et que l'Aqui-
taine avait la rive droite du fleuve pour limite à l'Est. Attribuer à
Charles-le-Chauve, comme roi d'Aquitaine, un atelier monétaire à Arles
semble contraire à la donnée géographique. Je suis néanmoins de l'avis
de M. de Longpérier {Cat, J. Rousseau^ pag. 118): <t On s'étonnera
peut-être, dit-il, de voir Arles au nombre des villes du royaume d'Aqui-
taine, car sa position actuelle à Torient du Rhône ne conviendrait
guère à cette classification; mais il est certain que, sous Constantin, la
ville s'était étendue sur la rive droite du fleuve.... Adrien de Valois assure
que la ville de Constantin était à l'occident du Rhône, ce qui me paraît
confirmé par un passage de Cassiodore qui, vers le milieu du sixième
siècle, écrivait : Arelate est civitas supra iindas Rhodani constituta, quœ
in orientis prospectum tabulatum pontem per nuncupati fluminis dorsa
transmittit. En eftet, si le pont était établi à l'orient de la ville, il fallait
qu'elle fût sur la rive droite du fleuve. Ce n'est probablement qu'au com-
mencement du dixième siècle, lors de la construction de Saint-Trophime,
que la ville d'Arles fut rétablie à l'orient du Rhône, pour devenir la
capitale du royaume de Bourgogne uni à celui de Provence ».
Pour moi je crois qu'il existait deux centres de population sur chacune
des rives du fleuve. L'ARELATVM de la rive droite faisait partie du
royaume d'Aquitaine, et celui de la rive gauche appartenait à la Provence,
ce qui explique le double monnoyage au nom d'Arles.
Cernay? Sennheim (Sennen).
i38. lî CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K;
!Ç(f lî» SENNES entre deux grénetis^ au centre une croix à branches pattées
haussée sur trois degrés.
Denier. Cab. de Fr. .• Valeur i5o fr.
189. »î' CARLVS REX FR entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par un C;
5^3! SENNES entre deux grènetis, au centre croix carolingienne à
branches égales.
Denier Ma collection Valeur 100 fr.
SECONDE RACE. i55
M. de Longpérier, comparant ces deniers avec ceux de Mayence
(n** 206 et 207), est amené, par suite de l'identité de type, à en chercher
l'émission dans le voisinage de cette dernière ville. Il trouve le bourg de
Sennheim, autrefois SENNEN, appartenant à Téglise de Strasbourg et
assez rapproché de Mayence. C'est là qu'il place l'atelier de SENNES.
M. Salmon réclame ces deux deniers pour Sens, et s'appuie sur des
textes où il trouve le nom de Sens écrit SENIS et comme adjectif, SEN-
NENSISj d'où il conclut que le nom de la cité s'écrivait indistinctement
SENONES et SENNES.
Pour moi j'adopte sans hésiter l'attribution de M. de Longpérier;
l'identité de type est trop frappante entre les n**' 188 et 209 pour per-
mettre aucune hésitation.
Chftteaudun (Castrvm^vni ou Dvnense).
190. fi& CARLVSREXF entre deux grènetis, au centre croix carolingienne à
branches égales;
y 9 CASTELDVN entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par C.
Denier. Combrouse, pi. X, n» 4.
Je n'ai pas vu ce denier en nature; si la figure est exacte, l'attribution
à Ghâteaudun ne peut être douteuse.
Chelles (Cala ou Cal^e Monasterium).
191. *CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne à
branches égales;
IjC * CALAMONAS entre deux grènetis^ au centre monogramme carolin-
gien par K.
Denier. Ma collection . Valeur i5o fr.
Chelles était autrefois une villa royale sur la Marne, à quatre milles de
Paris; Chlotilde, femme de Clovis I, y fonda un monastère de femmes
sous l'invocation de Saint-Georges; l'abbaye fut augmentée et enrichie
par la reine Bathilde; une basilique y fut fondée par elle; puis les rois
y firent construire un palais qui existait encore en Tan 1008, et où se
réunit le concile.
Nous avons des triens mérovingiens frappés à Chelles et qui portent
la légende CALA. Il est à croire, en raison de la faveur dont jouissait
près des rois franks cette célèbre abbaye, que l'atelier monétaire y
fonctionna sans discontinuer jusqu'à la mort de Charles-le-Chauve.
i56 MONNAIES FRANÇAISES.
Planche XIII.
Dorestadt.
192. SCARLVSEXFR entre deux grènetis, au centre étoile à six rayons, chaque
rayon terminé par une petite boule;
5^ lî DORESTADO entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K.
Denier. Mus. de Bruxelles Valeur 3o fr.
193. 9 CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne à
quatre branches égales;
5^ 15 DORESTADO entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K.
Denier. Mus. de Bruxelles Valeur 20 fr.
194. * CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne à
quatre branches égales cantonnée d'un point au deuxième;
5^ 4l DOREc/iTADO entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
195. S CARLVc/DREXFR entre deux grènetis; au centre croix cantonnée de
quatre points allongés à Tangle de chaque canton;
!Çf ^ DOREC/3TADO entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K.
Denier. Ma collection r • • Valeur 20 fr.
196. * CO JVC/3REXFR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne;
5^ * DOREc/^TADO entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K.
Denier. Ma collection Valeur 20 fr.
Je n'ai rien de nouveau à dire sur cet atelier de Dorestadt, si ce n'est
de faire remarquer combien devait être important cet Emporium de
Dorestadt qui nécessitait la création d'une aussi grande quantité de
monnaies.
Dun-8ur-Heu8e.
197. ^ CARLVSREXF entre deux grènetis; au centre croix carolingienne;
5^ S DVNNOS entre deux grènetis; au centre monogramme carolingien
par K.
Denier. Coll. Voillemier Valeur 200 fr.
(Voir le n» 53).
Laon (Lavdvnvm Civitas).
198. * CARLVSREXFR entre deux grènetis ; au centre croix carolingienne
cantonnée de quatre points;
SECONDE RACE. iSj
y 9 LAVDVNO*'" entre deux grènetis ; au centre monogramme caro-
lingien par E.
Denier. Rev, Belge i855.
Laon, sous la première race, portait le nom de LVGDVNVM CLAV ATVM
ou LVGDVNVM CLOATVM. Nous le trouvons sous Charlemagne avec la
forme LAVDVNVM; Frodoard le nomme LAVDVNVM CLAV ATVM. Nous
le reverrons à sa première forme sous Charles-le-Chauve et ses succes-
seurs, puis le nom de LAVDVNVM finit par prévaloir et nous donne par
contraction la forme actuelle Laon.
199. 4" CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre LADVNO autour dune
petite croisette;
5^ 4! SCAMARIA entre deux grènetis ; au centre monogramme caro-
lingien par E.
Denier. Coll. du Lac Valeur 3oo fr.
Voici une exception à la règle que nous avons indiquée, à savoir qu'à
partir de l'adoption du nouveau type monétaire par Charlemagne, tous
les ateliers placés sous des vocables de saints disparaissent jusqu'à la
fin du règne de Louis-le-Débonnaire. Quant à l'atelier, il ne peut exister
aucun doute; nous savons que l'Église épiscopale de Laon était placée
sous l'invocation de la Vierge.
Lyon.
200. * CAROLVSREXFR entre deux grènetis ; au centre croix carolingienne ;
5^ S LVGDVNVM entre deux grènetis; au centre monogramme caro-
lingien par K.
Denier. Ma collection ; poids H^^yo Valeur 40 fr.
Les caractères formant la légende du revers sont d'un aspect singulier
et paraissent faire de ce denier une pièce postérieure au règne de Char-
lemagne. De même le nom de Charles écrit sous la forme CAROLVS
n'est pas habituel sur les monnaies de cette époque. Je ne vois pas
cependant qu'on puisse placer cette pièce ailleurs.
Marseille (Massilia Civitas).
201.. S CARLVSREXFR entre deux grènetis ; au centre monogramme caro-
lingien par K.
5^ * MAc/}c/DILIA entre deux grènetis ; au centre croix carolingienne.
Denier. Mus, de M Valeur iSofr.
202. ^ CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre croix carolingienne;
i58 MONNAIES FRANÇAISES.
3^ 9 MASSILIA entre deux grènetis; au centre monogramme carolingien
par K.
Denier. B. Fillon Valeur i5o fr.
Metallum (tribut ou impôt).
203. S CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre monogramme caro-
lingien par K;
5f * EXMETALLONOVO entre deux grènetis; au centre croix caro-
lingienne.
Denier. Mus. de M Valeur 5o fr.
204. * CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre croix carolingienne;
y * EXMEALLONOVO entre deux grènetis ; au centre monogramme
carolingien par E.
Denier. Ma collection; poids 1^^,70 Valeur 5o fr.
Voir pour ce denier^ pi. XI^ n^ 97^ pag. 89 où j'ai expliqué le sens de cette
légende.
Hayence.
205. fl& CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre croix carolingienne
cantonnée de quatre points ;
y lîl MOGONTIA entre deux grènetis ; au centre monogramme caro-
lingien par K.
Denier. Mus. de Bruxelles Valeur 3o fr.
206. S CARLVSREXFR entre deux grènetis; au centre monogramme caro-
lingien par K;
y S MOGONTIA entre deux grènetis; au centre croix pattée.
Denier. Ma collection; poids it^,6o Valeur 3o fr.
207. 9 CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre monogramme carolingien
par K;
5^ S MOGONTIA rétrograde entre deux grènetis, au centre croix haussée
sur trois degrés.
Denier. Ma collection; poids, U'jSS Valeur 40 fr.
208. * CARLVc/DREXFR entre deux grènetis, au centre monogramme carolin-
gien par K;
Çf * MOGONTIA entre deux grènetis; au centre un grand P.
Denier. Ma collection, poids i9^,6o Valeur 40 fr.
J'ignore complètement quel peut être le sens de cette lettre P placée
dans le champ du n** 208.
On voit, par le nombre et la variété des types créés par cet atelier,
combien était considérable l'importance de Mayence à l'époque caro-
lingienne.
SECONDE RACÉ. tSg
Melle (Metvllo).
209. S CARLVS REX FR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne;
5^ 9 METVLLO entre deux grènetis, au centre monogramme carolingien
par K.
Denier. Ma collection Valeur 10 fr.
La petite ville de Melle, dans le Poitou, possédait des mines d'argent
d'une grande richesse. Aussi Charlemagne et ses successeurs y main-
tinrent un atelier monétaire dont les produits sont d'une abondance et
d'une variété extrêmes. Cette prolongation de la fabrication dans un
même atelier amena nécessairement des variantes dans les légendes, des
points secrets, puis, par la suite même d'une longue immobilisation, des
dégénérescences de type très accusées. Il en résulta, chez les auteurs qui
s'occupèrent de la numismatique poitevine, une tendance assez naturelle,
du reste, à annexer au monnoyage seigneurial des comtes de Poitou la
majeure partie des produits de cet atelier. Mais on est allé beaucoup trop
loin dans cette voie. Si on voulait y suivre les numismatistes poitevins,
on arriverait à ce résultat inadmissible : c'est qu'à une certaine époque
le monnoyage des comtes de Poitou aurait été plus important que tout
le monnoyage royal.
Je n'essaierai pas de placer les limites en-deçà desquelles s'arrête la
fabrication royale dans l'atelier de Melle. De plus experts que moi s'y sont
égarés; on y arrivera peu à peu par l'examen attentif des trouvailles;
malgré les travaux de MM. Lecointre-Dupont, B. Fillon, Poëy d'Avant
et de mon savant ami et confrère M. Caron, le dernier mot n'est pas dit
sur ce sujet.
Noyon (Noviomagvs, Noviomvs Villa).
210. lî CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne;
5^ 9 NOVlC>~lM entre deux grènetis, au centre monogramme carolingien
par K.
Denier. Cab de Fr Valeur i5o fr.
Si nous ne connaissions d'autre dénier au nom de Noyon que
celui-ci, nous serions naturellement portés à l'attribuer à la cité épisco-
pale NOVIOMAGVS Veromanduorum,, mais nous trouverons plus tard
deux deniers ayant pour légende HNOVIOMVILLA au type de Tédit de
Pitres. Cette qualification de Villa éloigne de suite la pensée de la cité
i6o MONNAIES FRANÇAISES.
de Noyon. Deux localités peuvent, selon moi, réclamer la fabrication
de ces monnaies : Noyon-sur-Andelle^ près Pont-de-l' Arche que cite
Adrien-de- Valois sous la forme NOVIOMAGVS, NOVIOMVS;
Puis une villa royale dont le savant géographe rapporte ce qui suit
d'après Frodoard: Noviomagi (la cité de Noyon), ut in claris Galliae
urbibus omnibus, suum fuit Regibus nostris Palatium, quale antea
Imperatoribus Rom. fuerat. Certe Chlotarius, Chlodovei junioris filius,
Dagoberti nepos, Godbertœ nobili virgini suum Noviomagense Palatium
cum suburbano oratorio Georgii Mart. duasque villas fiscales^ ac aliquot
puellas regendus dédisse dicitur.
Mais ces villae fiscales existaient-elles encore du temps de Charle-
magne, cela ne paraît pas certain. Comme de plus les O carrés sont
d'un emploi bien plus fréquent à l'ouest de la Seine qu'au nord de la
Gaule, et que nous trouvons ces caractères non seulement sur la monnaie
de Charlemagne, mais, et surtout sur les deniers n" i5g et i6o au type
de Fédit de Pitres, je suis de préférence porté à en attribuer l'émission
à Noyon-sur-Andelle.
Rouen.
211. lî CARLVSREXFR entre deux grènetis, au centre croix carolingienne;
^ ^ ROTOMAGVS entre deux grènetis^ au centre monogramme carolin-
gien par K ;
Denier. Rev. Belge i852.
Saint-Denis (Scidionvsii Monasterium).
2 12. 4* CARLVSREXF entre deux grènetis, au centre monogramme carolingien;
y lî» SCIDVONISII entre deux grènetis, au centre croix pattée.
Denier. Ma collection Valeur yS fr.
Ce denier et celui de Sainte-Marie de Laon sont les deux seuls exem-
plaires d'une monnaie avec un vocable de saint pendant la seconde
moitié du règne de Charlemagne. Les caractères de la légende du revers
sont d'un aspect et d'une dimension qui se rapprochent plus dé ceux
que nous avons vus sur les deniers de Mayence (n°' 206, 207 et 208)
que de ceux des ateliers Neustriens; peut-être n'est-ce pas l'antique
Catolacum, et faudrait-il chercher un autre monastère de Saint-Denis à
Test de l'Empire.
PLHqc^e:^
PEPm-LE-BREF ( 252 À 268 )
PEPIN-LE -BREF
Deijxipn;e pùftji
PKlMK-LE-miKl'
Deuxième partie
PEPm-LE-BBEF ( Î52 i 368 )
5-, „-^
t.ï KâSËl
PEPIN-LE-BREF
PEPIK LE BREF
CARLOMAN (768 4 771)
DtiDaème partie
CHARLRBIAGNE (760-814)
1" TYPE SAKS MONOGRAMME
Wm W^m
Deuxième parue
CHARLEMAGWE
CHARLEMAGJJE
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Deuxième paptie
Deuxième paiMJe
CHARLEMAGNE
Planche X
123 :r^
Dciixième partie
CHARLEMAGHE
Deuxième partie
CHARLEMAGNE
2= TYPE _ MONOGRAMME
CHARLEHAGNE
PS:
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